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Chers lecteurs, merci de consulter notre blog. La Republique Democratique du Congo vient sortir d'une guerre de plus de 10 ans qui a fauché la vie à plus de cinq million des personnes; L'Ituri est l'un de ces coins du Congo qui a été le plus devasté par cette guerre; elle a perdu près d'un million des ses fils et filles et son image en est sortie terriblement ternie...Ce blog pose et tente de répondre à quelques questions sur cette tragedie: quelles sont les causes reelles des ces tueries, qui en sont les auteurs, que doit-ont faire pour eviter la répétition de cette tragedie? Nous vous proposons ici des articles des journaux,études fouillées et réflexions des éminents scientifiques sur le drame Iturien.

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vendredi 12 novembre 2010

Pétrole du lac Albert : la confusion


Célestin Mbuyu
Ministres des Hydrocarbures, RDCongo
L’unanimité est difficile à réunir sur les avis émis par Kinshasa et Kampala sur la signature des contrats pétroliers des Blocs I et II du Graben Albertine. La déclaration du ministre congolais des Hydrocarbures, hier mercreci, à l’Assemblée nationale, est venue rajouter au flou artistique qui entoure ce brûlant dossier. La divergence d’avis est telle que l’opinion tarde à être fixée sur le démarrage ou non de l’exploitation du pétrole que la RDC et l’Ouganda ont en partage dans le lac Albert.
Qui de la République démocratique du Congo ou de l’Ouganda est très avancé dans l’exploitation du pétrole du Lac Albert ? Qui des parlementaires élus de l’Ituri et du gouvernement central dit la vérité dans l’affaire « signature des contrats pétroliers des Blocs I et II du Graben Albertine » ? Qu’en est-il de la revisitation des contrats sur le Graben Albertine et sur la Cuvette centrale ? Autant de questions qui demeurent sans réponse jusqu’à ce jour. Car, personne ne sait dire avec exactitude à quel niveau se trouve le dossier.

LA CONFUSION

« L’Ouganda m’a rassuré que l’exploitation du pétrole sur le Lac Albert ne pourra être possible qu’en 2016 (…) ». C’est en ces termes que le ministre des Hydrocarbures a répondu, hier mercredi à la plénière de l’Assemblée nationale, à l’une des préoccupations soulevées par le député Jean Bamanisa dans sa question orale avec débat. Célestin Mbuyu a coupé court à ce qu’il qualifie de « campagne d’intoxication ». « Pour quelle fin fait-on distiller les faussetés à la population ? », s’est-il interrogé.

Par rapport à la signature et la revisitation des contrats pétroliers, le ministre s’est justifié de la même manière. « Nous n’avons nullement procédé au bradage intentionnel des ressources pétrolières de la République (…) la revisitation des contrats sur le Graben Albertine et sur la Cuvette centrale visait les contrats illégaux». Cette réponse, sortie de la bouche d’un membre du gouvernement central, celui-là même qui a en charge les hydrocarbures, a sonné aux oreilles de plusieurs députés comme un pavé dans la mare. « Qui, finalement, nous dira la vérité dans cette affaire ? », s’est interrogé un député de l’Opposition, complètement abassurdi. Peut-être parce qu’il en sait un bout sur cette question du pétrole du Graben Albertine.

LES ELUS DE L’ITURI S’EN MELENT

Le jeudi 24 juin 2010, les députés et sénateurs de l’Ituri avaient dénoncé, dans une déclaration conjointe, le bradage des Blocs pétroliers I et II du Graben Albertine. Au fait, les élus de l’Ituri voudraient voir clair dans l’exploration du pétrole dans le lac Albert. Ils avaient dit avoir été informés de la cession et l’approbation du paiement de bonus de signature par le Conseil des ministres du 02 juin 2010 des droits de Blocs pétroliers I et II du Graben Albertine «aux entreprises Ecrans» CAPRIKAT LTD et FOXWELP LTD.

Dans leurs recommandations, ces représentants du peuple voulaient que le gouvernement annule le contrat de partage de production aléatoire conclu entre le ministère des Hydrocarbures et les entreprises CAPRIKAT Ltd et FOXWHELP Ltd. Ils attendaient du ministre des Hydrocarbures qu’il se justifie sur le bradage intentionnel des ressources pétrolières de la République en accordant un bonus de signatures de 3.000.000 USD par bloc alors qu’il estimait lui-même à 20.000.000 USD le bloc II. Bien plus, leur vœu était que l’exploitation des ressources pétrolières soit attribuée à des entreprises crédibles ayant des sièges connus mondialement et cotés en bourse et ce, par la procédure d’appel d’offres.

Les mêmes préoccupations ont été soulevées, hier mercredi par le député Jean Bamanisa, élu de la Province Orientale et auteur de la question orale adressée au ministre des Hydrocarbures. Apparemment, il n’a pas été satisfait de la réponse du ministre Célestin Mbuyu notamment sur la procédure de revisitation des contrats pétroliers. Il a exigé des chiffres, des précisions sur des données quantifiables et qualifiables.

Il convient aussi de rappeler que sur le même dossier, l’Assemblée nationale avait transmis, le 14 juillet 2008, une série de recommandations au gouvernement suite au désordre occasionné par l’octroi des blocs pétroliers du Graben Albertine.

L’OUGANDA AVANCE, LA RDC PIETINE

Le dossier ne date pas d’hier. En 2006, la République démocratique du Congo et l’Ouganda, sortis d’une longue et meurtrière guerre, avaient signé un partenariat pour attribuer aux sociétés Tullow et Héritage des contrats d’exploration et d’exploitation sur les blocs I et II du côté congolais et I, II et III du côté ougandais du lac Albert.

L’Ouganda n’a pas hésité à ouvrir toutes les portes à Tullow en lui permettant d’explorer et de forer. Si bien que le pays de Yoweri Museveni a pu disposer de données sismiques fiables ayant permis d’évaluer ses réserves à 800 millions de barils, à raison de 150.000 barils la production journalière. Une production qui serait sept fois supérieure à celle de la RDC sur son bassin côtier de Muanda.

Depuis lors, les choses se sont passées vite en Ouganda où actuellement on est au stade du montage des usines devant assurer l’exploitation, le raffinage et le transport du pétrole. Trois sociétés en joint-venture y travaillent : l’Anglais Tullow pour l’exploration et la production ; le Chinois CNNOC pour le raffinage du brut et le Français Total pour la construction de 1.000 km de pipelines reliant le site de production au débouché commercial de l’Océan Indien.

A ce jour, l’Ouganda est sur le point de tirer les premiers dividendes de son pétrole, alors que du côté de la RDC, les choses piétinent.

DES INVESTISSEMENTS LOURDS

Le ministre des Hydrocarbures n’aurait pas tort de considérer que le premier baril n’est pas encore sorti du côté ougandais. Cependant, si le gouvernement congolais tient à voir jaillir du pétrole dans la partie congolaise du Graben Albertine en 2016, le travail de recherche devrait démarrer sans tarder.

Selon des estimations d’experts neutres, un minimum de cinq années sépare les étapes de la recherche et de l’exploitation proprement dite. L’Ouganda, sur ce plan, n’est pas aligné au même pied que la RDC. Il est à un palier au-dessus de sa voisine. En fait, les recherches effectuées par Tullow Oil indiquent que sur les 36 puits concernés, 35 auraient donné des résultats satisfaisants. En cette période des prix intéressants sur le marché, 85 USD le baril, les opportunités offertes par les gisements du Graben Albertine sont alléchantes !

Il va de soi que la RDC qui compte sur son territoire près de la moitié des 25.000 Km2 du riche gisement, devra se hâter de tirer le meilleur parti de l’exploitation sans tergiverser. Le pétrole du Graben Albertine dont la production est estimée à 300.000 barils par jour, mérite un traitement approprié et diligent. La RDC a besoin de ressources financières susceptibles de contribuer au budget national. Et dans le Graben Albertine, il y a du pétrodollar ! Des milliards USD à engranger si l’on met de l’ordre et vite dans sa boutique.


Le Potentiel,

1 commentaire:

G. Paluku-Atoka Uwekomu a dit…

Il est étonnant que nos responsables fassent semblant de se rejeter la balle et que le peuple les prennent au sérieux. Des députés qui ne peuvent pas éclairer sur la légalité d'un contrat ? Un ministre des hydrocarbures qui s'informe auprès du chef d'Etat d'un pays partenaire à l'exploitation ?
Où est l'excellence que nous sommes en droit d'attendre de nos mandatés ? Voilà pourquoi, dans le Projet 2014, nous invitons à une étude sérieuse des questions qui se posent : qui est propriétaire de quoi et pourquoi ? Qui exploite pour les ituriens ou pour les congolais, pourquoi et de quelles manières ? Se lancer sans être au courant de tout ceci, nous semble tout simplement être irresponsable, honteux !