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Chers lecteurs, merci de consulter notre blog. La Republique Democratique du Congo vient sortir d'une guerre de plus de 10 ans qui a fauché la vie à plus de cinq million des personnes; L'Ituri est l'un de ces coins du Congo qui a été le plus devasté par cette guerre; elle a perdu près d'un million des ses fils et filles et son image en est sortie terriblement ternie...Ce blog pose et tente de répondre à quelques questions sur cette tragedie: quelles sont les causes reelles des ces tueries, qui en sont les auteurs, que doit-ont faire pour eviter la répétition de cette tragedie? Nous vous proposons ici des articles des journaux,études fouillées et réflexions des éminents scientifiques sur le drame Iturien.

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mardi 29 septembre 2009

Retour au Congo/Belge: innovation allongeant le cycle primaire de deux années supplémentaires...de 6 à 8 ans(Kimp.-Le phare)






















Le Conseil des ministres a adopté, le jeudi 24 septembre courant, un Avant-projet de Loi portant organisation et fonctionnement de l’enseignement national. Ce texte, a-t-on appris, poursuit, entre objectifs : l’égalité de tous les Congolais devant la loi en matière d’éducation ; le droit pour toute personne à l’éducation scolaire à travers les établissements publics et privés agréés ; l’obligation de l’enseignement primaire pour tout enfant congolais ; la gratuité de l’enseignement primaire dans les établissements publics ; l’éradication de l’analphabétisme par un programme spécial à élaborer par la gouvernement ; la liberté d’enseignement entendue au sens de non discrimination dans l’accès à l’éducation, de la liberté de créer un établissement d’enseignement et du droit pour les parents de choisir le mode d’éducation à donner à leurs enfants, notamment l’éducation religieuse. Hélas, au-delà de ces nobles missions, il y a un point qui provoque un terrible choc chez les parents comme les enfants congolais. Il s’agit de la fameuse innovation allongeant le cycle primaire de deux années supplémentaires, ce qui le porterait de 6 à 8 ans. Les observateurs se demandent si la baisse du niveau de notre enseignement tient au seul facteur de la durée, jugée trop courte (6 ans ?) de l’école primaire. Si tel serait le cas, il faudrait penser à une nouvelle rallonge, si la situation ne s’améliorait pas, avec un cycle primaire de 10 ou 12 ans.
Retour au Congo/Belge De nombreux patriarches congolais, qui se rappellent avoir démarré l’école primaire à l’âge de 10 ans ou plus et l’avoir terminée déjà père ou mère d’un ou de deux enfants, sans possibilité d’aller plus loin à cause de leur âge avancé, se demandent ce que l’on veut faire de leurs petits-fils et petites-filles. Serait-ce le retour à l’option belge de ne donner à la colonie que des cadres subalternes, juste bons pour des taches d’exécution au niveau tant de l’administration publique, de l’armée, de la police et des sociétés privées, afin d’éviter la contagion du virus de l’indépendance décelé chez les intellectuels des colonies françaises et britanniques ? Il y a 50 ans, l’on se plaignait de la politique discriminatoire belge en matière d’enseignement, qui avait empêché le Congo/Belge de se doter de cadres universitaire à même de prendre en mains les destinées du pays, à l’indépendance. Au 30 juin 1960 en effet, les Congolais ayant terminé les études supérieures et universitaires se comptaient sur les bouts des doigts de la main. Et des voix s’élevaient pour condamner la Belgique pour sa stratégie de blocage des intelligences au Congo/Belge. Au lendemain de l’indépendance, les autorités congolaises s’étaient lancées dans une course effrénée de formation des cadres, à travers une réforme de l’enseignement national, qui avait pour socle le cycle d’orientation, une sorte de « tronc commun » de deux ans auquel était soumis l’enfant congolais au sortir du primaire, en vue d’un meilleur choix de sa filière secondaire. Supprimé officiellement dans les années ‘80, le cycle d’orientation survit de fait, de sorte que l’enfant congolais ne lève l’option définitive pour sa filière des « Humanités » qu’à partir de la 3me année secondaire. Réhabiliter l’enseignant et l’école La recette consistant à allonger la durée des études n’est pas nouvelle en RDC. En 1975 déjà, les « Mobutistes » avaient décidé de faire passer le cycle de « graduat » de deux à trois ans, sans avoir apporté un « plus » à l’universitaire congolais. La descente aux enfers s’est poursuivie jusqu’aujourd’hui, au point qu’on constate que les aînés bénéficiaires de deux années de graduat seulement étaient mieux formés que leurs cadets astreints au cycle de trois ans. Nombre de spécialistes de l’éducation pensent que l’Etat congolais devrait se battre sur deux fronts : celui de la réhabilitation de l’enseignant et de l’école. Depuis des décennies, le maître d’école a cessé d’être un modèle. Pourtant, à l’époque, il comptait parmi les Congolais ayant le droit de porter le casque, au même titre que les commis de l’administration publique. Mendiant continuellement son pain, son sucre, son lait, son loyer, ses frais de transport, la facture de maternité de son épouse, ses habits, ses chaussures, sa bière, son savon, sa cigarette, ses factures d’eau et d’électricité auprès des élèves et de leurs parents, il n’est plus le formateur de la jeunesse mais plutôt le distributeur de bonnes notes pour le passage des classes. L’enseignement élémentaire et primaire congolais accueille, dans son écrasante majorité, des enseignants non qualifiés, des diplômés du secondaire souvent ayant échoué partout, en transit vers des études supérieures, des emplois plus rémunérateurs ou une aventure à l’extérieure du pays. Les rares vieux maîtres et vielles maîtresses désireux de communiquer le savoir aux tout petits sont complètement démotivés. En plus des formateurs que l’Etat employeur néglige totalement, il y a l’épineux problème d’infrastructures scolaires insuffisantes et délabrées, de locaux sous équipés ou pas du tout équipés en bancs, de l’absence et insuffisance des manuels scolaires et matériels didactiques. A Kinshasa comme en provinces, des millions d’enfants étudient à l’ombre des arbres, sous l’encadrement déficient d’enseignants mal payés ou alignant des années entières d’arriérés salariaux. Des cours tels que ceux de calligraphie, de lecture, de contes, d’études du milieu, de sciences naturelles, de botanique ne se donnent plus faute de manuels, de matériels didactiques. Après son école primaire, l’enfant congolais termine ses humanités sans avoir lu un seul auteur français, africain ou congolais, sans avoir expérimenté la moindre formule chimique ou physique dans un laboratoire, savoir avoir touché au clavier d’un ordinateur ou d’une machine à dactylographier, sans avoir rédigé une dissertation, etc. Que vont changer 8 ou 10 ans de cycle primaire si le maître d’école reste un éternel nécessiteux, si l’enfant congolais continue à manquer de tout pour sa formation si les promoteurs d’écoles ne rompent pas avec le mercantilisme, bref si les conditions humaines, matérielles et financières ne sont pas réunies pour une éducation de qualité ?
2009-09-28

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