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Chers lecteurs, merci de consulter notre blog. La Republique Democratique du Congo vient sortir d'une guerre de plus de 10 ans qui a fauché la vie à plus de cinq million des personnes; L'Ituri est l'un de ces coins du Congo qui a été le plus devasté par cette guerre; elle a perdu près d'un million des ses fils et filles et son image en est sortie terriblement ternie...Ce blog pose et tente de répondre à quelques questions sur cette tragedie: quelles sont les causes reelles des ces tueries, qui en sont les auteurs, que doit-ont faire pour eviter la répétition de cette tragedie? Nous vous proposons ici des articles des journaux,études fouillées et réflexions des éminents scientifiques sur le drame Iturien.

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vendredi 26 août 2011

Les commerçants de l’Ituri victimes des tracasseries de la part des services taxateurs

Du vendredi 19 au mardi 23 mai 2011, cinq jours durant, les operateurs économiques de Bunia n’ont pas ouvert les portes de leurs magasins, boutiques et échoppes. Une grève générale des hommes d’affaires a été décrétée.

 L’onde de choc de cette grève a même gagné certains coins reculés de l’Ituri. C’est le cas de Kasenyi dans le territoire de Irumu, de Aru centre et de Mahagi centre où les magasins ont été aussi fermés le lundi 22 août 2011 dernier.Les commerçants de l’Ituri protestent ainsi contre des tracasseries dont ils sont l’objet de la part des services taxateurs à nos frontières et contre l’état piteux des routes de l’Ituri même alors qu’ils sont assujettis au payement d’exorbitantes taxes.

L’Ituri est l’entité de la RDC où les taux de taxation de FONER sont les plus élevés ( cfr notre article mise en ligne à ce sujet). La DGDA a fait appliquer une nouvelle mercuriale des prix qui fâche les operateurs économiques. Le service d’hygiène taxe cher (300 dollars par 10 tonnes du sucre par exemple). Le FONER perçoit de sommes colossales d’argent mais ne finance pas l’Office de Route pour l’entretien des routes. Dans le territoire de Mambassa les operateurs économiques déplorent l’insécurité grandissante, le vol à mains armés dont leurs nombreux collègues font l’objet de la part des hommes armés non autrement identifiés.

L’argent perçu par les agents taxateurs sert le plus souvent à financer leurs nombreux chantiers et l’achat des voitures de luxes. Un tour dans la ville de Bunia suffit pour s’en convaincre. Des nombreux chantiers de construction et des voitures de luxes sont propriétés des agents des services taxateurs. Ce qui ne peut que révolter ces commerçants contribuables qui assistent à ce détournement programmé des deniers publics. Des travaux d’intérêts publics sont sacrifiés au profit des intérêts individuels.

Toutes les tentatives pour ramener les operateurs économiques de l’Ituri à reprendre leurs activités se sont avérées vaines. Les hommes d’affaires ont exigé la venue en Ituri de l’ADG de FONER, la suppression de l’application de la nouvelle mercuriale des prix de la DGDA et la baisse du taux de taxation du service de l’hygiène. Lors d’une réunion tenue le lundi 22 août au bureau du district de l’Ituri à Bunia, le Commissaire de District Fredy Ileo Bosomba a, au nom de l’intérêt de la population, ordonné la non application de la nouvelle mercuriale des prix de la DGDA, la suppression de toutes les barrières de FONER et l’annulation de la taxe de l’hygiène.

Il pensait ainsi remettre les hommes d’affaires au travail. Erreur, les hommes d’affaires de l’Ituri ont subordonné la reprise de leurs activités à l’arrivée à Bunia des autorités de Kinshasa et de Kisangani. Car pour eux, ces questions ne relèvent pas de la compétence des autorités du district de l’Ituri. Jusque mardi 23 août, la grève courait toujours au grand malheur des pauvres populations qui ont vu les prix de divers articles sur les marchés passer du simple au double voire au triple.Si cette situation perdure, il y a lieu de craindre le pire dans ce district post conflit. Déjà, le mardi 23 août, les jeunes de la cité de Bunia avaient brulé des pneus dans certains carrefours en guise de protestation contre la montée des prix des articles sur les marchés.

Des patrouilles de la Police et des contingents de la Monusco ont été organisées pour prévenir le pire.Cette grève des commerçants de l’Ituri montre à suffisance le fossé sans cesse grandissant entre les dirigeants de la RDC et la population.

Matembele/Millénaire

Du 25 au 26 août 2011 à la CPI : les juges clôturent le procès Thomas Lubanga

Kinshasa, 25/08/2011 / Politique
Thomas Lubanga Dyilo est le président national de l’Union des patriotes congolais (UPC) qu’il a créée en 2001, et qui a été soutenue par l’Ouganda puis le Rwanda.Enfin, les déclarations de clôture dans l’affaire « Le procureur contre Thomas Lubanga Dyilo » auront lieu devant la Cour pénale internationale (CPI).

Ce sera dès ce jeudi 25 à demain 26 août 2011. Le chargé de communication de la Cour en RD Congo, Paul Madidi, l’a fait savoir hier au cours d’une conférence de presse tenue au siège de la représentation de ladite Cour, dans la commune de la Gombe.

A en croire la source, les audiences sont programmées chaque jour de 14h30’ à 19h00, heure locale de La Haye (soit 14h00 et 18h30’ heure de Kinshasa).

Ainsi, les parties et participants doivent s’attendre, au cours des audiences, à recevoir des questions de la Chambre suite à leurs déclarations orales de clôture. Qui est Lubanga ? Thomas Lubanga Dyilo est le président national de l’Union des patriotes congolais (UPC) qu’il a créée en 2001, et qui a été soutenue par l’Ouganda puis le Rwanda, selon Wikipédia.

Il débute sa carrière politique à l’Université de Kisangani dans l’ancien parti d’Etat, le M.P.R, comme plusieurs jeunes de son époque. Lorsque le multipartisme est instauré, il choisit l’UDPS du docteur E.Tshidekedi, où il sera élu président des jeunes du parti pour la contrée de l’Ituri.

Ce, durant plusieurs années. Les vicissitudes de la vie et le chômage qui frappe de plein fouet les jeunes Congolais vont le conduire à devenir colporteur dans différentes mines d’or de la province Orientale, avant de tenir un stand de vente de haricots au marché central de Bunia.

En 2000, ayant la trame de son parti en tête, il rejoint le RCD/KML (réclamant une dette impayée de ses haricots fournis au centre de formation militaire de Rwampara à 15 km du centre ville de Bunia).

Puis il apparaît pour la première fois comme sous-secrétaire chargé de la jeunesse au sein de l’union entre le RCD/KML et le MLC de JP Bemba baptisé FLC (Front pour la Libération du Congo).

Puis vient la dissidence et il choisit le camp du RCD/KML où il est récompensé par sa nomination comme ministre de la Défense au sein du Rassemblement congolais pour la démocratie - Mouvement de libération (RCD-ML).

Ce mariage ne durera pas du fait qu’il tentera directement d’obtenir son rêve de ration de son parti basé dans son Ituri natal déjà miné par la guerre fratricide opposant son ethnie (Hema) et l’ethnie guerrière Lendu. Faute d’un appui sérieux de l’Ouganda accusé d’alimenter les conflits en Ituri, le RCD/KML se tournera vers le Lendu pour déstabiliser son adversaire, l’UPC quant à lui, cherchant aussi un allié crédible et surtout fiable se ralliera au Rwanda.

Lubanga à la CPI

Thomas Lubanga, arrêté le 19 mars 2005 et incarcéré à la prison de Makala à Kinshasa, a été transféré vers la Cour pénale internationale.

Le 29 août 2006, il a été inculpé de crimes de guerre par la Cour pénale internationale (CPI), pour enrôlement et conscription d’enfants de moins de 18 ans. Son procès s’est ouvert le 26 janvier 2009. La phase de présentation des moyens de preuve s’est terminée le 20 mai 2011.

Les juges ont reconnu à 118 personnes la qualité de victimes autorisées à participer à cette affaire. Thomas Lubanga est donc accusé d’avoir commis, en tant que co-auteur, des crimes de guerre consistant à l’enrôlement et à la conscription d’enfants âgés de moins de 15 ans, dans les rangs des Forces patriotiques pour la libération du Congo (FPLC) et à les faire participer activement à des hostilités en Ituri, entre septembre 2002 et août 2003.

Les juges doivent donc rendre un jugement dans le délai raisonnable, lequel jugement reste fort attendu de tous et sera suivi, éventuellement, d’une phase de réparation aux victimes.

Papy Maluku/L’Avenir

vendredi 12 août 2011

Ituri : Vers l'évacuation des exploitants miniers et des braconniers dans la réserve d'Epulu!

PHOTO PBL VOX
Dans un communiqué officiel rendu public vendredi 6 août, le commissaire Freddy Bosomba souligne sa détermination de préserver la faune .et la flore dans la réserve à okapis d'Epulu. Il menace de “livrer à la rigueur de la loi “, tout contrevenant à sa décision.

Celle-ci intervient à la suite d'un S.O.S lancé conjointement par l'institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) et la direction de la réserve de la faune à okapis (RFO), en faveur des animaux qui y vivent.

A l'entrée d'Epulu, le siège de la réserve de la faune à okapis (RFO), les gardiens procèdent à la fouille systématique de tout véhicule en provenance de Kisangani, chef-lieu de la Province Orientale. Ils sont à la recherche de la viande boucanée des animaux sauvages.

Les chauffeurs assumeraient toute responsabilité au cas où un quelconque passager serait surpris avec le colis prohibé.

Selon Joseph Mapilanga, directeur de la réserve, ce contrôle vise à préserver les espèces animales en cette période où de nombreuses femelles en gestation attendent de mettre bas.

Il signale par ailleurs .la présence de plusieurs centaines de creuseurs artisanaux d'or et de braconniers dans les secteurs de Bandegaido, d'Enjewa et de la rivière Ituri, au sein de la réserve.

Selon Joseph Mapilanga, ces « envahisseurs » perturbent la lie de la rivière qui sert de havre aux animaux.

Les exploitants miniers et les braconniers sont sensibilisés pacifiquement à leur évacuation de la réserve. Cette opération risque de ne pas réussir face aux braconniers armés, affirment des témoins sur terrain.

lundi 8 août 2011

Elections 2011 : Le député Jean BAMANISA pose pieds en Ituri et s’annonce à l’assemblée provinciale

Jean Bamanisa, député indépendant et proche de la majorité, a été aperçu à Bunia depuis le 30 Juillet dernier, 24 heures après, on l’a vu à Bogoro, c’est à 25 kms au Sud de Bunia, en même temps au bord du Lac Albert, de nombreux pêcheurs de Kasenyi, 55 kms au Sud de Bunia, déclaraient attendre la visite d’un neveu, le seul qui défend avec acharnement les intérêts économiques de l’Ituri, abri prochain d’importants puits pétroliers de la République Démocratique du Congo.

“Je ne suis pas en campagne, car elle n’a pas encore débuté”, répondait modestement avec sourire Jean Bamanisa, à tous les curieux, journalistes compris, qui voulaient savoir ce qu’il était venu faire dans l’ituri de ses ancêtres depuis samedi 30 Juillet 2011. L’élu indépendant de la province orientale a déclaré inscrire son séjour en Ituri, dans l’optique de recueillir le point des vues de la population en termes de bilan de la mandature qui s’achève, avant de solliciter le renouvellement de la confiance. Sans garder sa langue en poche, Jean Bamanisa le disait courageusement à tous ses visiteurs que, eux, les élus de 2006 ont tous failli en ne mettant pas l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. “Le Congo( RDC) a vraiment besoin des personnes qui peuvent travailler pour leur pays, qui n’ont pas une visée pour avoir un emploi, ou celle pour avoir du travail, construire une maison, acheter une voiture, et oublier ce qu’il faut faire d’essentiel pour leur pays, il le dit.

 Depuis 2006, Jean Bamanisa a defendu l’image d’un député qui peut rester droit malgré toutes les turbulences politiques, travailler, bien sur, dans la majorité parlementaire mais pour le bien de la population. Selon lui, le pétrole qui sera produit en Ituri par exemple doit être réellement au service des habitants de l’Ituri et du trésor public. En plus du pétrole, il s’engage à élargir sa lutte vers l’amélioration de la production agricole et minière, deux autres atouts, qui peuvent faire décoller l’économie de cette prochaine province, aux cotés du pétrole. Jean Bamanisa voudrait associer tout le monde dans cette lutte, en commençant par les paysans, pêcheurs, fermiers et agriculteurs, en passant par des étudiants, jusqu’aux politiciens.

D’où la raison de son aménagement sur terrain où il promet qu’il sera désormais de plus en plus visible, pour écouter la base, discuter avec elle, et chercher à planifier avec elle la concrétisation de ses aspirations. A l’hôtel Karibuni où il a séjourné à Bunia pendant trois jours, des étudiants, des notables, des journalistes, venaient sans nécessairement attendre se faire inviter, rencontrer cet enfant prodige du village et l’écouter en direct pour savoir s’il est différent de celui qu’on a toujours vu à la télé coincer les autres en faisant siens les intérêts de l’Ituri. A ses visiteurs, Jean Bamanisa disait avec élégance qu’il n’a jamais été seul dans la conception, quand bien même au prétoire c’est lui qui parle. Il a rendu devant ses visiteurs hommage aux autres élus de l’Ituri qui ont toujours souscrit à sa lutte. A l’occasion, Il a aussi indiqué à ses interlocuteurs que son aménagement en Ituri, ne sera pas exclusivement réduit à un simple retour politique.

 Jean Bamanisa met la main en poche et lance des investissements. Le 1 er secteur d’affaires qu’il a ciblé est le transport lacustre entre l’Ouganda et la République Démocratique du Congo. Déjà, il compte mettre en place sur le lac une grande embarcation de transport des marchandises entre le district ougandais de Toroko et la cité congolaise de Kasenyi. Cette embarcation aura la capacité de transporter même des véhicules. Cette embarcation sera assistée par une autre moderne et de luxe, pour le transport cette fois-là, rien que des personnes. L’objectif est de développer le secteur de transport sur le Lac Albert, pour diminuer le risque de naufrage fréquent et de pertes en vies humaines enregistré sur le Lac. Cette action maximisera l’importance du poste douanier de Kasenyi, plus proche de l’entrepôt douanier de Bunia( 55 kms). En ce moment-là, le choix à faire par des importateurs des marchandises sera clair entre Mahagi et Kasenyi. A Mahagi, environ 190 kms de Bunia, des camions font même plus de 10 jours en cours de route pendant la saison pluvieuse. Tandis qu’à Kasenyi, deux heures suffisent pour atteindre Bunia. Jean Bamanisa ne compte pas se limiter là. Il voudrait aussi investir dans la logistique. Ici, il ne donne pas beaucoup de détails, mais il révèle son souci de faire route ensemble avec les opérateurs économiques de l’ituri et leur faire acquérir la capacité qu’il faut pour gagner de nombreux marchés de sous traitances vis à vis des grands opérateurs pétroliers et miniers qui s’installent ou vont incessamment s’installer dans ce district. Jean Bamanisa estime que face à sa position qui le rapproche plus de pays de la COMESSA, l’Ituri peut aussi développer le secteur agricole en produisant par exemple le caoutchouc, l’huile de palme, et en renforçant la production de coton, du café, qui survit encore difficilement dans le territoire de Mahagi et d’Aru.


Jean Bamanisa s’annonce à l’assemblée provinciale

Pour réussir le pari ci-haut détaillé, Jean Bamanisa plaide pour un gouvernement provincial fort, en province orientale, et pourquoi pas si les choses évoluent vite dans la mise en place de la décentralisation, en Ituri. Selon lui, pour avoir un gouvernement provincial fort, il faut aussi une assemblée provinciale forte. Il voudrait s’impliquer entièrement pour une future assemblée provinciale forte, d’où l’annonce de sa candidature à la députation provinciale dans la circonscription électorale d’Irumu dont il est originaire. Son objectif est de briguer un siège et s’imposer avec tous les autres élus, sur le gouvernement provincial qui sera mis en place, et jouer réellement le rôle constitutionnel de stimulant au gouvernement provincial à être au service de fils et filles de l’Ituri et de la province orientale. Ici précisément, Jean Bamanisa plaide pour la qualité de l’homme, et se méfie de la couleur des partis politiques, dont aucun ne l’accompagne en ce moment encore dans son combat politique. Il se bat en indépendant et n’exclut pas de faire le choix au moment opportun sur un parti politique qui voudra bien faire des intérêts de l’ituri et de la province orientale, ses priorités. Une candidature qui est à encourager, car l’assemblée provinciale s’est fortement humiliée en brillant dans le festival des motions de déchéance, dont l’aboutissement n’avait qu’un seul objectif pour leurs auteurs, se faire payer entre 5 cent à 5 mille dollars américains de temps en temps par le chef du gouvernement provincial, et sacrifier ainsi l’intérêt général des électeurs de la province orientale. Dans la prochaine mandature, la province orientale a besoin de députés provinciaux dont l’observation de l’éthique doit caractériser leur conduite. C’est le profil que Jean Bamanisa voudra bien défendre.
Le Pacificateur( Millénaire)


Visiter gratuitement le blog de Bamanisa ici : http://bamanisajean.unblog.fr/

Ituri : une justice onéreuse


Photo L'art tout simplement Lotfi
Traduire quelqu’un en justice n’est pas une mince affaire en District de l’Ituri. Il faut réfléchir sept fois et mettre de l’argent à côté avant d’entamer une procédure judiciaire. Rien, alors rien, n’est gratuit dans les allées de la justice. Du dépôt de la plainte au jugement, en passant par les auditions sur procès verbaux et le lancement des convocations, il faut débourser de l’argent à chaque étape. Des convocations s’achètent et ceux qui doivent aller le déposer exigent les frais de transport de deux côtés (du plaignant et de l’accusé). Celui qui vous entende sur procès verbal exige quelques sous. Dans chaque bureau où vous entrez, des préposés à la justice ont besoin de quelques unités dans leurs téléphones. Vous voulez hâter la procédure ? Il faut motiver celui ou ceux qui ont le dossier en main. Les choses se compliquent d’avantage si les faits infractionnels en cause nécessitent une descente sur terrain des agents de la justice. Dans ce cas, les frais de transport (aller et retour), de logement et même des missions de ceux qui vont effectuer cette opération sont à charge des deux parties (plaignante et accusée). Dieu seul sait sur quelle base ses frais sont fixés. Ils varient selon que le lieu d’enquête est proche ou loin de la juridiction concernée. Quoi de plus normal dans une contrée où Cours et Tribunaux n’ont pas des charrois automobiles. Ceci c’est sans compter qu’il y a des justiciables qui parcourent des distances de plus de 100 kms pour atteindre un Parquet ou un Tribunal. Ce qui implique des frais supplémentaires pour leur propre transport et même leur séjour à l’endroit où se trouvent ces juridictions.

Privation de liberté comme source d’argent.

La privation de liberté semble être devenue une règle en lieu et place d’être une exception. Dès que vous étés accusé, il faut faire attention. Les hommes de la justice n’hésitent pas d’arrêter même pour des prunes. Cela même avant que vous ne soyez condamné. C’est une source d’argent. On vous arrête puis, on vous exige de payer une caution pour une libération provisoire. Celle-ci varie selon le statut social du client et prend la destination connue des seuls hommes de justice. C’est l’une des raisons qui justifie le surpeuplement notamment de la prison centrale de Bunia. Comme qui dirait, plus on arrête, plus l’on se fait de l’argent.

Des dossiers juteux intéressent plus

Les dossiers supposés juteux sont traités en priorité puisque susceptibles de procurer gain. Des dossiers impliquant des operateurs économiques et des hommes bien placés socialement font une bonne affaire. Ceci d’autant plus que ces hommes sont sensés avoir la possibilité de débloquer d’importantes sommes d’argent pour faire le « suivi » de leur dossier. Les autres, sont traités avec moins d’égards. De là imaginer que les gagnepetits n’ont pas la même considération dans les allées de la justice, il n’y a qu’un petit pas à franchir.Toutes ces magouilles se traduisent par les changements, souvent brusques et inexpliqués, des conditions de vie de magistrats et autres agents de la justice en mutation en Ituri.La nomination de nouveaux magistrats, l’arrivée du tout nouveau procureur et d’un autre juge président changeront-elles cet état de choses ? Rien n’est moins sure. Mais, déjà, des bruits font état de la diligence avec laquelle le nouveau Procureur traite les dossiers. Peut être apportera-t-elle une amélioration dans le traitement des dossiers par des magistrats.
Merveille Mbuyi

mardi 14 juin 2011

Trois témoins congolais de la CPI, menacés en RDC, obtiennent de rester aux Pays-Bas


La Cour pénale internationale de La Haye, a suspendu le retour en République démocratique du Congo de 3 témoins dans le procès de chefs de milice congolais. Après avoir mis en cause le président Joseph Kabila dans leurs auditions, ils craignent pour leur vie et ont demandé l'asile aux Pays-Bas.
Pierre Célestin Mbodina, un ancien agent des services de renseignements congolais, Floribert Ndjabu, qui s'est présenté aux juges comme « s'occupant des affaires politiques d'une milice de l'Ituri », et Manda Charif, « coordonnateur du mouvement politique qui combat l'injustice en Ituri » avaient demandé l'asile politique aux Pays-Bas le 23 mai dernier. Ils avaient été cités comme témoins dans le procès de deux chefs de milice congolais : Germain Katanga et Mathieu Ngudjolo Chui, accusés de l'attaque d'un village d'Ituri.

Les 3 témoins auraient dû regagner la prison de Makala à Kinshasa à la mi-mai. Leur retour a été différé, selon les termes de la Cour pénale internationale qui estime que la question de leur protection n'a pas encore été résolue. Ils resteront au quartier pénitentiaire de la CPI dans une prison de la banlieue de La Haye où ils avaient été transférés le 27 mars dernier.

C'est la première fois que des témoins entendus à La Haye demandent l'asile aux Pays-Bas.

Germain Katanga est un ancien commandat de la Force de résistance patriotique en Ituri (FRPI). Mathieu Ngudjolo Chui est un ancien dirigeant du Front des nationalistes et intégrationnistes (FNI). Tous deux sont poursuivis par la CPI pour crimes de guerre et contre l'humanité dont l'utilisation d'enfants-soldats, et des viols commis en Ituri au début de l'année 2003, en particulier lors d'une attaque conjointe du FRPI et du FNI contre le village de Bogoro, le 24 février.

RFI


Les photos de l’extradition de Germain Katanga ici http://www.digitalcongo.net/article/47548

Sept ans après sa fermeture, la BCDC rouvre ses portes à Bunia


Le patron de la Banque commerciale du Congo (BCDC) a annoncé, mercredi 8 juin, aux hommes d’affaires de Bunia, la reprise des activités de cette banque dans cette cité de la Province Orientale. Cette reprise intervient après sept ans de fermeture. Sur place, la BCDC devrait également jouer le rôle de mandataire de la Banque centrale du Congo (BCC).A l’issue d’un entretien qu’il a eu, mercredi à Bunia, avec les opérateurs économiques de l’Ituri tous secteurs confondus, le patron de la BCDC, Yves Kaïpess, a déclaré être rentré en Ituri pour accompagner le district post conflit dans son effort de développement.

Ce banquier s’appuie sur le retour des opérateurs miniers dans cette région aurifère, qui, selon lui, vont apporter de gros capitaux pour l’achat, l’exploitation et l’exportation de leurs productions.

Les opérateurs économiques de l’Ituri lui exigent des facilités pour acquérir des prêts remboursables à long terme, cinq ans par exemple, au lieu d’une année, imposée par ses prédécesseurs.

La BCDC rouvre ses portes en Ituri et fait la remise et reprise avec la succursale locale de la Banque centrale du Congo (BCC), dont il assumerait certaines missions, notamment celle d’encaisser les recettes des régies financières.

Elle a promis de prélever 1% mensuellement comme bénéfice sur tout crédit qu’elle octroierait aux personnes morales et environ 1,2%, aux personnes physiques.

La BCDC avait fermé ses portes à Bunia, depuis mars 2004, suite à l’insécurité dans cette région.

Okapi

mardi 31 mai 2011

Ituri: la taxe d’évacuation des bois d’œuvre revue à la hausse

La taxe d’évacuation des bois d’œuvre, en provenance de la forêt de la Province Orientale est passée de trois à douze dollars américains le mètre cube de planches sciées, a indiqué, dimanche 29 mai, le gouverneur de cette province, Médard Autsai Asenga.

La taxe pour un chargement de 70 mètres cubes de planches sciées dans un véhicule est passé de deux cent dix à huit cent quarante dollars américains, disent les exploitants.

Le gouverneur Médard Autsai a annoncé que cette hausse se ferait avec effets rétroactifs pour les propriétaires des planches sciées, chargées dans une quarantaine de véhicules bloqués à la limite entre le territoire de Béni, au Nord-Kivu, et d’Irumu dans le district de l’Ituri en Province Orientale.

Il a conditionné le passage de ces véhicules au payement de cette taxe, qui est recouvrée par la Direction des recettes de la Province Orientale (DRPO).

Pour ceux qui ont déjà payé cette taxe, ils doivent ajouter un complément de neuf dollars américains par mètre cube, a précisé Médard Autsai.

Les exploitants forestiers ont dénoncé cette décision «unilatérale» du gouverneur.


Médard Autsai avait déjà créé une commission mixte pour examiner certains documents relatifs à l’importation et l’exportation des bois sciés, notamment le permis de coupe de bois et la licence d’exportation des bois ou planches sciées.

Lire aussi :

Les exploitants forestiers ont dénoncé cette décision «unilatérale» du gouverneur.

http://radiookapi.net/environnement/2011/05/10/interdiction-d%e2%80%99exporter-le-bois-de-l%e2%80%99ituri-les-exploitants-locaux-protestent/

Kinshasa: un atelier de réflexion sur le développement de l’industrie de transformation du bois

http://radiookapi.net/economie/2011/05/19/kinshasa-un-atelier-de-reflexion-sur-le-developpement-de-lindustrie-de-transformation-du-bois/

Refus du renouvellement du contrat d’exploitation de bois d’Enra à Mambasa


Okapi

mercredi 25 mai 2011

Libye, le retour de la canonnière

Ancien chef des informations de la radio française RTL, le journaliste Karim Fall pointe les limites de la légitimation d'une guerre menée principalement par la coalition occidentale contre le régime du colonel Mouammar Kaddafi. Tout en prenant soin de préciser son indifférence quant au sort du "Guide" libyen.
D'abord, une mise au point : je me contrefous du sort de Mouammar Kaddafi et de son régime que j'abhorre. Mais, ce qui soulève mon indignation est la liberté que l'on prend avec le principe de souveraineté. Certes, comme l'écrit Pascal Boniface, le directeur de l'Institut des relations internationales et stratégiques (Iris) dans les colonnes du journal Le Monde (mercredi 27 Avril 2011) : «  Il est également nécessaire que la souveraineté ne constitue pas une garantie d'impunité pour les tyrans et dictateurs. » Catégorie dont Kaddafi fait incontestablement partie.
Néanmoins, ce concept est à géométrie variable. Chine, Russie, Birmanie, Iran, Syrie…Ces dictatures jouissent apparemment de l'impunité de la communauté internationale. La Chine et la Russie disposent d'arsenaux nucléaires. La Birmanie a pour parrain, Pékin, son principal partenaire économique. L'Iran a peut-être l'arme atomique. De plus, son armée pléthorique et aguerrie a administré la preuve de ses capacités de résilience face à l'Irak de Saddam Hussein. Et tous craignaient l'expansion de la « Révolution islamique ». La Syrie de Bachar al-Assad peut tuer des manifestants pacifiques sans crainte parce qu'elle dispose elle aussi d'un parrain, l'Iran, et d'un allié, le Hezbollah.
La Libye ne dispose pas de tels soutiens et, circonstances aggravantes, est dotée d'immenses ressources pétrolières et gazières. Elle peut voir sa souveraineté bafouée par des puissances qui comptent demain mettre la main sur ses richesses grâce au fameux « Conseil national de transition » (CNT), qui est loin de représenter le peuple libyen. Il faut cesser l'hypocrisie. Ce conseil n'a de national que le nom. Son président Mustafa Abdeljalil, ancien ministre de la Justice de Kaddafi, s'est rallié aux insurgés peu avant les frappes aériennes avec d'autres transfuges du régime. En réalité, la « rébellion » est née à Benghazi, ancienne capitale royale, bastion historique des opposants à Kaddafi qui ne se consolent toujours pas du renversement du roi Idriss Ier en 1969 et de la perte du pouvoir au bénéfice de Tripoli. Idriss Ier avait offert le pétrole du pays aux multinationales anglo-saxonnes que le jeune colonel a nationalisées dès son arrivée au pouvoir.
L'objectif non avoué, aujourd'hui, est de renverser le régime de Tripoli. Personne ne s'en plaindra. Mais il n'appartient ni à Nicolas Sarkozy, ni à David Cameron, et même pas à Barack Obama de changer la direction politique de la Libye. Ni d'aucun autre pays. C'est aux Libyens et à eux seuls qu'il appartient de régler leurs problèmes intérieurs. J'ignore qu'elle sera l'issue de cette entreprise. Mais une chose est sûre : si elle fait école, ses promoteurs auront ouvert la boîte de Pandore. Il ne manque pas à travers le monde de dictateurs ou de tyrans qui tuent et massacrent leurs populations.
Jeuneafrique

vendredi 20 mai 2011

Ituri: le commissaire de district accuse les FARDC et les groupes armés de braconnage

Le commissaire du district  de l’Ituri en charge de l’Economie et Finances, Avo Eka Rustique, accuse, dans un communiqué de presse rendu public, mercredi 18 mai, certains militaires des FARDC et certains groupes armés de se livrer au braconnage dans la réserve de faune à Okapi située dans le territoire de Mambassa.
Il affirme qu’au cours du premier trimestre de l’année en cours, une vingtaine d’éléphants et une centaine de singes ont été abattus dans cette réserve.
Ce braconnage se déroule dans les villages Batanana, Binase, Mandombe et Bandengaido, précise-t-il.
Avo Eka Rustique indique que les groupes armés  tels que les Maï-Maï et les Simba menacent la réserve.
Il ajoute:
«Il ya aussi les éléments de la 8ème brigade qui viennent du Nord-Kivu, et ceux de la 9ème brigade qui viennent  également  du côté de Bafwasende. Ils  sont  en train également  de pratiquer  ce braconnage.»
L’auditeur militaire de garnison militaire de Bunia, colonel Maurice Lianza, a déclaré qu’un parquet militaire est déjà implanté à Mambasa-centre pour juger tous les détenteurs illégaux d’armes de guerre et les braconniers armés.
Au mois d’avril, une patrouille mixte ICCN-FARDC a saisi 149 kg d’ivoire entre les mains des braconniers civils à Mambasa.

jeudi 19 mai 2011

LES PAYS-BAS REJETTENT LES DEMANDES D’ASILE DEPOSEES PAR LES EX-MILICIENS ITURIENS

CPI/KATANGA - LES PAYS-BAS REJETTENT LES DEMANDES D’ASILE DEPOSEES PAR DES TEMOINS
La Haye, 12 mai 2011 (FH) - Les Pays-Bas ont estimé que « la législation néerlandaise sur l'immigration ne sera pas applicable » aux trois témoins appelés devant la Cour pénale internationale (CPI) par la défense de Germain Katanga. Au cours de leurs dépositions en avril, Floribert Njabu, Pierre Mbodina et Charif Manda avaient demandé l'asile politique aux Pays-Bas, où siège la Cour. Si la CPI n'est pas compétente pour traiter d'affaires d'immigration, elle a en revanche l'obligation de protéger les témoins. Or les trois hommes se disent menacés.
Floribert Njabu et Pierre Mbodina sont détenus sans procès à la prison centrale de Kinshasa depuis 2005. Charif Banda a été arrêté en septembre 2010. Au cours de leurs dépositions, les trois opposants au régime du président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, ont évoqué la responsabilité de Kinshasa dans les crimes commis en Ituri en 2002 et 2003.
Lors de l'audience du 12 mai, à laquelle étaient conviées les autorités néerlandaises, l'avocat des trois témoins, Ghislain Mabanga, a estimé que leur retour à Kinshasa les mettrait alors à « la merci des autorités congolaises contre lesquelles ils ont témoigné ». Dès lors, il demande à la chambre de leur accorder des mesures de protection spéciales « en refusant de renvoyer ces témoins chez eux, où ils risquent la mort et où ils n'auront pas de procès équitables », puis en acceptant de les remettre aux autorités néerlandaises, devant lesquelles ils prévoient de déposer formellement leurs demandes d'asile.
Mais pour les Pays-Bas, où réside la Cour, ces témoins ne dépendent pas des juridictions néerlandaises. Conseiller juridique au ministère des Affaires étrangères, Liesbeth Lijnzaad a renvoyé la décision aux juges de la CPI. « Les Pays-Bas étudieront toute demande d'asile, a-t-elle déclaré, mais en se conformant à l'avis de la Cour. Vous connaissez le terrain, vous connaissez le cas, la situation politique et tous les faits importants pour ces trois personnes. »
« La Cour n'a pas de territoire, elle ne peut garder personne chez elle », a expliqué, toujours pédagogue, Bruno Cotte.
« Si vous décidez que pour l'instant, dans les conditions actuelles, il n'est pas approprié de renvoyer ces trois personnes en République démocratique du Congo, alors la Cour devra trouver une solution avec les 114 Etats-parties au traité de Rome » a proposé Liesbeth Lijnzaad.
L'affaire pourrait donc être un véritable casse-tête diplomatique pour la chambre. Mais pour le substitut du procureur, Eric MacDonald, les juges peuvent « avoir la conscience tranquille ».
« Vous pouvez renvoyer les trois détenus [à Kinshasa] sans aucune crainte pour leur sécurité physique » a-t-il affirmé. Critiquant les allégations de l'avocat des trois détenus, qui a rappelé que selon ses clients, « ce sont les autorités congolaises qui (...) ont planifié l'attaque de Bogoro parce qu'elles voulaient reprendre l'Ituri », Eric Mac Donald a défendu Kinshasa, avant de saluer la « coopération sans limites » de la RDC avec la Cour, oubliant au passage la non exécution du mandat d'arrêt émis en 2006 contre Bosco Ntaganda.
Plus mesuré, un autre représentant du procureur, Gilles Dutertre, a alerté les juges sur le fait que « d'autres témoins pourraient faire une demande d'asile (...) cela aurait pour conséquence que plus jamais dans l'avenir, la Cour n'obtiendrait l'accord d'un Etat pour le transfert d'un témoin détenu ». La chambre n'a pas encore rendu de décision.
Le procès de Germain Katanga et Mathieu Ngudjolo s'est ouvert le 24 novembre 2009, devant la CPI. L'ancien commandant de la Force de résistance patriotique de l'Ituri (FPRI) et le milicien du Front des nationalistes et intégrationnistes (FNI) sont poursuivis pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis à Bogoro le 24 février 2003.
Hirondelles.

lundi 16 mai 2011

Le colonel Richard Beiza Bamuhiga

Col. Beiza
Le colonel Richard Beiza Bamuhiga, officier de la Police nationale congolaise (PNC), matricule 38029/F, a été arrêté dimanche 15 mai à Kampala en Ouganda, où il était en exil depuis février 2009, selon des sources militaires ougandaises.
Ces sources n’ont pas évoqué les raisons de son arrestation, mais elles indiquent tout de même que des discussions sont en cours entre Kinshasa et Kampala pour son extradition.
La femme du colonel Beiza, résidant à Kampala, déclare ne pas être informée de l’arrestation de son mari, mais avoue qu’elle a perdu contact avec lui depuis vendredi soir.
L’ambassade de la République Démocratique du Congo (RDC) à Kampala affirme qu’elle n’est pas encore saisie officiellement de cette arrestation.
Il y a un mois, Richard Beiza, ancien de la milice Union des patriotes congolais (UPC) de Thomas Lubanga, avait accusé le gouvernement de la RDC dans certains médias, d’avoir été impliqué  dans les massacres de Bogoro en 2002, pour lesquels Mathieu Ngujolo et Germain  Katanga (deux autres anciens miliciens de l’Ituri) sont actuellement poursuivis par la Cour pénale Internationale.

Lire les propos du Col Beiza ici:

(Okapi)

mercredi 11 mai 2011

Interdiction d’exporter le bois de l’Ituri,les exploitants locaux protestent

La décision du gouvernement de la Province Orientale a interdit le 18 avril dernier toute exportation du bois en Ituri pour combattre l’exploitation illicite de ce produit. Les exploitants forestiers de l’Ituri estiment que par cette mesure, le gouvernement a sacrifié  les exploitants qui sont en ordre vis–à-vis de l’Etat congolais. Par contre, les exploitants en provenance de Beni au Nord-Kivu ont salué cette mesure qui, selon eux, va décourager les irréguliers.
Les exploitants de Beni réunis au sein du « Groupe des exploitants et exportateurs des bois d’œuvres  saluent la mesure, comme l’affirme son président Jules Kitahurika :
Nous avons dû saluer d’abord la décision de l’autorité. Cette décision peut nous permettre de gagner plus. Il y a parmi nous, des gens qui font le même travail que nous mais qui ne gagnent presque rien. Ca fait un manque à gagner.
Cette réaction n’est pas totalement partagée par leurs collègues de l’Ituri. Ceux-ci contestent le fait que la mesure gouvernementale ait confondu les exploitants illicites avec ceux qui sont en règle vis-à-vis de l’Etat. Victor Ngona, président des exploitants de l’Ituri,  s’exprime à ce sujet :
On a mis dans le même sac ceux qui sont en règle et les irréguliers. C’est préjudiciable pour tout homme d’affaires. Quel est le sort de ceux qui sont en ordre vis-à-vis de l’Etat ?
Pour sa part, Samuel Lifendi, coordinateur provincial de l’Environnement, même ceux qui sont en règle doivent accepter la mesure :
Ceux qui avaient payé les taxes ne doivent plus faire le même travail parce qu’on reconnaît au gouvernement le pouvoir de suspendre. Même si on a payé, l’Etat reste l’Etat.
Contacté, le ministre provincial de l’Environnement, Raymond Tiedia, n’a pas déterminé le délai pendant lequel même les exploitants forestiers en conformité avec l’Etat devront subir sa décision.

(Okapi)

vendredi 6 mai 2011

INSECURITE A MAHAGI : Roger Meece en visite à Mahagi centre

Le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en République Démocratique du Congo, Roger Meece, a visité, jeudi 5 mai 2011, la cité de Mahagi-centre, à 200 kilomètres au nord de Bunia, en Ituri.  Cette cité a été le théâtre, le 7 avril, d’une manifestation populaire à la suite du meurtre d’un déclarant en douane. Roger Meece a rencontré les autorités civiles et militaires, les responsables locaux des régies financières ainsi que les délégués de la société civile.
Ces derniers ont interpellé le chef de la Monusco sur l’intervention tardive, d’après eux, des casques bleus de la mission onusienne le jour où le déclarant en douane a été abattu par des inconnus.
Selon Tchotun Alubeley, coordonnateur local de la société civile, ce jour-là, la fusillade aurait duré 45 minutes, et les soldats bangladeshi qui étaient dans les parages ne seraient pas intervenus.
A cette plainte, Roger Meece a répondu que le rôle de la Monusco n’est pas de se substituer aux autorités locales.
«La première priorité de notre mandat est toujours la protection des civils, c’est toujours en partenariat avec les FARDC et la PNC [Police nationale congolaise] qui ont la responsabilité première de cette protection,» a-t-il souligné.
Le chef de la Monusco a précisé, en fait, que le but de sa visite était d’écouter les différents acteurs locaux par rapport à la manifestation populaire violente du 7 avril à Mahagi-centre.
Ce jour-là, les habitants de cette cité descendus dans la rue pour protester contre l’assassinat d’un déclarant en douane, ont cassé tout sur leur passage et mis le feu à certains édifices public

Honorable Donatien Donatien Kanyi Nzia, le président fédéral du MLC Ituri a démissionné de ses fonctions

Donatien Kanyi n’est plus président fédéral du MLC Ituri, en province Orientale. Le député élu d’Aru a démissionné de ses fonctions suite à la température qui secoue ce parti cher à Jean-Pierre Bemba. Mais malgré sa démission, Donatien Kanyi reste membre du mouvement de libération du Congo dont il partage les idéaux.

CPI/KATANGA - UN TEMOIN RACONTE COMMENT KINSHASA A ORGANISE LA REPRISE DE L'ITURI

La Haye, le 3 mai 2011 (FH) - Charif Manda est le troisième témoin détenu à la prison de Makala, à Kinshasa, appelé à déposer devant la Cour pénale internationale (CPI) pour la défense de Germain Katanga. Arrêté en Ouganda en septembre 2010, il était alors l'un des dirigeants du Front populaire pour la justice au Congo (FPJC) qui rassemble les milices encore actives en Ituri.
Jean-Pierre Bemba in courtAu cours de sa déposition, lundi et mardi, Charif Manda a raconté comment Kinshasa avait, durant l'automne 2002, planifié la reprise de l'Ituri. Le témoin a assisté à plusieurs réunions, pilotées par le colonel Aguru, actuel membre de l'Etat-major des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), qui faisait régulièrement le trajet entre Kinshasa et Béni. « A l'occasion de ces réunions, il nous disait qu'on devait récupérer Bunia, combattre l'UPC [Union des patriotes congolais] et les Rwandais. Il disait que si nous reprenions cela, le chef de l'Etat nous donnerait du travail. Ceux qui voudraient aller dans l'armée pourraient aller dans l'armée, ceux qui voulaient faire des études le pourraient. »
Une autre réunion se déroule en présence de Mbusa Nyamwisi, aujourd'hui ministre de la Décentralisation et de l'Aménagement du territoire, dont « l'objectif était de reprendre tout l'Ituri (...) C'est là qu'il nous a indiqué que pour continuer la bataille et récupérer toutes les villes, il fallait transformer l'APC et lui donner un autre nom pour continuer la lutte qu'il avait à mener pour récupérer le territoire. » L'APC devient alors la FPRI, Force patriotique de résistance en Ituri, dont Germain Katanga, l'accusé, est l'un des commandants. « C'était pour que Bemba [Jean-Pierre Bemba, président du Mouvement pour la libération du Congo, milice alors active en Ituri] pense qu'il avait un nouvel ennemi en Ituri », explique le témoin. Mbusa Nyamwisi fait livrer des armes de Kinshasa. Forme les combattants.
Interrogé sur la bataille de Bogoro, le témoin explique, en lingala, que Bogoro n'était pas un objectif stratégique, mais se trouvait sur la route de Bunia. Puis il précise que « les personnes qui devaient se battre à Bogoro étaient celles qui étaient aux alentours. Chacun était appelé à poser la résistance. A Aveba, c'était Germain qui devait préparer les opérations de résistance. » « L'avez-vous jamais entendu être appelé président ? », a demandé l'avocat de l'accusé, David Hooper. « Germain ? Président ? Je connais Germain comme chef d'Etat-major, lors de la création de l'Etat major du FRPI. Et j'ai entendu parler de Germain président par la suite, à travers la radio Okapi, lors de son arrestation. »
Le procès a été suspendu jusqu'à l'audition du prochain témoin de la défense, vendredi. Le procès de Germain Katanga, co-accusé avec Mathieu Ngudjolo, a débuté le 24 novembre 2009.
SM/ER/GF

(Agence Hirondelle )

Appearance of Ituri Militia Fuels Speculation

by Olivia Bueno
 
Dear readers – please find below a commentary written by Olivia Bueno at the International Refugee Rights Initiative in consultation with Congolese activists.  The views and opinions expressed here do not necessarily reflect the views and opinions of the International Refugee Rights Initiative or of the Open Society Justice Initiative.

In Ituri, victims of atrocities committed in the context of the 2002-2003 violence, which claimed an estimated 50,000 lives, and the civil society organizations that represent them have been calling out for a full accounting for crimes committed, emphasizing their right to both understand the particular individual and institutional drivers of the conflict and for public acknowledgement of their suffering. They have pointed out that the cases proceeding at the International Criminal Court (ICC), though critical for achieving justice, have only partially responded to the need for truth due to the limited number of accused and nature of the charges.
In this context, the confirmation by the Congolese Ministry of Justice on March 28, 2011 that four Ituri militia leaders would be transferred to the Hague has set off a whirlwind of speculation as to the possibility of revealing new facts about the violence. The Ministry of Justice has affirmed that the four, Pierre Célestin Mbodina Iribi (known as Pichou), Floribert Ndjabu Ngabu, Charif Manda and Bède Djokaba Lambi Longa are being transferred to The Hague to serve as witnesses in the Katanga-Ngudjolo case.
One of the witnesses, Sharif Manda, was quoted by a local paper, Le Millénaire, describing the reason for his testimony as relating to defense allegations that the attacks for which Katanga and Ngudjolo are being prosecuted were carried out on:
[O]rders from Kinshasa. One way of showing the real authors of the massacres in Ituri are also to be found in Kinshasa. We know a lot of things about this subject. This may have motivated the ICC to ask us to testify.
This implication that the evidence will implicate government personnel or other powerful people has created much anticipation and some trepidation with regard to their testimony.

Who are these witnesses?

The defense has characterized the witnesses that it is planning to call as “some people who were pretty high up in the various groups that were established at the time.” The four, all of whom have been in the custody of the Congolese government, are being transferred from Makala prison in Kinshasa and are described by local civil society leaders in the following way:

• Pierre Celestin Mbodina is a leader from the Ngiti ethnic group (also referred to as the southern branch of the Lendu) who is close to Germain Katanga and educated in French. He was a founding member of the Front des Nationalistes Integrationnistes (FNI) and held several high ranking positions in the organizations. He was arrested in 2005, accused of complicity in the kidnapping and murder of eight UN peacekeepers and remains in custody although there are no proceedings against him.

• Floribert Ndjabu Ngabu, is another founding member of the FNI and its current president. He was very close to Ngudjolo, and to the Rassemblement des Congolais pour la Democratie – Mouvement de Libération (RCD-ML).
• Charif Manda is another Lendu leader close to Ngudjolo, was arrested several months ago in Arua in Uganda and was handed over to Congolese authorities in order that he could be prosecuted. After being a high level commander with the FNI, he was among the commanders close to the holdout FNI and FRPI commanders who refused demobilization and integration into the army and who joined Colonel Cobra Matata in 2005 in the insurrection that occurred in the collectivity of Walendu Bindi in 2005. Afterwards Colonel Cobra created his own armed movement, the Front Populaire pour la Justice au Congo (FPJC), whose militia are still active in the area.

• Bède Djokaba Lambi Longa is a Hema and an influential member of the Union des Patriotes Congolais (UPC), and is close to Thomas Lubanga, another defendant in The Hague. He is an intellectual and political theorist.


Reactions to the news
The government of Congo has touted this as a positive example of cooperation with the ICC. They have noted that the detainees are being transferred voluntarily are to return to Congo in May and that they will then be subject to additional security assessments and, if needed, protection measures, on their return.

While the government statement treats the issue as a technical one, civil society and some of the militias and political movements aligned with them have focused in on the possibilities that the trial presents in terms of building the historical record, building pressure for further prosecutions, and advancing other goals.

The expectations of revelations in the testimony are high. There are debates in Ituri about the extent to which ethnic identities were primary in driving the conflict and the extent that these were manipulated by other factors. Certain intellectual circles in Ituri contend that both Hema and Lendu allegiances were manipulated to hide other, primarily economic, motives for promoting conflict. According to one university professor, the public in Ituri is not well informed about the process in The Hague, nor indeed about the history of the conflict in Ituri. There is some hope that this high level testimony may elucidate some of these questions and build consensus around historical understanding of the crisis.
Others have focused on the potential of the testimony to widen the scope of accountability. Local civil society has been calling for accountability for a larger number of actors for some time. Indeed, some organizations have previously highlighted the need for these very persons not just to serve as witnesses but to also face justice for their crimes (see the previous reflection on this issue, Ngudjolo and Katanga: Their Role in the DRC Conflict and the Need for Broader Accountability).

Examples from elsewhere in the world show that evidence presented in one trial can build political commitment to address related issues. Former Zambian President Frederick Chiluba was put on trial for corruption after evidence of his illegal dealings was revealed in a libel case against newspaper editors who had called him a thief. Civil society hopes that information coming out during the trial may increase pressure to conduct further prosecutions. The environment would seem to be ripe for such action given the extensive discussion of a specialized domestic prosecution mechanism.

What information might specifically come out during the testimony? One activist suggested that a letter from Makala prison, which was circulated to human rights NGOs in 2006, might provide some insight as to the sort of testimony that might be provided. In that letter, prisoners implicated certain high level politicians in the creation, arming, and certain criminal activities of the FNI and FRPI. Defense positioning suggests that similar accusations might be aired in The Hague.

Some additional question that might be raised are what response might there be to revelations of connections among the FNI, the RCD-ML, and the former government of Congo? Will the role of Uganda be explored? What was the role of these actors in training, equipping, and operating these militias? In the words of a Catholic priest interviewed for an advocacy video aimed at the United Nations Security Council, there are no weapons factories in Ituri and it would be unjust not to ask who armed and trained the youth of Ituri in such a tense context. In addition to asking who armed and financed the militias, activists ask who gave them the orders to attack civilians? As key militia leaders, these individuals have information on issues such as the sources of training and funding.

The government, however, already seems to be seeking to counter this expectation. The public announcement of the transfer stressed that these were not akin to the suspect transfers that had been carried out earlier and were voluntary and temporary. They also noted that the testimony will be subject to restrictions on self incrimination. Additional questions might be posed about the interest of the government in this testimony and their willingness to facilitate the transfers if there was a real threat of exposing other key leaders. Indeed, Ndjabu’s testimony that the Minister of Justice threatened him prior to his travel to The Hague has already thrown up serious questions.

At the same time, these appearances in The Hague draw attention to the situation of those detained (like the witnesses) for long periods in Kinshasa without trial. For example, the UPC has already used this transfer as an opportunity to highlight the mistreatment of their members.

There is also the risk that the testimony will only muddy the waters. John Tinanzabo, spokesman for the UPC, was quoted by Radio Okapi as saying, “What I hope is that the truth will come out around this issue in Ituri. We hope that those who will testify will tell the truth. The court can then draw out the consequences.” The question, however, is whether they are sincerely hoping for the truth or simply an opportunity to down play their own responsibility. Will the implications of responsibility on the part of other parties bolster efforts to bring them to justice? Or is this merely to distract from the responsibility of those currently on trial?

An additional challenge may be posed by security. The government has promised that those who testify will be granted protection if they testify, but how can this security be assured in the event that the witnesses provide evidence against the very leaders holding them in custody. How can the ICC guarantee the security of those who testify if they are later threatened?

The public is waiting with bated breath to see whether the testimony of the key leaders will reveal answers. Only time will tell what the impact will be, but for now, speculation is rife.

jeudi 5 mai 2011

Après le discours de Tshisekedi à Kinshasa, l’UDPS fait sa rentrée médiatique en Ituri


Tshisekedi, Kinshasa 24 Avril 2011

L’UDPS, parti politique cher à Etienne Tshisekedi, renoue avec les activités politique en Ituri. Ce mardi 03 mai, la fédération de ce parti politique dans le district de l’Ituri a tenu un point de presse à Bunia.

Quatre points étaient inscrits à l’ordre du jour : le meeting d’Etienne Tshisekedi à Kinshasa, la publication du calendrier électoral, la révision du fichier électoral, la situation sécuritaire de l’Ituri et la problématique de l’eau et de l’électricité dans la ville de Bunia.

L’orateur du jour, le Secrétaire exécutif à l’organisation, Maitre David Mambo, a restitué à l’assistance le discours tenu le 24 avril dernier par Etienne Tshisekedi à Kinshasa et dénoncé l’inconstitutionnalité du calendrier électoral nouvellement publié ainsi que la lenteur manifeste dans la révision du fichier électoral en district de l’Ituri.

Le président Fédéral, Bienvenue Nyolo, aussi présent à cette rencontre s’est penché sur l’était déplorable de la situation sécuritaire en Ituri et ses conséquences néfastes sur la vie des populations avant de fustiger l’insuffisance de la fourniture de l’électricité et de l’eau à Bunia.

Ces deux combattants de l’UDPS ont, en outre, invité leurs combattants à s’enrôler massivement afin, non seulement de garantir la victoire de leur parti aux prochaines élections et à tous les niveaux, mais aussi de sanctionner des politiciens qui ont abusé du mandat leur donné par le peuple en 2006 pour s’enrichir eux-mêmes et reléguer les intérêts de la population au second plan. Ils ont aussi annoncé l’ouverture prochaine de leurs permanences dans toutes les grandes agglomérations de l’Ituri. Déjà les membres de l’UDPS/ Bunia se cotisent pour donner à leur parti politique un bureau digne de son nom dans Bunia, chef lieu du district de l’Ituri. Ce point de presse inaugure la rentrée médiatique de ce parti politique dans le district de l’Ituri.

Matembele/Millénaire

lundi 2 mai 2011

Ituri: l’UNC de Kamerhe se déchire !

Tout ne va pas très bien à l’Union de la Nation Congolaise, UNC, parti cher à Vital Kamerhe. A peine implanté en Ituri, en Province Orientale, l’UNC peine à donner de la vitesse à ses activités politiques dans cette partie de la République. Et pour cause, M. Jules Sezabo, le Secrétaire Fédéral désigné pour diriger cette formation politique de l’opposition dans le district de l’Ituri, n’aurait pas compris l’essentiel de la mission à lui confiée depuis son installation en date du 17 décembre 2010. Ce faisant, l’ensemble des membres du comité fédéral et ceux du comité urbain, 51 au total, aurait décidé de le désavouer et demandé son remplacement immédiat. A en croire une dépêche de la radio onusienne, c’est donc le mardi 26 avril 2011 que Jules Sezabo a été démis de ses fonctions, au cours d’une réunion conduite par M. Félix Kabwizi, à la tête d’une délégation de cadres de l’UNC venue de Kinshasa. Il est reproché à l’incriminé plus de dix griefs et pour lesquels ses détracteurs n’ont pas voulu dévoiler. Sezabo persiste ‘‘Je demeure secrétaire fédéral de l’UNC jusqu’à nouvel ordre. Ce n’est pas M. Félix Kabwizi qui va me relever de mes fonctions’’, martèle le Secrétaire fédéral limogé. Un son discordant Le refus de M. Sezabo de quitter son poste aurait bénéficie, à en croire notre source, de l’appui de l’Honorable Claudel Lubaya, Secrétaire Général adjoint de l’UNC en charge de l’implantation qui, lui, affirme que la délégation partie de Kinshasa n’avait pas reçu mission de nommer ou encore désister des cadres. ‘‘Déjà, c’est une erreur. Ils (les membres de la délégation de Kinshasa) ne sont pas allés là-bas pour nommer ou désister les cadres. Ils sont allés simplement constater l’implantation de l’UNC et même la consolider aussi. Joint par La Prospérité de l’Ituri où il se trouve, M. Kabwizi Félix fait savoir qu’au moment où le SG Adjoint Lubaya réagissait à la déchéance de M. Sezabo, il n’était pas encore en possession du rapport de la délégation dépêchée en Ituri. A l’heure qu’il est, soutient-il, la crise a déjà trouvé son dénouement, M. Sezabo a été remplacé par M. Zorabo Nyamabaku qui, lui, a été installé le mercredi 27 avril dernier. D’ailleurs, renseigne-t-il, le Secrétaire fédéral déchu ne vient plus au bureau du parti.
(la prosperité)

mercredi 13 avril 2011

Le chef de la cité de Bunia se dit victime d’une attaque des hommes armés

Mr. Dudanga Kavarios, Chef de cité/Bunia
Le chef de la cité de Bunia, Dudanga Kavarios, suspendu depuis environ trois semaines, a  déposé, lundi 11 avril, une plainte contre inconnu à l’auditorat militaire garnison de l’Ituri à Bunia.  Il se dit victime d’une attaque, le week-end dernier, dans sa résidence des hommes armés et accuse la hiérarchie de la police de complicité. Celle-ci parle plutôt d’un montage.
Selon Dudanga Kavarios, un groupe d’hommes armés a pénétré, samedi 9 avril, à environ une heure du matin dans la clôture de sa parcelle et tenté de maîtriser sa garde du corps.
Il s’en est suivi un échange des tirs et certaines balles ont traversé la porte principale de la maison pour échouer aux murs du salon, rapporte la même source. Dudanga Kavarios trouve cela suspect:
«A 20 heures, on vient demander le relèvement de la garde rapprochée et qu’à une heure du matin il se passe des actes de ce genre (…) L’ordre est venu de commandant PNC district. C’est juste à ce niveau que nous ne comprenons pas.»
Pour l’inspecteur de la police en Ituri, le colonel Juvenal Bideko, il n’y a pas eu d’attaque à la résidence du chef de la cité suspendu. Il parle d’une opération montée par ce dernier et sa garde rapprochée à des fins politiques:
«Pour se donner du poids, il a simulé l’attaque de sa résidence en montant une opération avec son policier pour tirer, il a crié à l’attaque. On a envoyé une intervention. Mais, après les enquêtes menées sur terrain, il n’y a jamais eu d’attaque. C’est le policier qui était de garde qui a tout fait.»
Okapi

vendredi 8 avril 2011

Les habitants de Mahagi-centre dans la rue après le meurtre d’un des leurs

Les habitants de Mahagi-centre, cité située à 200 Kilomètres  au nord de Bunia dans la Province Orientale, sont descendus dans la rue, le jeudi 7 avril dans la matinée. Ils ont manifesté contre mort par balle d’un déclarant en douane pendant la nuit précédente.
Peu avant minuit, mercredi, quatre hommes armés habillés en tenue militaire ont débarqué à la résidence du déclarant, rapportent des sources sur place.
Après une brève discussion, les assaillants lui ont tiré trois balles. Selon les mêmes sources, les assassins sont repartis après avoir dépouillé l’épouse de la victime de son argent.
Dans cette cité, toutes les activités ont été bloquées. Les écoles, les services et les commerces sont restés fermés, a indiqué l’Abbé Erick  Abedi, de la paroisse diocésaine de Mahagi-Centre.
Selon la même source, des coups de feu sporadiques étaient toujours entendus dans la cité à la mi-journée de ce jeudi.
A la suite des ces manifestations, l’administrateur du territoire de Mahagi, Christophe Ikando, a établi le bilan provisoire suivant:
  • un agent de la police nationale des frontières tué,
  • le bureau de la police et celui de la Direction générale des douanes et assises(DGDA), de la Direction générale de migration (DGM) et de l’Office congolais de contrôle (OCC) saccagés,
  • un coffre-fort de la DGDA apporté,
  • le bureau de la cité pillé et incendié et
  • tous les véhicules sous douane saccagés.
Plusieurs autres cas de pillage perpétrés par des hommes armés, a poursuivi Christophe Ikando, ont été  enregistrés depuis le lundi 4 mars dans Mahagi-centre.
(okapi)

vendredi 1 avril 2011

Pétrole de l’Ituri : les autochtones mécontents s’impatientent

Dans une récente déclaration envoyée en copie au chef de l’Etat et au Premier ministre, la Société Civile de l’Ituri  (SOCIT) dénonce  les promesses non tenues par les sociétés pétrolières Caprikat et Foxwhelp qui avaient obtenu, depuis juin 2010, le permis d’exploration sur les blocs I & II du lac Albert.  
Et comme si cela ne suffisait pas, estime la société civile, la décision de la fermeture de l’agence de la Banque Centrale du Congo à Bunia remue le couteau dans la plaie de la population iturienne car touchant,   du coup,  l’économie   du district martyr de plusieurs guerres ethniques. 

Lors de leur  première visite  très médiatisée en Ituri, après la signature de l’ordonnance présidentielle leur attribuant les blocs I & II du lac Albert,  les dirigeants des sociétés Caprikat et Foxwhelp, accompagnés du ministre des Hydrocarbures, avaient fait de nombreuses promesses à la population dont des actions d’envergure à court et moyen terme.
 
 Parmi ces actions, on comptait la construction de plus de 150 Km des routes bitumées, bâtiments administratifs, la réhabilitation de la centrale hydroélectrique de Budana et  la mise à la disposition   du district de l’Ituri de la somme de 10 millions US , montant du bonus  de signature du contrat pour développer des projets d’intérêt communautaire. 
Aujourd’hui, neuf mois après, la population n’a rien vu venir : aucun coup de pioche, aucun engin, aucun projet, excepté la remise  de 6 pickups et 6 motos à la police nationale de Bunia et le renouvellement de la peinture d’un dispensaire datant de l’époque coloniale à Kasenyi. Au point où on se trouve, on est en droit de se  demander pourquoi les compagnies bénéficiaires (Caprikat & Foxwhelp) traînent les pas pour lancer les travaux d’exploration. Y a-t-il un problème financier ou technique ? Pourtant l’opinion se rappelle qu’à une question sur l’évaluation technique et financière de ces sociétés à l’Assemblée Nationale, son excellence  le ministre des Hydrocarbures, avait répondu avec élégance que cela n’était pas la préoccupation du gouvernement, que les majors comme Exxon Mobil n’ont pas commencé avec des moyens techniques et financiers  évalués pour atteindre leur niveau actuel. Les faits sur le terrain semble  donner   raison aux députés nationaux qui soutenaient le contraire. 
Que remarquons-nous entre temps ? Le Contrat de Partage de Production Caprikat & Foxwhelp, fait le tour des bourses du monde pour chercher des potentiels preneurs tirant bonne leçon de l’expérience de la Société Surestream avec ENI et Sacoil – Divine Inspiration  avec Total. « Wait and see »  disent les anglais.
En outre, la société civile, au nom de la population, tire la sonnette d’alarme quant  à la mesure de la fermeture de l’agence de la Banque Centrale du Congo. Elle estime que c’est  une véritable catastrophe dans un district qui a vu se fermer toutes les structures de micro finances pour mauvaise gestion ; un district exposé aux influences néfastes de la consommation des monnaies étrangères, un district qui connait le vol régulier des agents de l’Etat par les agents payeurs, …..La société civile ne comprend pas être remerciée de cette façon après avoir voté en masse pour le Chef de l’Etat, initiateur des cinq chantiers alors que ce programme est en train d’être saboté par certains politiques véreux dans le carré du pouvoir.     La Société Civile de l’Ituri demande réparation. Quel discours tiendra le pouvoir en place  aux prochaines échéances électorales, face à une population qui avait voté majoritairement pour lui en 2006 ? La  population  de ce district espérait avoir sa province à elle, des routes butimées, des dividendes du pétrole du lac Albert, des écoles, des hôpitaux et autres infrastructures. Rien de tout cela n’est visible, un peu comme partout ailleurs.
Position de la Société civile de l’Ituri par rapport au rendez-vous manqué avec Caprikat Limited et Foxwelp Limited
 
A l’attention de Son Excellence Monsieur le Président de la République,
(Avec nos hommages les plus déférents)

Nous, membres de la Société civile, forces vives de l’Ituri, sommes très indignés par la surprise désagréable qui nous a été réservée  par le représentant du Caprikat Limited, concernant la rencontre prévue le 19/02/2011 avec la communauté locale pour discuter le cahier des charges préparé par cette dernière. 

En effet, il n’est un secret pour personne que ces sociétés pétrolières  aussi bien que les autorités politiques congolaises ont fait de nombreuses promesses que la population de l’Ituri continue à attendre jusqu’à ce jour.
(...)
Eu égard à ce qui précède, nous vous sollicitons de péser de tout vos poids sur le chef du gouvernement qui nous lit en copie de bien répenser le système bancaire, gage du développement de tout le pays en général et de l’Ituri en particulier. Et à Monsieur le Gouverneur de la Banque centrale du Congo, recommandons de reconsidérer sa décision dont l’une des grandes conséquences est la thésaurisation au grand détriment de la circulation normale de la monnaie.
Le phare.

Le Kadhafi que je connais

Ugandan President Yoweri Museveni (L) and Libya's Muammar al-Gaddafi
Quand le colonel Mouammar al-Kadhafi est arrivé au pouvoir en 1969, j’étais en troisième année à l’université de Dar es-Salaam, en Tanzanie. Nous regardions son ascension d’un bon œil, car c’était un dirigeant dans la tradition du colonel Gamal Abdel Nasser, en Égypte, à la position nationaliste et panarabe. Mais Kadhafi ne tarda pourtant pas à poser des problèmes à l’Ouganda et à l’Afrique noire.

Il soutenait Idi Amin Dada

Idi Amin Dada a accédé au pouvoir en Ouganda en 1971 avec l’aide de la Grande-Bretagne et d’Israël, qui le pensaient assez ignorant pour pouvoir le manipuler. Or, Amin se retourna contre ses sponsors quand ceux-ci refusèrent de lui vendre des fusils pour se battre contre la Tanzanie. Malheureusement, Kadhafi, sans se renseigner correctement au préalable sur l’Ouganda, vola au secours d’Idi Amin. Il le fit parce que ce dernier était un «musulman» et que l’Ouganda était un «pays musulman», où les musulmans étaient «opprimés» par les chrétiens. Amin Dada a tué beaucoup de gens de manière extrajudiciaire, et Kadhafi a été associé à ces erreurs.

En 1972 et 1979, Kadhafi a envoyé des troupes libyennes défendre Amin Dada quand nous (le Front national de libération d’Ouganda) l’avons attaqué. Je me souviens du Tupolev Tu-22 libyen qui essaya de nous bombarder à Mbarara en 1979. La bombe finit à Nyarubanga, au Burundi, car les pilotes avaient pris peur. Ils n’ont même pas réussi à approcher leur cible correctement. Nous avions déjà abattu beaucoup des MIG d’Amin Dada avec des missiles sol-air. C’étaient surtout nos frères et sœurs tanzaniens qui se battaient. Beaucoup de miliciens libyens furent capturés et rapatriés en Libye par la Tanzanie. Ce fut une grave erreur de Kadhafi et une agression directe contre le peuple ougandais et l’Afrique de l’Est.

Sa campagne pour des États-Unis d’Afrique

La deuxième grave erreur de Kadhafi a été sa position vis-à-vis de l’Union africaine (UA), où il a appelé à un gouvernement continental «tout de suite». Depuis 1999, il essaie d’imposer ce point de vue. Les noirs sont toujours polis, en règle générale, ils ne veulent pas offenser les autres. C’est ce que l’on appelle l’obufura dans la langue runyankore, ou mwolo en luo —le fait de traiter, surtout les étrangers, avec attention et respect. Il semble que certaines cultures non-africaines ne pratiquent pas l’obufura. On peut y voir quelqu’un parler à une personne âgée comme s’il s’adressait à un enfant de maternelle. «Il faut faire ci, il faut faire ça ; etc.» Nous avons essayé de montrer à Kadhafi qu’une gouvernance continentale serait difficile à court et moyen terme. Nous devrions plutôt viser la Communauté économique africaine et, quand c’est possible, viser également des Fédérations régionales.
Mais Kadhafi ne voulait rien savoir. Il ne respectait pas les règles de l’UA. Il exhumait les sujets ou les discussions abordés lors de précédentes réunions. Il était capable de «casser» une décision prise par tous les autres chefs d’État africains. Certains d’entre nous furent obligés d’intervenir et de s’opposer à sa position erronée, et, en travaillant à plusieurs, nous avons à plusieurs reprises eu raison de sa position illogique.

Il s’est proclamé «Roi des rois»

La troisième erreur de Kadhafi est sa tendance à l’ingérence dans les affaires internes de nombreux pays africains, en utilisant le peu d’argent dont la Libye dispose comparé à ces pays. Un exemple frappant a été son engagement auprès des dirigeants culturels d’Afrique noire (rois, chefs, etc.). Quand les dirigeants politiques africains ont refusé de soutenir son projet de gouvernement africain, Kadhafi, aussi incroyable que cela puisse paraître, a pensé qu’il pouvait les contourner et travailler avec ces rois pour mettre ses projets à exécution. J’ai averti Kadhafi à Addis-Abeba que des mesures seraient prises contre tout roi ougandais qui se mêlerait de politique, car notre Constitution ne le permettait pas. J’ai proposé une motion à Addis-Abeba visant à supprimer des registres de l’UA toutes les références aux rois (dirigeants culturels) qui avaient fait des discours à notre tribune, parce qu’ils y avaient été invités illégalement par le colonel Kadhafi.

Il a ignoré la situation critique du Sud-Soudan

La quatrième grave erreur a été commise par la plupart des dirigeants arabes, dont, dans une certaine mesure, Kadhafi. Elle est en relation avec le peuple du Sud-Soudan, qui souffre depuis longtemps. Beaucoup des dirigeants arabes ont soit encouragé, soit ignoré les souffrances du peuple noir de ce pays. Cette injustice a de tout temps suscité des tensions et des frictions entre nous et les Arabes. Cependant, je dois rendre hommage à Kadhafi et au président Hosni Moubarak qui se sont déplacés à Khartoum juste avant le référendum au Soudan, déplacement au cours duquel ils ont conseillé au président Omar el-Béchir de respecter l’issue de cet exercice.

Terrorisme

Parfois, Kadhafi et d’autres radicaux du Moyen-Orient ne se distancient pas assez du terrorisme, même lorsqu’ils luttent pour une juste cause. Le terrorisme est le recours à une violence indiscriminée —sans distinction entre cibles civiles et militaires. Les radicaux du Moyen-Orient, qui sont assez différents des révolutionnaires d’Afrique noire, semblent penser que tous les moyens sont bons pour combattre ses ennemis. C’est pourquoi ils détournent des avions, assassinent, mettent des bombes dans des bars, etc. Pourquoi faire sauter des bars? Les gens y vont normalement pour s’amuser, pas dans un but politique.
Nous étions aux côtés des Arabes dans la lutte anticolonialiste. Les mouvements de libération d’Afrique noire se sont cependant développés différemment des mouvements arabes. Quand nous prenions les armes, nous combattions des soldats ou sabotions des infrastructures, mais ne visions jamais des civils. Ces méthodes non-sélectives ont tendance à isoler les luttes du Moyen-Orient et du monde arabe. Il serait bon que les radicaux de ces régions puissent rationaliser leurs méthodes de travail dans ce domaine de recours systématique à la violence.
Ce sont là les points négatifs en relation avec Kadhafi aux yeux des patriotes ougandais dans les années passées. Chacune de ces positions adoptées par Kadhafi a été malheureuse et inutile. Toutefois, Kadhafi a objectivement eu de nombreux côtés positifs. Et ceux-ci ont œuvré pour le bien de l’Afrique, de la Libye et du tiers monde. Je les aborderai point par point.

Kadhafi est un nationaliste

Kadhafi a mené une politique étrangère indépendante et, naturellement, des politiques intérieures également indépendantes. Je ne suis pas capable de comprendre la position des pays occidentaux, qui semblent ne pas apprécier les leaders à la mentalité indépendante et leur préférer des marionnettes. Les marionnettes ne sont bonnes pour aucun pays. La plupart des pays qui sont passés du tiers monde au monde développé depuis 1945 ont eu des dirigeants à l’esprit indépendant: la Corée du Sud (Park Chung-hee), Singapour (Lee Kuan Yew), la République populaire de Chine (Mao Zedong, Chou En-lai, Deng Xiaoping, le maréchal Yang Shangkun, Li Peng, Jiang Zemin, Hu Jintao), la Malaisie (le Dr Mahthir Mohamad), le Brésil (Luis Inacio Lula da Silva), l’Iran (les ayatollahs Khomeiny et Khamenei), etc. Entre les deux Guerres mondiales, l’Union soviétique s’est transformée en pays industriel, propulsé par le dictatorial mais indépendant Joseph Staline. En Afrique, nous avons aussi eu notre bonne part de dirigeants à l’esprit indépendant: le colonel Nasser en Égypte, Mwalimu Nyerere en Tanzanie, Samora Machel au Mozambique, et d’autres encore. C’est comme ça que l’Afrique du Sud a été libérée. C’est comme ça que nous nous sommes débarrassés d’Idi Amin Dada. L’arrêt du génocide au Rwanda et la déposition de Mobutu Sese Seko en République démocratique du Congo ont été le fruit des efforts de dirigeants africains à l’esprit indépendant.
Kadhafi, quelles que soient ses fautes, est un vrai nationaliste. Je préfère les nationalistes aux marionnettes obéissant aux intérêts étrangers. Où des marionnettes ont-elles transformé leur pays? J’ai besoin pour le savoir de l’aide de ceux qui s’y connaissent en manipulation.
En revanche, Kadhafi, avec son esprit indépendant, a fait des contributions positives en Libye, je pense, ainsi qu’en Afrique et au tiers monde. Prenez juste un exemple: à l’époque où nous combattions les dictatures criminelles ici en Ouganda, nous avons rencontré un problème dû à une complication causée par notre échec à nous emparer de suffisamment d’armes à Kabamba, le 6 février 1981. Kadhafi nous a fait parvenir un petit envoi de 96 fusils, 100 mines antichars, etc., qui s’est avéré très utile. Il n’a pas consulté Washington ou Moscou avant de le faire. Et c’était bon pour la Libye, pour l’Afrique et pour le Moyen-Orient. Nous devrions aussi mettre au compte de son indépendance d’esprit le fait qu’il a chassé les bases militaires britanniques et américaines de Libye.

Il a fait monter le prix du pétrole

Avant que Kadhafi n’arrive au pouvoir en 1969, un baril de pétrole coûtait 40 cents américains (0,28 euros). Il a lancé une campagne de rétention du pétrole arabe pour obliger l’Occident à payer davantage. Je crois que le prix est alors monté à 20 dollars (14,18 euros) le baril. Quand la guerre israélo-arabe de 1973 a éclaté, le baril de pétrole a atteint 40 dollars (28,36 euros). Je suis par conséquent assez surpris d’entendre que de nombreux producteurs de pétrole du monde, notamment les pays du Golfe, n’apprécient pas le rôle historique joué par Kadhafi dans ce domaine. L’immense fortune dont jouissent nombre de ces producteurs de pétrole est en partie due aux efforts de Kadhafi. Et un pétrole plus cher n’a pas empêché les pays occidentaux de continuer à se développer. Ce qui signifie par conséquent que la situation pétrolière pré-Kadhafi était caractérisée par une surexploitation des pays producteurs de pétrole par les nations occidentales.

Kadhafi a construit la Libye

Je n’ai jamais pris le temps de me pencher sur les conditions socio-économiques qui prévalent en Libye. La dernière fois que j’y suis allé, j’ai pu voir, même de l’avion, qu’il y avait de bonnes routes. À la télévision, on voit les rebelles accompagnés par des journalistes occidentaux aller et venir dans des pickups sur de très bonnes routes. Qui les a construites? Qui a construit les raffineries de pétrole à Brega, et ces autres structures où ont eu lieu les combats de ces derniers semaines? Est-ce que ces installations ont été construites à l’époque du roi et de ses alliés britanniques et américains, ou par Kadhafi?
En Tunisie et en Égypte, des jeunes se sont immolés parce qu’ils n’arrivaient pas à trouver de travail. Est-ce que les Libyens n’ont pas de travail non plus? Dans ce cas, pourquoi y a-t-il en Libye des centaines de milliers de travailleurs étrangers? La politique de la Libye de fournir tant d’emplois aux travailleurs du tiers monde est-elle répréhensible? Est-ce que tous les enfants vont à l’école en Libye? Était-ce le cas autrefois —avant Kadhafi? Le conflit en Libye est-il économique, ou purement politique? La Libye aurait sans doute davantage évolué si elle avait plus encouragé le secteur privé. Ceci dit, ce sont les Libyens qui sont les mieux placés pour en juger. Aujourd’hui, la Libye est un pays aux revenus moyens, avec un PIB de 62 milliards de dollars (43,9 milliards d’euros).

C’est un modéré

Kadhafi est l’un des rares dirigeants laïques du monde arabe. Il ne croit pas au fondamentalisme islamique, c’est pourquoi les femmes libyennes peuvent aller à l’école, intégrer l’armée, etc. C’est un point positif à mettre au compte de Kadhafi.

Pour en venir à la crise actuelle, par conséquent, je dois souligner quelques problèmes. 
Tout d’abord, il faut faire la distinction entre manifestation et insurrection. Les manifestations pacifiques ne doivent pas être réprimées avec des balles réelles. Naturellement, même les manifestations pacifiques doivent s’accorder avec la police pour s’assurer qu’elles n’entravent pas les droits des autres citoyens. Cependant, quand les émeutiers s’attaquent aux commissariats et aux baraquements de l’armée pour prendre le pouvoir, ce ne sont plus des manifestants; ce sont des insurgés. Et il faut les traiter comme tels. Un gouvernement responsable doit alors faire raisonnablement usage de la force pour les neutraliser.
Évidemment, le gouvernement responsable idéal devrait aussi être celui qui est élu par le peuple à intervalles réguliers. Si la légitimité d’un gouvernement soulève des doutes et que le peuple décide de lancer une insurrection, cela doit rester du ressort des forces internes. Ce ne sont pas à des forces extérieures de s’arroger ce rôle, elles n’ont souvent pas les connaissances nécessaires pour prendre les bonnes décisions.
Une implication extérieure excessive provoque toujours de terribles distorsions. En vertu de quoi des forces extérieures devraient-elles s’impliquer? C’est une motion de censure à l’égard du peuple lui-même. Une insurrection interne légitime, si c’est la stratégie choisie par les leaders de ce mouvement, peut réussir. Le shah d’Iran a été vaincu par une insurrection interne; la révolution russe de 1917 était une insurrection interne; la révolution à Zanzibar en 1964 était une insurrection interne; les changements en Ukraine, en Géorgie et ainsi de suite: des insurrections internes.
C’est aux leaders de la résistance d’un pays de décider de leur stratégie, et pas aux étrangers de sponsoriser des groupes d’insurgés dans des pays souverains. Je suis totalement allergique à toute ingérence étrangère, politique et militaire dans des pays souverains, surtout dans les pays d’Afrique. Si l’intervention étrangère était une bonne chose, alors les pays africains seraient les plus prospères du monde, car nous sommes ceux qui en ont reçu les plus grosses doses: le commerce des esclaves, le colonialisme, le néocolonialisme, l’impérialisme, etc. Mais tous ces phénomènes imposés par l’étranger ont été désastreux. L’Afrique n’a commencé que très récemment à s’en sortir, en partie parce que nous rejetons les ingérences étrangères.
L’ingérence étrangère et son acceptation par les Africains sont responsables de cette stagnation sur notre continent. La mauvaise définition des priorités dans beaucoup de pays africains est, dans de nombreux cas, imposée par des groupes extérieurs. Les échecs à établir des priorités en terme d’infrastructures, par exemple, tout particulièrement l’énergie, sont en partie dus à certaines de ces pressions. À la place, c’est la consommation qui est encouragée. J’ai été témoin de cette mauvaise définition des priorités même ici, en Ouganda. Les intérêts extérieurs s’allient, par exemple, avec de faux groupes internes pour s’opposer à des projets énergétiques pour de fausses raisons. Comment une économie peut-elle se développer sans énergie? Les collaborateurs et leurs soutiens étrangers ne s’en soucient pas.

Deuxièmement, si vous appuyez des insurrections soutenues par des étrangers dans de petits pays comme la Libye, que ferez-vous des grands pays comme la Chine, nation dont le système est différent de celui des pays occidentaux? Allez-vous imposer une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Chine en cas d’insurrection, comme il est arrivé place Tiananmen, au Tibet ou à Ürümqi?

Troisièmement, les pays occidentaux utilisent toujours deux poids, deux mesures. En Libye, ils étaient pressés d’imposer une zone d’exclusion aérienne. À Bahreïn et dans d’autres régions où les régimes sont pro-occidentaux, des conditions identiques ou plus dramatiques encore les laissent de marbre. Nous avons demandé aux Nations unies d’imposer une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Somalie —pour empêcher la libre circulation de terroristes liés à al-Qaida, qui a tué des Américains le 11 septembre 2001, des Ougandais en juillet dernier, et tant nui aux Somaliens— sans succès. Pourquoi? N’y a-t-il pas en Somalie des êtres humains au même titre qu’à Benghazi? Ou est-ce parce que la Somalie n’a pas de pétrole qui ne soit pas intégralement contrôlé par les compagnies pétrolières étrangères, contrairement à la Libye, grâce à la position nationaliste de Kadhafi?

Quatrièmement, les pays occidentaux sont toujours très prompts à commenter tous les problèmes du tiers monde —l’Égypte, la Tunisie, la Libye, etc. Et pourtant, certains d’entre eux ont entravé la croissance dans ces pays-là justement. En 1952, dans une Égypte peu évoluée, un coup d’État miliaire s’est lentement transformé en révolution. Le nouveau dirigeant, Nasser, ambitionnait de transformer l’Égypte. Il voulait construire un barrage non seulement pour générer de l’électricité, mais aussi pour améliorer l’ancien système d’irrigation égyptien. L’Occident lui a refusé de l’argent, car les occidentaux ne pensaient pas que les Égyptiens avaient besoin d’électricité. Nasser a alors décidé de lever des fonds en nationalisant le canal de Suez. Il a été attaqué par Israël, la France et la Grande-Bretagne. Il faut rendre justice aux États-Unis, et préciser que le président Eisenhower était alors opposé à cette agression. Naturellement il y avait aussi la ferme position de l’Union soviétique à l’époque. Quelle quantité d’électricité ce barrage était-il supposé produire? À peine 2.000 mégawatts —pour un pays comme l’Égypte! De quel droit moral de telles personnes commentent-elles donc les affaires de ces pays ?

Cinquièmement, l’habitude aujourd’hui bien enracinée des pays occidentaux d’abuser de leur supériorité technologique pour imposer la guerre aux sociétés moins développées, sans logique indéboulonnable, va déclencher une course à l’armement mondiale. Les actions des pays occidentaux en Irak et à présent en Libye font valoir que «la raison du plus fort est toujours la meilleure». Je suis convaincu que de nombreux pays qui en sont capables vont intensifier leur recherche militaire, et, dans quelques décennies, nous pourrions vivre dans un monde encore plus armé. La science de l’armement, ce n’est pas de la magie. Un petit pays comme Israël est aujourd’hui une superpuissance en terme de technologie militaire. Et pourtant, il y a 60 ans, Israël devait acheter des avions Fouga Magister d’occasion à la France. Plus d’un pays pourrait devenir un petit Israël si cette tendance de l’Occident à abuser des moyens militaires persistait.

Sixièmement, malgré tout cela, le colonel Kadhafi devrait être prêt à s’asseoir avec l’opposition, sous la médiation de l’UA, avec les groupes d’opposition qui incluent à présent des individus que nous connaissons bien. Je sais que Kadhafi a son système de comités élus qui se réunissent pour former le Congrès général du peuple. En réalité, Kadhafi estime qu’il est supérieur à notre système multipartite. Naturellement, je n’ai jamais eu le temps d’étudier tous ses avantages. Quoiqu’il en soit, même si ce système est avantageux, aujourd’hui, apparemment, le mode de gouvernement de leur pays pose un problème à un nombre significatif de Libyens. Étant donné qu’il n’y a pas eu en Libye d’élections soumises à une observation internationale, pas même par l’UA, nous sommes dans l’incapacité de dégager le vrai du faux. Par conséquent, la bonne méthode pour aller de l’avant, c’est le dialogue.

Septièmement, la mission de l’UA n’a pas pu entrer en Libye parce que les pays occidentaux ont commencé les bombardements la veille du jour où elle était censée arriver. Quoiqu’il en soit, la mission se poursuivra. À mon avis, outre ce qu’elle est en train d’accomplir, il pourrait être important de convoquer un sommet extraordinaire de l’UA à Addis-Abeba pour discuter de cette grave situation.

Huitièmement, en ce qui concerne l’opposition libyenne, moi je ne serais pas à l’aise si j’étais soutenu par des avions de guerre occidentaux. Les suppôts des intérêts étrangers n’ont jamais aidé l’Afrique. Nous en avons eu copieusement notre part au cours des 50 dernières années —Mobutu Sese Seko, Houphouët-Boigny, Kamuzu Banda, etc. Les occidentaux ont commis beaucoup d’erreurs en Afrique et au Moyen-Orient dans le passé. Outre le commerce d’esclaves et le colonialisme, ils ont participé au meurtre de Patrice Lumumba, qui fut jusqu’à une période récente le seul dirigeant élu de la République démocratique du Congo, à l’empoisonnement du leader politique camerounais Felix Moummie, et à l’assassinat du Premier ministre Bartholomew Boganda, de la République centrafricaine. L’Occident a soutenu l’Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola en Angola, Idi Amin Dada (au début de son régime) en Ouganda, et les contre-révolutionnaires en Iran en 1953. Récemment, il s’est produit une amélioration dans les attitudes arrogantes de certains de ces pays occidentaux. Certainement, les relations sont bonnes avec l’Afrique noire et tout particulièrement avec l’Ouganda depuis la position honnête qu’a adoptée l’Occident vis-à-vis des noirs du Sud-Soudan. Avec la démocratisation de l’Afrique du Sud et la liberté des noirs au Sud-Soudan, la différence entre les patriotes d’Ouganda et les gouvernements occidentaux a disparu. Malheureusement, les actes irréfléchis commis contre la Libye commencent à soulever de nouveaux problèmes. Il faut leur trouver rapidement une solution.

Neuvièmement, si les groupes d’opposition libyens sont des patriotes, ils doivent faire leur guerre tout seuls, et conduire leurs affaires tout seuls. Après tout, s’ils ont aisément réussi à s’emparer de tant d’équipements de l’armée libyenne, pourquoi auraient-ils besoin d’aide militaire étrangère? Moi, je n’avais que 27 fusils. Être des marionnettes, ce n’est pas bon.

Dixièmement, en ce qui concerne la communauté internationale, les membres africains du Conseil de sécurité ont voté pour cette résolution pour la Libye. Ce qui était contraire à ce qu’avait récemment décidé le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine à Addis-Abeba. C’est un problème que seul le sommet extraordinaire de l’UA peut résoudre. Il est positif que certains grands pays du Conseil de sécurité —la Russie, la Chine, le Brésil et l’Inde— se soient abstenus sur cette résolution. Cela montre qu’il y existe des forces équilibrées qui, avec davantage de consultation, évolueront vers des positions plus correctes.

Onzièmement, et pour finir, en tant que membres des Nations unies, nous sommes liés par la résolution votée, même si le processus a été précipité. Cependant, il existe un mécanisme de révision. Les pays occidentaux, spécialistes des actions précipitées, devraient envisager cette éventualité. Elle pourrait être un moyen de nous sortir tous de complications éventuellement dangereuses. Et si les Libyens fidèles à Kadhafi décidaient de continuer le combat? Utiliser des chars et des avions facilement abattus par les avions du président français Nicolas Sarkozy n’est pas l’unique moyen de se battre. Qui sera responsable d’une guerre aussi longue? Il est grand temps que nous réfléchissions avec davantage de prudence.

Yoweri Museveni, président de la République d’Ouganda
Traduit par Bérengère Viennot