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Chers lecteurs, merci de consulter notre blog. La Republique Democratique du Congo vient sortir d'une guerre de plus de 10 ans qui a fauché la vie à plus de cinq million des personnes; L'Ituri est l'un de ces coins du Congo qui a été le plus devasté par cette guerre; elle a perdu près d'un million des ses fils et filles et son image en est sortie terriblement ternie...Ce blog pose et tente de répondre à quelques questions sur cette tragedie: quelles sont les causes reelles des ces tueries, qui en sont les auteurs, que doit-ont faire pour eviter la répétition de cette tragedie? Nous vous proposons ici des articles des journaux,études fouillées et réflexions des éminents scientifiques sur le drame Iturien.

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vendredi 11 mars 2011

Quel pourcentage de la population Ituri pourrait voter ? Interview-Gén. Mahboob

A  l'approche des élections générales en République démocratique du Congo (RDC), beaucoup de personnes espèrent que le processus électoral marquera un tournant dans l'histoire politique de ce pays miné par les conflits, la pauvreté et la mauvaise gouvernance.
En tant que commandant des forces de la Mission des Nations unies en RDC (MONUC) en Ituri, le général bengladeshi Mohammad Mahboob, explique les difficultés qu'il y aura à sécuriser les élections du 30 juillet, en particulier dans le district nord-est de l'Ituri où plusieurs milices sont encore actives et continuent d'attaquer la MONUC, l'armée congolaise et les villages alentours.



Général Mahboob - 19.5 ko
Général Mahboob
Commandant des Forces
de la Monuc en Ituri
Dans l'interview qu'il a accordée à IRIN le 29 juin, le général Mahboob aborde les problèmes relatifs à la sécurité, à la préparation des élections et les difficultés que les forces de la MONUC et lui-même rencontrent en Ituri. En voici quelques extraits :

Que peut-on dire de la situation sécuritaire en Ituri ?

LLE s'est beaucoup améliorée. Quand je suis arrivé ici il y a deux mois, il n'y avait que très peu de gens dans les rues. Maintenant, Bunia [la ville principale de l'Ituri] grouille d'activités commerciales. Nous avons mené d'importantes opérations qui nous ont permis de réussir, là où d'autres avant nous ont échoué.
Un exemple récent du succès des opérations de la MONUC a été la prise du bastion de Tche dans un secteur montagneux et rocheux où quelque 2000 [miliciens] s'étaient retranchés. Les miliciens ont opposé une vive résistance et plusieurs d'entre eux ont été tués au cours de ces combats.
Actuellement, les miliciens font face à une crise de leadership et c'est pour cette raison qu'ils n'opèrent que par petits groupes pour survivre. La prise de ce bastion a été un de notre plus grand exploit au cours des six dernières semaines. De plus, le programme de DDR [désarmement, démobilisation et réintégration] est un succès. Nous ne pensions pas qu'autant de personnes se rendraient ; cela a dépassé toutes nos prévisions. Il s'agit donc là d'indications concrètes qui prouvent que la situation s'améliore et qu'elle sera meilleure pendant les élections.

Quel pourcentage de la population Ituri pourrait voter ?

D'après les informations reçues de nos observateurs militaires présents sur le terrain, quelque 80 pour cent de la population participeront aux élections si la situation sécuritaire actuelle reste inchangée. Si elle s'améliore encore plus, ce pourcentage pourrait être revu à la hausse.
Les miliciens sont aussi prêts à participer au processus électoral et je ne pense pas qu'ils y sont vraiment opposés, d'autant plus que leur motivation est plus économique que politique. Ils ne sont pas aussi durs que des miliciens ayant des motivations politiques.
S'ils ne subissent aucune influence extérieure, ils ne créeront aucun obstacle pendant les élections. Mais la volonté de la population ici est si grande et si forte, que je ne pense pas que ces tentatives puissent aboutir.

Ressentez-vous l'influence de certains pays voisins dans cette région ?

Nous savons que tous ces groupes sont pris en charge et armés par des Etats voisins qui ont d'ailleurs des intérêts économiques. De nombreux trafics sont organisés à partir de cette région, mais je suis persuadé qu'il y a actuellement une pression extérieure assez forte de la part des Nations unies, de l'Union européenne et des Etats-Unis pour dissuader ces pays de s'immiscer dans le processus électoral en RDC. Je ne pense donc pas qu'ils puissent avoir une réelle influence sur le cours des événements.
Nous sommes très optimistes et pensons que les élections auront lieu comme prévues et qu'elles se dérouleront bien.

Considérez-vous les élections comme une porte de sortie pour la MONUC et combien de temps pensez-vous rester
en Ituri ?

Je suis certain que la MONUC ne compte pas s'éterniser ici comme, du reste, les contingents des pays participants.
Nous aimerions voir ce pays retrouver un fonctionnement normal et avoir le gouvernement qu'il a choisi, ce qui n'est pas le cas actuellement. Donc dès que la situation redeviendra normale et que les troupes congolaises seront redéployées sur tout le territoire, je crois que la MONUC pourra se retirer. Et si tout se passe comme dans le contexte actuel, ce retrait devra intervenir d'ici un an et demi ou 2 ans.

Quelle sera la réaction de la MONUC si, après les élections, certaines milices installées près de la frontière continuaient de mener des opérations avec le soutien de pays étrangers ?

La MONUC met tout en œuvre pour contrôler tous les territoires du district de l'Ituri ; ce n'est qu'une question de temps. Ce qui nous freine un peu, ce sont les négociations engagées pour obtenir la libération du Casque bleu népalais retenu en otage. Sans cela, nous en aurions déjà terminé avec les milices. Avec les FARDC [armée congolaise], nous avons la capacité de liquider toute résistance en Ituri. Si nous avons réussi à supprimer les milices de Tche, nous pouvons le faire encore n'importe où en Ituri ; ce n'est pas un problème.

Près de 60 pour cent des meurtres dans l'est du Congo sont commis avec des fusils AK-47, des armes qu'on peut se procurer très facilement. Si un contrôle plus strict était appliqué sur la vente de ces armes, votre travail n'en serait-il pas plus aisé ?

Certainement. Il n'y a aucun contrôle sur la production et la vente des armes légères. S'il y avait une convention internationale sur ces armes, comme c'est le cas avec les mines antipersonnel, cela permettrait de juguler la prolifération de ce type de milices, non seulement en Afrique, mais aussi dans le monde.

Comment décrieriez-vous les relations entre la MONUC et l'armée congolaise ?

Elles s'améliorent de jour en jour depuis les changements intervenus au sein des FARDC. Nous avons désormais comme interlocuteur un véritable professionnel, en la personne du Général Mbuayama Nsiona. Il fait tout ce qui est en son pouvoir et nos relations sont excellentes.
Chaque jour, nous discutons des problèmes relevés çà et là dans les opérations des FARDC et le lendemain il nous informe des mesures qui ont été prises pour y remédier.
La discipline au sein des troupes congolaises s'est aussi considérablement améliorée, si on tient compte des antécédents, notamment du non paiement de leur salaire mensuel qui est très insuffisant. Leur solde est passée de 10 dollars américains à 25 dollars.
Ils n'avaient pas de munition, de chaussures ou de vêtements et ils n'avaient pas toujours leur repas quotidien. Si on ne peut pas assurer le repas quotidien de la troupe, que peut faire le Général ? Malgré tout, ils font un travail exceptionnel et ils aiment profondément leur patrie.

La situation que vous venez de décrire, par exemple la comparaison entre les FARDC et la MONUC, n'est-elle pas source de conflit entre les deux forces ?

Non, la MONUC tente de venir en aide aux FARDC en leur donnant de la nourriture, du carburant pour le déplacement de leurs troupes et un appui militaire. Nous les aidons dans tous les domaines, chaque fois que nous le pouvons, de manière à atteindre les objectifs que la MONUC et les FARDC se sont fixés.

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