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Chers lecteurs, merci de consulter notre blog. La Republique Democratique du Congo vient sortir d'une guerre de plus de 10 ans qui a fauché la vie à plus de cinq million des personnes; L'Ituri est l'un de ces coins du Congo qui a été le plus devasté par cette guerre; elle a perdu près d'un million des ses fils et filles et son image en est sortie terriblement ternie...Ce blog pose et tente de répondre à quelques questions sur cette tragedie: quelles sont les causes reelles des ces tueries, qui en sont les auteurs, que doit-ont faire pour eviter la répétition de cette tragedie? Nous vous proposons ici des articles des journaux,études fouillées et réflexions des éminents scientifiques sur le drame Iturien.

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lundi 8 août 2011

Ituri : une justice onéreuse


Photo L'art tout simplement Lotfi
Traduire quelqu’un en justice n’est pas une mince affaire en District de l’Ituri. Il faut réfléchir sept fois et mettre de l’argent à côté avant d’entamer une procédure judiciaire. Rien, alors rien, n’est gratuit dans les allées de la justice. Du dépôt de la plainte au jugement, en passant par les auditions sur procès verbaux et le lancement des convocations, il faut débourser de l’argent à chaque étape. Des convocations s’achètent et ceux qui doivent aller le déposer exigent les frais de transport de deux côtés (du plaignant et de l’accusé). Celui qui vous entende sur procès verbal exige quelques sous. Dans chaque bureau où vous entrez, des préposés à la justice ont besoin de quelques unités dans leurs téléphones. Vous voulez hâter la procédure ? Il faut motiver celui ou ceux qui ont le dossier en main. Les choses se compliquent d’avantage si les faits infractionnels en cause nécessitent une descente sur terrain des agents de la justice. Dans ce cas, les frais de transport (aller et retour), de logement et même des missions de ceux qui vont effectuer cette opération sont à charge des deux parties (plaignante et accusée). Dieu seul sait sur quelle base ses frais sont fixés. Ils varient selon que le lieu d’enquête est proche ou loin de la juridiction concernée. Quoi de plus normal dans une contrée où Cours et Tribunaux n’ont pas des charrois automobiles. Ceci c’est sans compter qu’il y a des justiciables qui parcourent des distances de plus de 100 kms pour atteindre un Parquet ou un Tribunal. Ce qui implique des frais supplémentaires pour leur propre transport et même leur séjour à l’endroit où se trouvent ces juridictions.

Privation de liberté comme source d’argent.

La privation de liberté semble être devenue une règle en lieu et place d’être une exception. Dès que vous étés accusé, il faut faire attention. Les hommes de la justice n’hésitent pas d’arrêter même pour des prunes. Cela même avant que vous ne soyez condamné. C’est une source d’argent. On vous arrête puis, on vous exige de payer une caution pour une libération provisoire. Celle-ci varie selon le statut social du client et prend la destination connue des seuls hommes de justice. C’est l’une des raisons qui justifie le surpeuplement notamment de la prison centrale de Bunia. Comme qui dirait, plus on arrête, plus l’on se fait de l’argent.

Des dossiers juteux intéressent plus

Les dossiers supposés juteux sont traités en priorité puisque susceptibles de procurer gain. Des dossiers impliquant des operateurs économiques et des hommes bien placés socialement font une bonne affaire. Ceci d’autant plus que ces hommes sont sensés avoir la possibilité de débloquer d’importantes sommes d’argent pour faire le « suivi » de leur dossier. Les autres, sont traités avec moins d’égards. De là imaginer que les gagnepetits n’ont pas la même considération dans les allées de la justice, il n’y a qu’un petit pas à franchir.Toutes ces magouilles se traduisent par les changements, souvent brusques et inexpliqués, des conditions de vie de magistrats et autres agents de la justice en mutation en Ituri.La nomination de nouveaux magistrats, l’arrivée du tout nouveau procureur et d’un autre juge président changeront-elles cet état de choses ? Rien n’est moins sure. Mais, déjà, des bruits font état de la diligence avec laquelle le nouveau Procureur traite les dossiers. Peut être apportera-t-elle une amélioration dans le traitement des dossiers par des magistrats.
Merveille Mbuyi

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