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Chers lecteurs, merci de consulter notre blog. La Republique Democratique du Congo vient sortir d'une guerre de plus de 10 ans qui a fauché la vie à plus de cinq million des personnes; L'Ituri est l'un de ces coins du Congo qui a été le plus devasté par cette guerre; elle a perdu près d'un million des ses fils et filles et son image en est sortie terriblement ternie...Ce blog pose et tente de répondre à quelques questions sur cette tragedie: quelles sont les causes reelles des ces tueries, qui en sont les auteurs, que doit-ont faire pour eviter la répétition de cette tragedie? Nous vous proposons ici des articles des journaux,études fouillées et réflexions des éminents scientifiques sur le drame Iturien.

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mercredi 8 septembre 2010

MISE À JOUR DE LA LISTE DES PERSONNES ET ENTITÉS RD CONGOLAISES VISÉES PAR L’INTERDICTION DE VOYAGER ET LE GEL DES AVOIRS

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

LE COMITÉ DU CONSEIL DE SÉCURITÉ CONCERNANT LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO MET À JOUR LA LISTE DES PERSONNES ET ENTITÉS VISÉES PAR L’INTERDICTION DE VOYAGER ET LE GEL DES AVOIRS

Le 13 août 2010, le Comité du Conseil de sécurité créé par la résolution 1533 (2004) concernant la République démocratique du Congo a mis à jour la liste des personnes et entités visées par l’interdiction de voyager et le gel des avoirs imposés en vertu des dispositions des paragraphes 13 et 15 de la résolution 1596 (2005), telles que prorogées au paragraphe 3 de la résolution 1896 (2009).

La liste a été modifiée comme suit:

Pour Jérôme Kakwavu Bukande, dans la colonne « Passeport/éléments permettant l’identification », le texte suivant a été supprimé: « Basé à Kinshasa, il faisait toujours partie des FARDC en décembre 2008 »; et le texte suivant a été ajouté: « Arrêté et désormais détenu dans la prison centrale de Kinshasa depuis juin 2010. Des actions judiciaires ont été engagées contre lui et deux autres des cinq officiers supérieurs des FARDC »; dans la colonne « Désignation/justification », les textes suivants ont été ajoutés: « Selon le Bureau du Représentant spécial du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, responsable du recrutement et de l’utilisation d’enfants dans l’Ituri en 2002 »; et « L’un des cinq officiers supérieurs des FARDC qui avaient été accusés de crimes graves de violence sexuelle, dont les cas avaient été portés à l’attention du Gouvernement par le Conseil de sécurité au cours de sa visite en 2009 ».

Pour Germain Katanga, le texte suivant a été ajouté dans la colonne « Désignation/justification »: « Selon le Bureau du Représentant spécial du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, responsable du recrutement et de l’utilisation d’enfants dans l’Ituri de 2002 à 2003 ».

Pour Thomas Lubanga, le texte suivant a été ajouté dans la colonne « Désignation/justification »: « Selon le Bureau du Représentant spécial du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, responsable du recrutement et de l’utilisation d’enfants dans l’Ituri de 2002 à 2003 ».

Pour Khawa Panga Mandro, le texte suivant a été ajouté dans la colonne « Désignation/justification »: « Selon le Bureau du Représentant spécial du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, responsable du recrutement et de l’utilisation d’enfants dans l’Ituri de 2001 à 2002 ».

Pour Callixte Mbarushimana, le texte suivant a été ajouté dans la colonne « Désignation/justification »: « et chef adjoint du haut-commandement militaire des FDLR ».

Pour Sylvestre Mudacumura, les textes suivants ont été ajoutés dans la colonne « Passeport/éléments permettant l’identification »: « Général Mudacumura »; et « En novembre 2009, exerçait toujours les fonctions de commandant militaire des FDLR-FOCA »; les textes suivants ont été ajoutés dans la colonne « Désignation/justification »: « Mudacumura (ou son état-major) ont été en communication téléphonique avec Murwanashyaka, dirigeant des FDLR exilé en Allemagne, notamment au moment du massacre de Busurungi, en mai 2009, et avec le chef militaire major Guillaume pendant les opérations de Umoja Wetu et Kimia II, en 2009 »; et « Selon le Bureau du Représentant spécial du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, responsable de 27 cas de recrutement et d’utilisation d’enfants par ses troupes dans le Nord-Kivu de 2002 à 2007 ».

Pour Dr Ignace Murwanashyaka, les textes suivants ont été ajoutés dans la colonne « Passeport/éléments permettant l’identification »: « En novembre 2009, était encore considéré comme le Président de la branche politique des FDLR-FOCA et comme le chef suprême des forces armées des FDLR »; et « Arrêté le 17 novembre 2009 par la Police fédérale allemande sous l’inculpation d’avoir commis des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre en RDC et accusé par ailleurs d’avoir formé une organisation terroriste étrangère et d’y participer »; les textes suivants ont été ajoutés dans la colonne « Désignation/justification »: « Et chef suprême des forces armées des FLDR »; et « En communication téléphonique avec les chefs militaires des FDLR (notamment au moment du massacre de Busurungi de mai 2009); a donné des ordres militaires au haut-commandement; a pris part aux opérations de coordination en vue du transfert d’armes et de munitions à des unités des FDLR et a relayé des instructions très précises quant à leur utilisation; s’est occupé de grosses sommes d’argent obtenues grâce à la vente illégale de ressources naturelles provenant de zones sous contrôle des FDLR »; et « S’est rendu en Ouganda en 2006, en violation de l’interdiction de voyager »; et « Selon le Bureau du Représentant spécial du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, hiérarchiquement responsable, en tant que Président et chef militaire des FDLR, du recrutement et de l’utilisation d’enfants par les FDLR dans l’est du Congo ».

Pour Straton Musoni, les textes suivants ont été ajoutés dans la colonne « Passeport/éléments permettant l’identification »: « En novembre 2009, était encore considéré comme le premier Vice-Président de la branche politique des FDLR-FOCA et comme le chef du haut-commandement militaire des FDLR »; et « Arrêté le 17 novembre 2009 par la Police fédérale allemande sous l’inculpation d’avoir commis des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre en RDC et accusé par ailleurs d’avoir formé une organisation terroriste étrangère et d’y participer ».

Pour Mathieu, Chui Ngudjolo, le texte suivant a été ajouté dans la colonne « Désignation/justification »: « Selon le Bureau du Représentant spécial du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, responsable du recrutement et de l’utilisation d’enfants âgés de moins de 15 ans dans l’Ituri en 2006 ».



Pour Laurent Nkunda, dans la colonne « Passeport/éléments permettant l’identification », le texte suivant a été supprimé: « Réside à Tebero et Kitchanga, en territoire masisi »; et le texte suivant a été ajouté: « Arrêté sur le territoire rwandais en janvier 2009 et remplacé par la suite au commandement du CNDP dans le Nord-Kivu »; les textes suivants ont été ajoutés dans la colonne « Désignation/justification »: « Selon le Bureau du Représentant spécial du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, responsable de 264 cas de recrutement et d’utilisation d’enfants par ses troupes dans le Nord-Kivu de 2002 à 2009 »; et « En novembre 2009, en dépit de son arrestation au Rwanda, en janvier 2009, et de sa révocation au commandement du CNDP, continuait d’exercer un certain contrôle sur le CNDP et en particulier sur ses réseaux internationaux ».


Pour Stanislas Nzeyimana, dans la colonne « Passeport/éléments permettant l’identification », le texte suivant a été supprimé: « Grade: général de brigade »; et les textes suivants ont été ajoutés: « En novembre 2009, était considéré comme le général de division Stanislas Nzeyimana, commandant en second des FDLR »; et « Fréquents déplacements à Kigoma ».



Bosco (centre) et un ministre du gvt Congolais
Pour Bosco Taganda, les textes suivants ont été ajoutés dans la colonne « Passeport/éléments permettant l’identification »: « En novembre 2009, était le chef militaire de facto du CNDP, après l’arrestation du général Laurent Nkunda en janvier 2009. Ancien chef d’état-major du CNDP »; et « Depuis sa nomination comme chef militaire de facto du CNDP, a reçu pour instructions d’administrer l’intégration du CNDP dans les FARDC et s’est vu confier le poste de coordonnateur adjoint de l’opération Kimia II, malgré les démentis officiels des FARDC »; les textes suivants ont été ajoutés dans la colonne « Désignation/justification »: « Selon le Bureau du Représentant spécial du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, responsable du recrutement et de l’utilisation d’enfants dans l’Ituri, en 2002 et 2003; responsabilité directe ou hiérarchique engagée dans 155 cas de recrutement et d’utilisation d’enfants dans le Nord-Kivu de 2002 à 2009 »; et « En tant que chef d’état-major du CNDP, directement et hiérarchiquement responsable du massacre à Kiwanja (novembre 2008) ».



Pour Uganda Commercial Impex (UCI) LTD, le texte suivant a été ajouté dans la colonne « Passeport/éléments permettant l’identification »: « directeurs: M. J. V. Lodhia– connu sous le nom de “Chuni” – et son fils, M. Kunal Lodhia ».



La version la plus récente de la liste (datée du 13 août 2010) peut être consultée sur Internet à l’adresse suivante: http://www.un.org/french/sc/committees/1533/pdf/1533_listfr.pdf.



Le Comité continuera de faire des mises à jour régulières de la liste.



* *** *

mardi 7 septembre 2010

Le sort douloureux des Pygmées Bambutis

Si les conditions de vie sont difficiles dans le camp de déplacés de Mugunga, situé à la périphérie de la ville de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), la vie est encore plus dure pour les centaines de personnes issues de la communauté des Pygmées bambutis qui vivent autour du camp.
« On ne peut pas semer, ici », a expliqué Mupepa Muhindo, chef des Bambutis, en grattant la terre, recouverte de lave depuis l’éruption volcanique de 2002. « Ce n’est pas possible de cultiver la terre ».

Les Bambutis compteraient parmi les plus anciens habitants d’Afrique centrale. Pendant de nombreuses générations, cette ethnie nomade habitait la forêt et vivait de la terre, de la chasse et de la cueillette.

Pour Mupepa Muhindo, la vie a changé en 2004 lorsqu’il a fui, comme des millions d’autres habitants, pour échapper à la guerre qui sévissait dans l’est de la RDC. Si la vie était dure pour toutes les personnes déplacées, elle l’était d’autant plus pour les Bambutis, accablés par la violence et la discrimination quotidienne.

Selon un spécialiste international, ce peuple indigène de RDC est le plus marginalisé de tous les peuples marginalisés auprès desquels il a travaillé.

Le groupe a quitté le camp de Mugunga, dans la province congolaise du Nord-Kivu, à la suite de disputes avec d’autres résidents, qui ont fait un mort. Aujourd’hui, les Bambutis vivent avec peu, sinon pas, d’aide des organisations humanitaires. Ils n’ont ni l’électricité, ni l’eau courante ; et leurs abris de fortune aux toits de paille les protègent mal des pluies fréquentes.

« Bien que les Pygmées ne reçoivent pas de bâches en plastique, ni d’autres aides matérielles, le HCR [Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés], par l’intermédiaire de ses partenaires au sein d’ONU-Habitat et des autorités publiques du Nord-Kivu, plaide en faveur du développement de neuf hectares de terres, réservés pour eux par les autorités locales », a déclaré l’agence onusienne pour les réfugiés dans un courrier électronique envoyé en réponse aux questions d’IRIN.

Selon l’organisme, environ 300 familles bambuties vivent à Hewa Bora, un peuplement situé près du camp de Mugunga.

Manque de services

Hodi Nyiramajambere, une femme âgée, vivait non loin de là, dans le parc national des Virunga, un espace protégé qui abrite diverses espèces d’animaux rares et menacées, notamment des gorilles des montagnes. « Le gouvernement m’a forcée à quitter le parc ; il est donc responsable de ma vie », a-t-elle dit.

Le manque d’accès à des soins de santé, même élémentaires, est une question particulièrement préoccupante. « Les infirmières nous mettent à la porte », a dit Mme Nyiramajambere. « Elles ne nous donnent pas de médicaments, parce que nous n’avons pas d’argent. Nos enfants et nos bébés meurent ».

D’après Mark Lattimer, directeur exécutif du Minority Rights Group (MRG), un organisme londonien, la discrimination dont sont victimes les Pygmées remonte à plusieurs centaines d’années ; elle est profonde et solidement ancrée à tous les niveaux de la société congolaise.

« Un des plus gros problèmes, c’est qu’ils ont beaucoup de difficultés à bénéficier de services publics ou sociaux, quels qu’ils soient, en partie parce qu’ils n’en ont pas les moyens », a-t-il dit. « Ils se font systématiquement renvoyer. Les responsables ou toute personne ayant quelque autorité leur disent simplement “tu es un Pygmée, va-t-en” ».

En raison de ces attitudes, les parents déclarent rarement les naissances ; on ignore donc exactement combien sont les Pygmées, au total. Selon les estimations de M. Lattimer, ils seraient 30 000 au Nord-Kivu, et entre 200 000 et 500 000 dans l’ensemble du pays.

Les répercussions de la guerre

Bien qu’ils n’aient jamais pris les armes, les Bambutis ont été les victimes de presque tous les groupes armés. En effet, des violations graves des droits humains sont fréquemment commises à l’encontre des Pygmées ; ce fut en particulier le cas en 2004 dans la région de l’Ituri (nord-est) où le MRG a fait état d’une campagne de viols, de torture, de massacres et même de cas isolés de cannibalisme, commis par des soldats du Mouvement de libération du Congo (MLC), dirigé par Jean-Pierre Bemba, et du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD).

M. Bemba, ancien vice-président de la RDC, attend d’être jugé devant la Cour pénale internationale pour les crimes qu’il aurait commis en République centrafricaine.

A en croire le MRG, ces violences sont liées à des superstitions selon lesquelles les Pygmées auraient des pouvoirs surnaturels et avoir des rapports sexuels avec des femmes bambuties permettrait de guérir, une excuse fréquemment invoquée pour justifier les viols.

« Je doute que les auteurs de ces violences croient vraiment à cela », a dit M. Lattimer. « C’est juste un moyen de se justifier. Le vrai problème, c’est tout simplement l’impunité dont jouissent les individus qui s’en prennent, de quelque façon que ce soit, aux communautés pygmées, et la marginalisation totale de ces communautés au sein de la société congolaise ».

Peu de programmes visent à offrir une vie meilleure aux Pygmées, les organisations humanitaires locales et internationales s’intéressant à d’autres activités en RDC, bien que le MRG mène plusieurs programmes destinés à encourager les enfants à aller à l’école. Jusque 90 pour cent des Pygmées de RDC sont illettrés, selon M. Lattimer.

M. Muhindo a expliqué qu’il n’avait pas les moyens de payer les frais de scolarité de ses enfants, environ cinq dollars par mois, ni de leur acheter des uniformes. « Les enfants pygmées n’étudient pas », a-t-il dit. « Parce que nous ne recevons pas d’instruction, nous ne pouvons pas nous considérer comme des personnes comme les autres. Les Bantus ne nous considèrent pas comme des personnes comme les autres ».

Problèmes fonciers

D’après M. Lattimer, la question du manque de terres compromet également leur avenir ; il s’agit en effet d’un problème particulièrement grave pour les personnes déplacées qui, une fois rentrés chez elles, découvrent que les terres qu’elles occupaient depuis plusieurs années ont été vendues à des tiers.

« Les Bambutis sont effectivement des réfugiés dans leur propre pays, car ils n’ont pas de titres de propriété », a dit M. Lattimer. « Au Nord-Kivu, en particulier, les terres sont vraiment au cœur du développement. Ils vivent au même endroit depuis des générations, mais ils n’ont pas de morceau de papier stipulant qu’ils sont propriétaires de ces terres ».

ONU-Habitat s’efforce d’assurer que les Bambutis qui vivent près de Mugunga se voient délivrer des titres de propriété.

Certains se sont installés dans des villes telles que Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, pour y tenter leur chance. Michel Nganga Buruki Kisolobo y a ouvert un centre d’information – un bâtiment de bois vide où il a accroché au mur une guitare et une natte - à l’attention des personnes qui ont des difficultés à s’adapter à la vie citadine.

Michel Nganga, herboriste, parvient à gagner sa vie à Goma, mais d’autres Bambutis se heurtent souvent à des difficultés, dit-il, car la discrimination les suit, où qu’ils aillent. « Les Pygmées veulent trouver du travail, mais ce n’est pas facile », a-t-il dit.

M. Nganga s’inquiète également à l’idée que les Pygmées venus s’installer à Goma puissent oublier leur style de vie traditionnel. « Nos enfants doivent connaître les animaux qui vivent dans la brousse », a-t-il dit.

 Via afrik.com

Bunia: le leader du FPJC, Sharif Manda aux arrêts

Le coordonnateur du Front populaire pour la justice au Congo, Sharif Manda, a été arrêté, jeudi 2 septembre à Arua en Ouganda. La nouvelle de son arrestation a été confirmée, vendredi, par certains de ses proches à Kampala ainsi que des sources militaires des FARDC à Bunia, qui ont fait également état de l’extradition de ce chef milicien quelques heures après son arrestation.

Les proches collaborateurs de Sharif Manda, joints au téléphone à Kampala (Ouganda) par Radio Okapi, ont indiqué que leur leader a été arrêté jeudi pendant la journée par la police ougandaise du district d’Arua.

Son extradition sur le sol congolais a été effectuée, vendredi aux environs de 2 heures du matin (heures locales), à partir de Païdha en Ouganda vers le territoire congolais de Mahagi, selon les mêmes sources.

Sous couvert de l’anonymat, des sources militaires des FARDC à Bunia ont confirmé l’arrivée, le même vendredi avant-midi dans cette cité, de Sharif Manda, menotté, ajoutant que ce dernier est gardé au cachot de l’état-major local de la zone opérationnelle.

Le commandant des FARDC en Ituri, le Colonel Fal Sikabwe, qui n’a pas démenti cette information, s’est réservé strictement de tout commentaire.

Il voudrait que ça soit sa hiérarchie qui communique avec la presse là-dessus.

Sharif Manda était depuis deux ans accepté comme autorité morale de tous les regroupements des miliciens encore actifs en Ituri et qui ont convenus d’être identifiés au FPJC.

Son transfert vers Kinshasa pourrait intervenir au plutard samedi.

OKAPI

vendredi 3 septembre 2010

SYCOVI salue la décision de la Chambre Préliminaire I de la CPI du 16 août dernier tendant à interroger le Procureur de la CPI

La Synergie des ONG Congolaises pour les victimes ( SYCOVI), plate-forme regroupant une vingtaine d’ONG de la RDC œuvrant dans la promotion et la défense des droits des victimes, salue la décision de la Chambre Préliminaire I de la CPI du 16 août dernier tendant à interroger le Procureur sur l’absence des poursuites ouvertes à charge de Mr Jean Pierre BEMBA GOMBO sur les crimes que sa milice, le MLC, aurait commis en ITURI notamment à Mambasa dans l’opération « effacer le tableau ».
Pour la SYCOVI, la logique de cette décision repose sur le fait qu’il est superfétatoire que le Procureur utilise les éléments relatifs aux crimes en RDC pour asseoir le caractère criminel de Mr Jean Pierre BEMBA GOMBO ou de son mouvement armé pour les événements en République Centrafricaine sans pour autant engager des poursuites réelles en son encontre au grand dame des milliers des victimes congolaises.
La SYCOVI croit à la pertinence de cette démarche de la Chambre Préliminaire I qui vient solidifier la jurisprudence de la CPI relative à la participation des victimes à travers la présentation de leurs vues et préoccupations même à l’étape de l’enquête du Procureur.
Les victimes de MAMBASA, de BENI et bien d’autres qui se sont vues oubliées par la Cour Pénale Internationale à travers la restriction des enquêtes du Procureur en ITURI ont les yeux braqués sur l’issue de cette procédure qui pour elles, constitue un dernier espoir pour voir leurs cas être examinés par la Cour.
Un aboutissement heureux de la présente procédure viendra également raviver l’espoir des milliers des victimes congolaises de la LRA ( Armée de Resistance du Seigneur) qui espèrent un jour que leurs dossiers pourront être pris en compte dans les poursuites déjà engagées contre Joseph KONY et consorts dans la situation en Ouganda.
Fait à Kinshasa, le 25 août 2010
Pour la Coordination Nationale
Me Robert FALAY YUMA
Coordonnateur National

mercredi 1 septembre 2010

Les terres africaines achetées pour faire rouler les voitures occidentales

La Chine achète le Congo, l’Italie le Ghana, la Suisse le Sierra Leone... Les pays développés jouent au Monopoly avec l’Afrique. Dans un rapport publié ce lundi, «Afrique: terre(s) de toutes les convoitises», l’ONG Les Amis de la Terre s’inquiète de l’accaparement des terres africaines par les pays développés pour y produire des agrocarburants tels que le jatropha ou la canne à sucre.

Des milliers de paysans locaux expropriés

Selon le rapport, 4,5 millions d’hectares de terres africaines, soit la surface du Danemark, sont dans la ligne de mire des investisseurs étrangers. Si l’Union européenne maintient son objectif de 10% d’énergie renouvelable dans les transports d’ici à 2020, la surface achetée pour y cultiver des agrocarburants pourrait encore s’accroître.

En Tanzanie, un millier de petits riziculteurs ont été expulsés de leurs terres pour laisser la place à la canne à sucre. Au Mozambique plus de 183.000 hectares sont destinés au jatropha et au Congo, une entreprise italienne prévoit une plantation de palmiers à huile de 70.000 hectares.

«Nourrir les Africains et non alimenter les moteurs des véhicules européens»

Ces achats ou locations de terres posent de nombreux problèmes. En Tanzanie, à Madagascar et au Ghana, des protestations se sont élevées à la suite d’acquisitions de terres irrégulières. Les entreprises étrangères sont souvent peu scrupuleuses sur la légalité des titres de propriété présentés, et contournent régulièrement les législations sur l’environnement.

Mais, plus inquiétant, alors que les agrocarburants avaient déjà contribué à l’explosion des prix de l’alimentation en 2007-2008, ils menacent maintenant la subsistance des populations locales. Pour Mariann Bassey, coordinatrice de la campagne Alimentation et agriculture des Amis de la Terre Nigeria, «l’expansion des agrocarburants sur notre continent transforme les forêts et les zones naturelles en cultures énergétiques. Les terres destinées à l’agriculture vivrière sont prises aux populations locales. Nous exigeons de vrais investissements dans l’agriculture afin de pouvoir nourrir les Africains et non alimenter les moteurs de véhicules européens».
Les firmes européennes «s’abattent sur l’Afrique comme un nuage de criquets»
Et au final, réduit-on réellement les émissions de gaz à effet de serre? La déforestation pour laisser de la place aux terres arables, ainsi que l’utilisation massive d’eau et d’engrais pour cultiver le jatropha pourraient bien annuler les bénéfices environnementaux des agrocarburants.

Pour Christian Berdot, référent de la campagne Agrocarburants des Amis de la Terre France, «Il est révoltant de voir les firmes européennes s’abattre sur l’Afrique comme un nuage de criquets, confisquant des millions d’hectares à des communautés déjà démunies, dans le seul but de faire rouler des autos et des camions en Europe. Les agrocarburants sont une tragique illustration de la surconsommation européenne de ressources mondiales».

Pour Les Amis de la Terre, la solution passe par deux révolutions: une révolution agraire, pour réorienter les investissements vers la souveraineté alimentaire et assurer le droit des populations à une nourriture «adéquate, saine et produite localement», et une révolution énergétique, en réduisant la consommation d’énergie des transports et en investissant dans les transports publics et les déplacements à vélo.

Audrey Chauvet


LE SCANDALE DES AGROCARBURANTS DANS LES PAYS DU SUD - François Houtart

L’idée d’étendre la culture des agrocarburants dans le monde et particulièrement dans les continents du Sud est désastreuse. Elle s’inscrit dans une perspective globale de recherche de solution à la crise énergétique. De fait, dans les cinquante prochaines années, nous devrons changer de cycle, passant de l’énergie fossile se faisant de plus en plus rare à d’autres sources. Au lieu de réduire sérieusement la consommation et d’investir massivement dans de nouvelles technologies, notamment pour l’énergie solaire, il est, à court terme, plus facile d’utiliser ce qui est immédiatement rentable, c’est-à-dire les agrocarburants et cela d’autant plus que se développe une crise financière et économique réduisant les possibilités d’investissements et exigeant des profits rapides.

Comme toujours, dans un projet capitaliste, on ignore ce que les économistes appellent les externalités, c’est-à-dire ce qui n’entre pas dans le calcul du marché, en l’occurrence, les dommages écologiques et sociaux. Pour que l’agroénergie contribue à la solution de la crise énergétique, dans une mesure de 25 à 30% de la demande, il faudra utiliser des centaines de millions d’hectares de terres arables, en majeure partie dans le Sud, car le Nord n’en dispose pas suffisamment. Il faudra également, selon des estimations prudentes, expulser au moins 60 millions de paysans de leurs terres. Le prix de ces « externalités » non payés par le capital, mais bien par la communauté et par les individus, est donc effrayant.

Les agrocarburants sont produits, le plus souvent par des entreprises transnationales du Nord, sous forme de monocultures, détruisant la biodiversité et polluant les sols et l’eau. J’ai personnellement marché des kilomètres dans des plantations de palmes du Chocó en Colombie, où il n’y avait plus ni un oiseau, ni un papillon, ni un poisson dans les rivières, à cause de l’usage massif de produits chimiques comme fertilisants et pesticides. Face à la crise hydrique qui affecte la planète, l’utilisation de l’eau pour produire de l’éthanol ou de l’agrodiesel est irrationnelle. Ainsi, pour obtenir un litre d’éthanol à partir du maïs on utilise entre 1200 et 3400 litres d’eau et la canne à sucre en exige énormément aussi. La pollution des sols et de l’eau atteint des niveaux inédits, jusqu’à créer un phénomène de mer morte dans les estuaires des fleuves (20 Km² à l’embouchure du Mississipi, en grande partie à cause de l’extension de la monoculture de maïs pour l’éthanol). L’extension de ces cultures entraîne une destruction directe ou indirecte (par le déplacement d’autres activités agricoles et de l’élevage) des bois et des forêts qui sont des puits de carbone grâce à leur capacité d’absorption.

L’impact des agrocarburants sur la crise alimentaire a été prouvé. Non seulement leur production entra en conflit avec la production d’aliments dans un monde où selon la FAO, plus d’un milliard de personnes souffrent de la faim, mais il fut également un élément important de la spéculation sur la production alimentaire des années 2007 et 2008. Un rapport de la Banque mondiale affirme que 85% de l’augmentation des prix alimentaires qui précipita en deux ans plus de 100 millions de personnes en dessous de la ligne de pauvreté (ce qui signifie la faim) fut influencé par le développement de l’agroénergie. Pour cette raison, Jean Ziegler, lorsqu’il était le relateur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation, qualifia les agrocarburants de « crime contre l’humanité » et son successeur Olivier De Schutter, de l’UCL, a demandé un moratoire de 5 ans

L’extension de la monoculture pour remplir les réservoirs des véhicules signifie aussi l’expulsion de nombreux paysans de leurs terres. Dans de nombreux cas, cela se réalise par l’utilisation de la ruse ou de la violence. Dans des pays comme la Colombie et l’Indonésie, on fait appel aux forces armées, aux paramilitaires qui n’hésitent pas à massacrer les récalcitrants. Des milliers de communautés autochtones, en Amérique latine, en Afrique et en Asie, sont dépossédées de leur territoire traditionnel. Des dizaines de millions de paysans ont déjà été déplacés, en fonction du développement d’un mode productiviste de la production agricole et d’une reconcentration des terres. Le résultat en est l’augmentation de l’urbanisation sauvage et une pression migratoire à la fois interne et internationale.

Il faut également noter que les salaires des travailleurs sont très bas et les conditions de travail généralement infrahumaines à cause des exigences de productivité. La santé des travailleurs est aussi gravement affectée et dans plusieurs cas les familles souffrent de la contamination de l’eau et de l’air. Durant la session du Tribunal permanent des Peuples sur les entreprises multinationales européennes en Amérique latine, organisée à Lima en mai 2008, à l’occasion du Sommet européen-latino-américain, de nombreux cas ont été présentés de malformation des enfants, fruit de l’utilisation de produits chimiques dans la monoculture de la banane, du soja, de la canne à sucre ou des palmiers.

Dire que les agrocarburants sont une solution pour le climat est également de mode. Il est vrai que la combustion des moteurs émet moins de CO2 dans l’atmosphère, mais quand on considère le cycle complet de la production, de la transformation et de la distribution du produit, le bilan est beaucoup plus nuancé. Dans certains cas, il devient même négatif par rapport à l’énergie fossile.

Si les agrocarburants ne sont pas une solution pour le climat, s’ils ne le sont que de manière marginale pour pallier à la crise énergétique, avec les graves conséquences sociales et naturelles qui les caractérisent, on est en droit de se demander pourquoi ils rencontrent un tel succès. La raison en est qu’à court et moyen terme, ils contribuent à augmenter le taux de profit du capital de manière considérable et rapide. C’est pour cela que les entreprises multinationales du pétrole, de l’automobile, de la chimie et de l’agronégoce s’intéressent au secteur. Ils sont accompagnés par le capital financier (George Soros par exemple) et par les entrepreneurs et les propriétaires terriens locaux, héritiers de l’oligarchie rurale. La fonction principale de la l’agroénergie est en fait d’aider une partie du capital à sortir de la crise et à maintenir ou éventuellement accroître sa capacité d’accumulation. En effet, le processus agroénergétique se caractérise par une surexploitation du travail, l’ignorance des externalités, le transfert de fonds publics vers le privé, tout cela permettant des gains rapides, mais aussi une hégémonie des compagnies multinationales et une nouvelle forme de dépendance du Sud vis-à-vis du Nord , tout cela avec l’image de bienfaiteurs de l’humanité parce que produisant de « l’énergie verte ». Quant aux gouvernements du Sud, ils y voient une source de devises, utiles à maintenir, entr’autres, le niveau de consommation des classes privilégiées.

Or, la solution est de réduire la consommation d’énergie, surtout dans le Nord et d’investir dans de nouvelles technologies (solaire notamment). L’agroénergie n’est pas un mal en soi et elle peut être intéressante au niveau local, à condition de respecter la biodiversité, la qualité des sols et de l’eau, la souveraineté alimentaire et l’agriculture paysanne, c’est-à-dire tout le contraire de la logique du capital. En Equateur, le président Rafaël Correa a eu le courage de geler l’exploitation du pétrole dans la réserve naturelle du Yasuni. On peut espérer que les gouvernements de l’Amérique latine, de l’Afrique et de l’Asie feront preuve de la même fermeté en adoptant une attitude similaire face à l’escalade des agrocarburants. Résister au Nord, comme au Sud, à la pression des pouvoirs économiques est un problème politique et éthique. C’est donc un devoir de dénoncer le scandale que signifie la production des agrocarburants dans le Sud.

* Professeur émérite de l’Universite catholique de Louvain, fondateur du Centre tricontinental et auteur de l’ouvrage "L’Agroénergie – Solution pour le climat ou sortie de crise pour le capital ?", Charleroi, Couleur Livres, 2009.

De Thierry Pignolet

mardi 31 août 2010

La firme suédoise MII AB obtient un contrat d'exploitation de l'or en RDC

L'Office congolais des mines d'or de Kilomoto (OKIMO) a signé un contrat avec le groupe suédois Mineral Invest International (MII) AB pour des travaux d'exploration en vue de la certification des réserves aurifères et d'autres minéraux aux fins d'une exploitation industrielle dans la province Orientale, au nord-est de la République Démocratique du Congo (RDC), a appris lundi la PANA de source officielle.

Ce contrat, signé le week-end, et dont le montant et les termes extacts n'ont pas été révélés car couvrant d'importants travaux que MII AB s'est engagée à réaliser, allant de l'exploration à la découverte d'un gisement économiquement rentable et aboutissant à terme à la création d'une joint-venture, "permettra de rentabiliser les immenses réserves de l'OKIMO", a fait savoir le directeur général de l'Office, Willy Bafoa.

Le contrat prévoit également, selon un programme à élaborer en concertation avec l'OKIMO et le ministère congolais des Mines, des travaux de réhabilitation des infrastructures et des réalisations sociales en faveur des communautés locales, notamment la construction des écoles, des hôpitaux et autres centres de santé, la desserte en fournitures d'eau et d'électricité, selon des sources du ministère congolais des Mines contactées lundi par la PANA.

L'OKIMO, rappelle-t-on, est une société de l'état congolais créée en 1903 par le pouvoir colonial belge pour l'extraction de l'or dans la province Orientale, précisément en Ituri où elle dispose d'un vaste domaine minier de plus de 83 mille Km² qui regorge de plusieurs milliers de tonnes de minerais d'or, de platine, plomb, fer, zinc, etc.

Mais les nombreux conflits armés qui se sont déroulés dans cette partie de la RDC ont mis à genoux cette société et favorisé des exploitants artisanaux et autres sociétés privées, généralement d'origine occidentale. Pour reprendre ses exploitations, OKIMO qui s'est fixé l'objectif de la production industrielle à l'horizon 2013, conclut des joints-ventures, notamment le Moto Gold, avec Kibali Gold Mines pour l'exploitation de 700 tonnes de réserves, Anglo Gold Ashanti Kilo (AGK) avec le géant sud-africain Anglo Gold Ashanti, pour 100 tonnes de réserves et Mwana Africa pour exploiter 20 tonnes de réserves.
PANA

La lèpre sévit derrière les montagnes

La lèpre sévit derrière les montagnes en Ituri. Dans les district d'Aru (frontière ougandaise) et de Bunia, le nombre des cas à triple comparé avec la même période l'année passé.

Le semestre passé, 64 cas furent comptés par le médecin coordonnateur du programme national de lutte contre la lèpre en Ituri. À la période correspondante de l’année passée, seule une vingtaine de cas avait été répertoriée.
Victime de la lèpre

Les endroits humides dont la forêt, constituent le foyer pour le bacille responsable de la lèpre. Ceci explique le taux élevé de contamination, notamment à Mambassa dont l’environnement est essentiellement forestier.

Les pygmées ne sont pas en reste parmi les victimes. La promiscuité en milieu forestier facilite la transmission. «On découvre de plus en plus des cas de lèpre chez les malades pygmées», affirmit le médecin.

Mais la lèpre est une maladie récurrente chez les pygmées, comme le confirme le coordonnateur du programme national de lutte contre la lèpre: «Parmi les malades pygmées, la maladie existait mais comme on arrivait pas à la détecter, ils restaient avec leur lèpre.» Le médecin conclut qu’il reste beaucoup de choses à faire, notamment des formations pour lutter contre la lèpre.

La lèpre - une maladie traitable
Bien que non mortelle, la lèpre expose à des invalidités sévères et des handicaps permanents si elle n'est pas traitée à temps. Le traitement comporte plusieurs antibiotiques, afin d'éviter de sélectionner des souches résistantes du germe. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande depuis 1981 une polychimiothérapie (PCT) comprenant trois médicaments, car Mycobacterium leprae développe des résistances en cas de monothérapie

la dapsone (DDS)
la rifampicine (RMP)
enfin, la clofazimine (CLO)
Ces trois antibiotiques constituent le traitement de référence de l'OMS. Cette association médicamenteuse détruit l'agent pathogène et guérit le malade. La durée du traitement oscille entre 6 et 24 mois, selon la gravité de la maladie.

La lèpre en quelques chiffres
Selon l'Ordre de Malte, il y a plus de 700 nouveaux cas par jour; pas en Ituri, mais au monde.
2,5 millions de malades supplémentaires dépistés entre 2000 et 2005
249 007 mille nouveaux cas ont été dépistés (soit une baisse de 4 % comparé à 2007)

9$ = 6 mois de traitement pour guérir un enfant de la lèpre paucibacillaire
53$ = 1 an de traitement pour guérir un enfant de la lèpre multibacillaire
76$ = guérison d’un ulcère plantaire (soins, cicatrisation et chaussures adaptées)

Sources: Ordre de Malte, Okapi, FWM
Ilingi: Doktolo W. K. Jacyk via Itimbiri ya sika.

lundi 30 août 2010

Les pygmées de l'Ituri dans la tourmente

OTA BENGA

Ituri : les Pygmées contraints de quitter la forêt surexploitée

Les Pygmées de l'Ituri font aujourd'hui payent les frais de l'exploitation forestière de cette riche province du nord-est de la RD Congo. Contraints de quitter la forêt et de s'installer dans des camps, ils peinent à s'intégrer à ce nouvel environnement où seules de rares associations leur viennent en aide.
Sur la route qui relie le Nord-Kivu à la Province orientale de la RD Congo, des Pygmées vivent dans des camps. De plus en plus souvent, ces habitants de la forêt sont fermement invités à quitter leur cadre de vie habituel, pour s’établir sur cet axe routier et laisser ainsi la place aux exploitants de bois précieux ou aux plantations de cacao.
FEMME MBUTI

Selon le Père Antonio et le Père Piero Lombardo, deux prêtres catholiques, missionnaires dans la région depuis maintenant vingt ans, "le Congo est maintenant la cible mondiale de l’exploitation des minerais ou de la forêt. Une des zones de l’Afrique les plus intéressantes est la forêt de l’Ituri, où vivent les Pygmées". Souvent pour un salaire de misère, ces derniers sont contraints de se déplacer pour aller travailler dans des exploitations minières, sous la supervision d'encadreurs, comme le révèle Nyamanzi, du village Mataha qui estime que ses revenus ne lui permettent pas de vivre convenablement dans son nouvel environnement.

Comme un poisson hors de l'eau


Exploitants Bois

Hors de leur cadre de vie habituel, sans statut social, les Pygmées peinent à s'intégrer et à s'adapter au mode de vie des populations voisines. D'où certaines tensions et frictions. "Mes champs ont été saccagés plus d’une fois par des Pygmées à la recherche de nourriture. Il y a un peu plus d'un an, mon mari a eu une altercation avec un groupe qui récoltait sans gêne notre maïs", déclare Misisa, une cultivatrice Nande du village Biasiku. Pour se défendre, les Pygmées disent qu'ils n'ont pas le choix, s'ils veulent survivre dans ce cadre de vie qui leur est hostile. "Parfois, comme maigre salaire, nous recevons de nos encadreurs de l'alcool local", regrette Ameli, du village Matembu, sur l’axe routier Beni-Mambasa. Ce dont se défendent certains encadreurs, comme Kinyata, du village de Teturi, qui travaille pour l'organisation Bureau pour Pygmées.
Pour aider ce groupe ethnique sans l'aliéner, "il faudra arriver à faire côtoyer les deux cultures. Ce qui suppose maintenir les Pygmées dans leur milieu traditionnel", suggère Kalwahali Jean-Pierre, qui étudie leur mode de vie dans l'Ituri. "Franchement, demander brusquement à un Pygmée de vivre en dehors de la forêt naturelle qui l’entoure, c’est comme demander à un poisson de ne plus vivre dans l’eau", dit en écho Ameli.

Les aider dans leur environnement habituel
Famille des pygmées en ituri


Parmi les initiatives menées sur le terrain, les cours d'alphabétisation organisés par le père Antonio Mazzucato dans plusieurs villages. "Nous pouvons étudier entre nous sans complexe", souligne un Pygmée de Kadodo, qui explique dans un français hésitant qu’ils ont même un centre de menuiserie, de mécanique et de coupe et couture. Pour le père Antonio, qui soutient par ailleurs la mise en route de projets agricoles, "cela permet de les aider dans leur environnement habituel, pour un développement centré sur leur propre réalité et leurs propres potentialités. C'est ce que j'essaye de leur montrer progressivement, tout en m'intégrant à leur mode de vie".

Bois en attente d'exportation
D'autres organisations comme Kundi la mapendo et le Projet Pygmées Etabe, fournissent une aide dans le domaine de l'hygiène et de la santé, mais comme le souligne le père Antonio, il reste encore beaucoup à faire pour préserver les Pygmées de la surexploitation de la forêt de l'Ituri.

Syfiagrandlacs.

En Ituri, quelle est l'ethnie la plus minoritaire par rapport aux autres?

Etudes et recherches | Kinshasa

L'Ituri, une de cinq subdivisions de la grande et riche Province Orientale, est situé à l'extrême Nord-Est de la République Démocratique du Congo, sur le versant occidental du Lac Albert. Le District de l'Ituri s'étend sur une superficie de 65.658 Km2 et est plus vaste que chacun de ces pays: le Rwanda et le Burundi. Il représente 2,79% du territoire national et 13% de la superficie de la Province Orientale.
Après le dernier recensement scientifique de 1995 par l'Institut National des Statistiques, INS, sa population était évaluée à 1.748.256 habitants, composés de toutes les tribus de la République: les Pygmées, Bantous, Nilotiques et Soudanais. Le Taux d'Accroissement (TA) annuel est de 4,18% depuis 1995.
La population de l'Ituri vit principalement des revenus de l'or, café, quinquina, agriculture vivrière, pêche, chasse, élevage des bovidés,...

Administrativement, le District de l'Ituri est subdivisé en 5 Territoires, 45 Collectivités-Chefferies et Secteurs, 331 Groupements coutumiers et 4.084 Localités. Il y a 6 cités avec au total 21 quartiers.
Quinze ethnies et les Pygmées se partagent non sans problème la grande étendue du District.
Aujourd'hui des conflits inter-etniques ont éclaté en Ituri, principalement entre les Hema et les Lendu.
Les Hema sont-ils minoritaires et les Lendu majoritaires? C'est à cette question que la DECIDI veut répondre maintenant.
Comme nous l'avons souligné plus haut, le District de l'Ituri se compose de cinq Territoires habités par 15 groupes ethniques et la tribu Pygmée. Partant de la définition de ces mots tribu et ethnie, nous dirons ceci avant d'entrer dans le vif du sujet:
Tribu: groupement de familles de même origine, vivant dans la même région ou se déplaçant ensemble, et ayant une même organisation politique, les mêmes croyances religieuses et, le plus souvent, une même langue.
Ethnie: Groupement humain caractérisé principalement par une culture, une même langue.
Nous pouvons affirmer que, s'étant retrouvé dans trois de cinq Territoires de l'Ituri, et n'ayant pas en commun une langue, une localité ou un Groupement coutumier, les Pygmées n'ont pas été pris en considération d'une façon séparée lors du dernier recensement par l'INS en 1995.
Ainsi nous aurons par Territoire les regroupements suivants en 1995:
Territoire Ethnie Population et superficie
Aru: Kakwa, Kaliko-Omi, Ndo,
Lugwara 395.062 6.740 Km2
Djugu: Lendu (Bbale), Hema (Gegere), Nyali, Mbisa,
Ndo-Okebo, Bindi
Pygméé (Twa) 551.137 8.184 Km2
Mahagi:Alur, Lendu (Bbale) 422.919 5.221 Km2
Irumu: Bira, Nyali, Hema, Lesse, Lendu (Ngity),
Pygmée (Twa) , 295.107 8.730 Km2
Mambasa: Lesse, Bila, Mbo; Ndaka, Pygmée (Twa),
84.031 36.783 Km2.
Total: 1.748.256 habitants 65.658 Km2.
Par groupe ethnique cette population se présente comme suit:
Groupe ethnique Population
1) Alur 400.483 22,90
2) Lendu / Bbale et Ngity 346.294 19,80
3) Lugwara 238.582 13,64
4) Hema / Gegere 220.580 12,61
5) Bira 92.538 5,29
6) Kakwa 71.059 4,06
7) Ndo / Ndo-Okebo 49.938 2,85
8) Bila 40.647 2,31
9) Kaliko-Omi 39.242 2,24
10) Nyali 37.233 2,12
11) Lesse 31.444 1,79
12) Mbisa 25.446 1,45
13) Ndaka 13.891 0,74
14) Bindi 7.760 0,44
15) Mbo 5.414 0,30
Total population rurale: 1.620.551 92,70%
Cités: 127.705 7,30%

Ce classement numérique ne veut pas nécessairement dire que telle ethnie est majoritaire et l'autre est minoritaire en tout point de vue, car si on tient compte d'autres paramètres comme la religion, la politique, l'administration, l'école, etc. ces données peuvent changer.
A titre purement illustratif, les conflits inter-ethniques actuels en Ituri opposent Hema aux Lendu et de cela plusieurs groupes des milices se sont formés. Pour le moment les six milices sur terrain sont commandées par les personnes suivantes:
- UPC de Thomas Lubanga (Hema)
- FAPC de Jérome Kakwavu (Hema)
- FNI de Floribert Ndjabu (Lendu)
- FPDC de Unencan (Alur)
- PUSIC de Kahwa Mandro (Hema)
- FRTI de Ngudjolo (Hema).
NB : Nous pouvons nous tromper et ainsi demandons à ceux
qui détiennent des informations précises de nous
les communiquer.
Compte tenu de tout ceci, nous pensons au sein de la DECIDI que chaque fois qu'on devra parler des ethnies habitant l’Ituri, il faudra qu’on fasse attention et qu’on ne cite
pas tout de suite l'une ou l'autre ethnie comme étant minoritaire ou majoritaire.
Bha-Avira Mbiya Michel-Casimir
Coordinateur de la DECIDI.-


Pour plus d'info sur l'histoire des pygmées veuillez ouvrir ces liens :

1. Les Pygmées, vus de chez eux :  Leur re-découverte:http://www.unmondepygmee.com/xixe-1930--les-pygmees-vus-de-chez-eux---leur-redecouverte.php

2. http://www.google.com/imgres?imgurl=http://www.unmondepygmee.com/data/grandes-photos/col_chasseurs_pygmees_2.jpg&imgrefurl=http://www.unmondepygmee.com/xixe-1930--les-pygmees-vus-de-chez-eux---leur-redecouverte.php&usg=__-Ez8-M6wMKTh5yCYxEZUK1LM-w0=&h=600&w=388&sz=114&hl=fr&start=34&zoom=1&tbnid=8OBt_OScm7njOM:&tbnh=135&tbnw=87&prev=/images%3Fq%3Dpygmees%2Bin%2Bituri%26start%3D20%26um%3D1%26hl%3Dfr%26lr%3D%26newwindow%3D1%26safe%3Dactive%26sa%3DN%26tbs%Disch:1&um=1&itbs=1


3. http://www.google.com/imgres?imgurl=http://www.interet-general.info/IMG/RDC-Ituri-Pigmees-1.jpg&imgrefurl=http://www.interet-general.info/article.php3%3Fid_article%3D8326&usg=__xZGGWDBh_hl5zT2oS4My0uKl1B0=&h=281&w=398&sz=23&hl=fr&start=12&zoom=1&tbnid=uicljaXJpcKeoM:&tbnh=88&tbnw=124&prev=/images%3Fq%3Dpygmees%2Bin%2Bituri%26um%3D1%26hl%3Dfr%26lr%3D%26newwindow%3D1%26safe%3Dactive%26sa%3DN%26tbs%3Disch:1&um=1&itbs=1


4. http://su-asti-gil.over-blog.com/article-33113881.html


5. OTA BENGA: http://www.kinnks.com/blog/index.php/site/comments/life_of_ota_benga/




jeudi 26 août 2010

La gaffe du PPRD ( A kisangani, Ndlr)

Qu’est-ce qu’il y a eu à Kisangani ? Université ? Congrès ? Bateau ? La confusion part de ce flou terminologique que le parti dit « présidentiel » a entretenu à dessein.

Université, les travaux la réunion du PPRD dans la capitale de la province Orientale a été sélective. Des mécontents se comptent en nombre. Pendant ce temps, le mérite de ceux qui ont pris part à la session dite du cinquantenaire a été remis en cause par ceux qui n’ont pas été sélectionnés.
Congrès, la rencontre de la ville martyr a donné lieu à des suspicions dans le chef des organisateurs. Ils ont été accusés de discrimination par rapport aux ambitions du parti qui se réclame, pourtant, de tout le peuple congolais. Conséquence : les non invités ont vite crié à la tenue d’une messe noire destinée à un partage anticipé des postes en perspective des résultats de prochaines élections générales.

Bateau, la fête du PPRD à Kisangani a ressemblé à une embarcation à la dérive. A l’instar du célèbre Titanic. Que des discordances, des dissonances et des contestations ! Le tout assorti de menaces publiques et privées à l’endroit de ceux qui sont considérés à tort ou à raison comme des moutons noirs. Ce qui achoppe sur la dénomination d’Arche de Noé adoptée pour la circonstance.

A la question de savoir pourquoi il fait une telle analyse, mon voisin de gauche répond que les « universitaires-congressistes- archistes de Noé de Kisangani se sont trompés d’époque et de rivages. Normal pour des naufragés, en quête d’un point d’ancrage. Ce qu’ils n’ont pas osé dire tout haut c’est que la formule « AMP et Alliés » les a écrasés durant toute la législature finissante dont le mandat vient d’être prorogé d’office de deux ans par le calendrier publié par la défunte CEI en lieu et place de la CENI.

En proclamant d’office Joseph Kabila candidat unique du PPRD et de seul PPRD à la prochaine présidentielle, ils voulaient piéger leur « autorité morale ». A qui ils n’ont jamais pardonné d’avoir initié l’AMP, d’abord et, ensuite, d’avoir scellé des accords politiques avec le PALU et l’UDEMO, lesquels ont raflé des postes ministériels très importants à commencer par la Primature.

En allant à Kisangani, l’objectif des PPRDiens était de mijoter la récupération du beefsteak perdu. Egoïsme politique ou mauvaise approche ? Les deux. Primo, la tentative a échoué en 2006. Secundo, fort de cette expérience Joseph Kabila ne peut pas tomber dans leur piège. D’où, la gaffe du PPRD. Leur fronde aura fait flop.
(le potentiel)

jeudi 19 août 2010

La Société Civile de l'Ituri sollicite l'implication de Kabila pour faire cessez la politique-affairiste

Nous, population (toutes tendances confondues) de l'Ituri, réunie ce Mercredi, 28 Juillet 2010, sous l'égide du Bureau de coordination de la société civile forces vives, avons l'insigne honneur de vous transmettre nos sentiments d'indignation par rapport à l'évolution du dossier du Graben albertine. Rappel du contexte En Juillet 2007, son Excellence Monsieur le Ministre des Hydrocarbures LAMBERT MENDE a présenté à la population iturienne la compagnie pétrolière Tullow Oil avec laquelle le Gouvernement Congolais avait signé un contrat de partage de production en 2006. En 2008, ce contrat était remis en cause au profit du groupe pétrolier Divine Inspiration auquel avait été attribué le boc 1.
Constatant que les deux contrats renferment beaucoup d'irrégularités, la Société Civile de l'Ituri avait demandé au Président de la République de ne pas signer l'ordonnance d'approbation en faveur de la compagnie pétrolière Tullow Oil ainsi que le groupe pétrolière Divine Inspiration. Nous tenons ainsi à remercier le Président de la République pour avoir gelé ces deux contrats litigieux, sources de pétro phobie. Avant que le contentieux antérieur de Tullow Oil et Divine Inspiration ne soit complètement résolu, une nouvelle compagnie pétrolière réunit à arracher, dans un temps record, et le contrat de partage de production sur les Blocs 1 et 2, et l'ordonnance présidentielle d'approbation. Cet évènement renforce au sein de la population iturienne le sentiment de frustration qui l'habitait déjà depuis les années 2007.

L'attribution des Blocs 1 et 2 à la nouvelle compagnie pétrolière KAPRIKAT a été portée à la connaissance de la population iturienne par le 1er Vice-ministre du Gouvernement chargé de Poste, Transport et Télécommunication accompagné du Gouverneur de la Province Orientale, le 22 Juillet 2010, au cours d'une rencontre purement communicationnelle, qui a provoqué l'indignation de la Communauté sur la façon dont elle a été menée. Nos Inquiétudes Au regard du contexte décrit ci-dessus, la population iturienne tient à vous exprimer les principales inquiétudes suivantes en rapport au dossier du pétrole du graben albertine : - L'incident du contentieux des contrats Tullow Oil et Divine Inspiration sur la sécurité du District de l'Ituri où la paix est encore fragile. - Le manque d'une information sur des mesures d'atténuation des effets environnementaux sur la population riveraine et les ressources en eau et de pêche dans les différents contrats de partage de production conclu entre le Gouvernement Congolais et Kaprikat. - L'absence de consultation de la population iturienne pour les projets sociaux de développement communautaire. - Décroissance excessive des fonds alloués pour les actions sociales : 5.000.000 dollars par an dans le contrat Tullow Oil, 1.000.000 $ par an dans le Contrat Divine Inspiration et enfin, 250.000$ par an dans le CPP KAPRIKAT. - L'amenuisement de la part du Gouvernement dans le partage de Production : 15 % contre 85% dans les contrats Tullow, Divine et Kaprikat. - Les marchés conclus à vil prix mais revendus, par la suite à un prix exorbitant. - L'ambiguïté de l'identité des contractants.

Sans nous verser dans des questions politiques de grandes envergures autour de la problématique du pétrole du graben albertine dont les impacts vont directement affecter la population de l'Ituri, le bureau de coordination de la société civile forces vives de l'Ituri s'accroche fortement aux retombées socio-économiques et à la protection de l'environnement. Celles-ci sont garanties par le principe international relatif au Consentement Libre, Préalable et Eclairé des communautés locales, les principes de l'initiative pour la Transparence dans les Industries (ITIE) ainsi que la Constitution de notre Pays en ses articles 56, 57 et 58. Recommandations La population iturienne voudrait voir le pétrole du Graben albertine contribuer à la matérialisation efficace des cinq chantiers de la République plutôt que de devenir une source de conflits et de bradages des richesses nationales.


Ainsi, dans le cadre de la recherche des voies de sorties, nous formulons les principales recommandations suivantes : - Eclairer la lanterne de la population sur le devenir des contrats litigieux de Tullow Oil et Divine Inspiration. - Exiger l'étude d'impacts environnementaux de l'exploitation des Blocs 1 et 2 comme préalables au démarrage des travaux sur terrain. - Publier et disponibiliser le contrat de partage de production conclu entre le Gouvernement congolais et la compagnie Kaprikat. - Consulter au préalable la population iturienne avant d'entreprendre des projets sociaux au lieu de les imposer comme le fit en date du 22 Juillet 2010 par la délégation gouvernementale venue pour présenter Kaprikat (car, dit-on, ce que vous faites pour moi sans moi vous le faites contre moi) - Revoir à la hausse et de façon significative les fonds alloués pour les actions sociales en faveur des populations riveraines. - Augmenter au moins à 30% la part du Gouvernement dans le contrat de partage de production à conclure avec les compagnies pétrolières. - Exiger aux compagnies pétrolières et minières de payer au Gouvernement une proportion d'au moins 40% en cas de vente des actions. - Contracter avec des compagnies dont les capacités techniques et financières sont approuvées et mondialement reconnues au lieu de traiter avec des compagnies qui revendent leurs actions au tiers. - Accorder aux Entités Décentralisées l'opportunité d'avoir des actions à portage dans le contrat de partage de production à conclure. - Accorder une audience à la délégation de Société Civile de l'Ituri pour échanger sur la problématique de l'exploitation des ressources naturelles et plus précisément le pétrole.

Avec nos hommages les plus déférents, Ainsi fait à Bunia, le 29 Juillet 2010 Pour la Société Civile forces vives de l'Ituri,

mercredi 18 août 2010

La décision de la CEI d’organiser les élections présidentielles au-delà des délais constitutionnels de 90 jours selon l’article 73 de la constitution est un « coup d’Etat constitutionnel»

Lorsque l’on décrypte avec distanciation les signes des temps, l’on est bien obligé de constater que la décision de la CEI s’apparente à un coup d’Etat constitutionnel. Dès lors un double regard est possible pour en tirer les conséquences

1. La responsabilité de la CEI dans la violation de la constitution est engagée

Primo, à s’y méprendre, en effet, il y a lieu de penser à une tentative d’usurpation des pouvoirs constitutionnels du chef de l’Etat, du Parlement (présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale, d’un dixième des membres de chacune des chambres parlementaires), des gouverneurs des provinces et des présidents des assemblées provinciales, habilités à saisir la Cour constitutionnelle (la Cour suprême de justice) en matière de recours en interprétation de la Constitution.

De quoi s’agit-il sur le fond ? C’est qui en cause, à travers la décision de la CEI, c’est bel la question de l’interprétation de la Constitution sur l’opportunité ou non d’organiser les élections hors délais constitutionnels (au sens de l’article 73) avec la prolongation incidente du mandat présidentiel voire parlementaire, par une la loi circonstancielle.

Or, le droit sinon le devoir de la CEI eut été, après avoir obtenu des informations et des expertises fiables attestant l’impossibilité matérielle pour la CENI d’organiser les élections présidentielles dans les délais constitutionnels, de faire des propositions techniques aux institutions habilitées à cet effet, et non point de se substituer à elles en les plaçant devant un fait accompli : un calendrier électoral hors délais constitutionnels à prendre ou à laisser.
Secundo, en créant de toutes pièces un vide juridique soit par incompétence, soit par irresponsabilité de la CEI agissant seule ou avec la complicité d’autres institutions de la République, il y a risque de provoquer une crise politique aux conséquences redoutables pour un pays post-conflit, portant encore les stigmates des guerres à répétition, justifiées ou non par la conquête du pouvoir d’Etat et les ressources correspondantes.

Dans cette optique, le fait pour une institution transitoire de prendre délibérément une décision anticonstitutionnelle : « Le scrutin pour l’élection du président de la République est convoquée par la CENI, 90 jours avant l’expiration du mandat du président en exercice » (article 73), quitte à demander aux Congolais éventuellement mécontents de s’adresser à la Cour suprême de justice, pour la contester, selon les propos de son président, est une insulte à la nation et au bon sens. Outre le constat selon lequel la CEI est mieux placée pour savoir qu’aucune institution de la République n’a le droit de violer la Constitution, la référence à l’article 55 de la Loi organique créant la CENI, n’est qu’un pis aller. Selon la coutume dans toutes les sociétés civilisées, une institution chargée de gérer les affaires courantes, ne peut en aucun cas, prendre une décision dépassant le cadre de ses compétences.

Tertio, quels que soient les prétextes, la CEI est en pleine illégalité depuis bien longtemps. D’une part, parce qu’elle a déjà été dissoute de plein droit en tant qu’institution d’appui à la démocratie, selon l’article 222 de la constitution. Elle aurait dû tirer sa révérence après un devoir accompli; d’autre part, elle n’a pas rempli le contrat d’organiser les élections locales dans les délais constitutionnels, pour prétendre, toute honte bue, justifier la prolongation illégale de son mandat par la Cour suprême de justice.

2. La décision de la CEI risque de porter atteinte à la crédibilité de la parole du chef de l’Etat


Circonstances aggravantes, cette décision anticonstitutionnelle est annoncée par la CEI, au moment où le chef de l’Etat est sorti du bois, à son corps défendant, pour rassurer l’opinion nationale et internationale inquiète du retard pris par les préparatifs des élections et dissiper les malentendus.

Puisque la démocratie, fut-elle balbutiante et chaotique, fonctionne sur le principe de bonne foi, il est plausible de penser que le Président de la République n’est pas derrière cette cabale anticonstitutionnelle pour trois raisons au moins : -

Primo, pour créer les conditions de la victoire qu’on lui prédit, il a tout intérêt à consolider la paix à l’intérieur et à l’extérieur des frontières nationales, et éviter tant s’en faut une crise constitutionnelle voire politique dont on connait le début et jamais la fin. Alors, pourquoi prendrait-il le risque de se tirer une balle dans le pied ? La promulgation de la loi organique créant la CENI le 28 juillet 2010, accréditerait pareille thèse dont la conséquence logique serait de mettre fin à l’agonie de la CEI. Dans cette hypothèse, la décision anticonstitutionnelle de la CEI serait-elle l’expression de la panique à bord confirmant l’instinct de survie ? S’agit-il d’autre chose ? Rien n’est moins sûr !

Secundo, le 30 juillet 2010, le président de la République a présidé l’Interinstitutionnelle et réaffirmé avec solennité que « les élections se tiendront dans les délais constitutionnels ». Et ce, dans le respect de sa charge constitutionnelle prévue à l’article 69, selon laquelle « Le président de la République veille au respect de la constitution ».

Tertio, quelques mois plus tôt, il a accepté la transformation de la MONUC en MONUSCO par le Conseil de sécurité, avec une clause stipulant que la « MONUSCO pourrait à la demande expresse des autorités congolaises et dans les limites de ses capacités et de ses ressources, assister les autorités dans le prochain processus électoral, notamment en apportant un soutien technique et logistique à l’organisation des élections nationales et locales ».

A la lumière de ces signes des temps, le président de la République serait la première victime de la cabale anticonstitutionnelle de la CEI : il n’a rien à gagner mais il a tout à perdre face à l’opinion nationale et internationale.

L’opposition aphone et déboussolée pourrait-elle mettre à profit ce coup du sort pour se requinquer ? Nul ne sait ! Cependant, le moins que l’on puisse dire est qu’elle a raison sur le fond de donner de la voix contre la violation de la Constitution, considérée par tous les Congolais de l’intérieur et de la diaspora comme une menace grave à l’intégrité territoriale de la RDC, face aux agendas cachés de balkanisation.

L’intérêt bien compris de la majorité présidentielle sinon son devoir sacré serait également de s’opposer à toute tentative de violation de la constitution, si elle tient d’une part à réaffirmer son adhésion aux valeurs démocratiques et républicaines d’une part ; ne pas ruiner le capital de confiance de son champion, avant même que la bataille n’ait commencée d’autre part.

Ainsi, désavouer la décision anticonstitutionnelle de la CEI, c’est accomplir un devoir sacré en faveur du Congo et de tous les Congolais, en maximisant les opportunités et en minimisation les vulnérabilités.

Professeur Mwayila Tshiyembe

Pétrole de l’Ituri: des attentats contre des personnalités politiques

Dr Adirodu Mawazo, député élu de l’Ituri, et le médecin-chef de zone de Gety, sont agressés par des éléments armés, identifiés comme des éléments FARDC, et policiers et de la Police Nationale Congolaise. Dr Adirodu Mawazo, député membre de lu Rassemblement Congolais pour la Démocratie, Mouvement de Libération, RCD/KML, a été atteint par quatre balles, mais sa vie n’est pas en danger.



C’est grâce à une intervention personnelle de M. Charles Mwando Nsimba, ministre de la Défense nationale et des anciens combattants, que ce député national a été évacué de Bunia à Kinshasa, où il suit des soins à la Clinique Ngaliema. Cet incident est survenu à la suite de la conférence publique, qui s’est tenue à Bunia sur le «contrat de partage de production entre la République Démocratique du Congo et «Caprikat Ltd» et «Foxwhelp Ltd», intervenu le 5 mai 2010 sur les blocs I et II du Graben Albertine».

Il se révèle que la procédure d’octroi «des blocs pétroliers est définie dans l’ordonnance-loi n°081-013 du 2 avril 1981, portant législation générale sur les mines et les hydrocarbures. En ce qui concerne les partenaires susvisés, rien de la procédure n’a été suivi: ni la signature d’un Mou, ni la visite d’évaluation des capacités techniques et financières, ni la présentation desdites données techniques recueillies et encore moins les négociations organisées avec les ministères concernés dans l’expo-production pétrolière qu’attesteraient les procès-verbaux ad hoc». Mais seulement, il se pose plusieurs interrogations sur l’identité des partenaires et du siège social: «L’identité des acteurs apparents du CPP –contrat de partage de la production- ne jouissent que du prestige politique du président sud-africain Jacob Zuma. Les sièges sociaux de ces deux sociétés sont identiques, situés à Akarabuilding 24 de Castro Street, Wickhams cay 1, PO Box 3136, Road Town, Torrola, Iles Vierges Britanniques. Les Iles Vierges Britanniques sont par-dessus le marché réputées mondialement comme un «paradis fiscal», et par conséquent, sans aucune garantie de transparence financière et encore moins de l’identité de véritables propriétaires».

L’affaire se complique, quand des observateurs remontent la trajectoire de ce dossier: «Comme par hasard, Highwind Properties Ltd, qui s’est vu octroyer le droit d’exploiter les rejets de Kingamyambo et Musoni à Kolwezi dans la Katanga en janvier 2010 contre la société canadienne Quantum Minerals présente, avec les pétroliers précités, un rapprochement identitaire opératoire mystérieux d’abord, pour leur enregistrement aux Iles Vierges Britanniques et ensuite, le paiement de bonus par Me Palankoy à partir de la banque «BIC» où Monsieur Dan Getler, marchand de diamants est actionnaire». La conférence sur le contrat de partage de production a abouti à quelques recommandations: «En dépit des images balancées à Kinshasa lors de la présentation des cadres de Caprikat Ltd et de Foxwhelp Ltd à Bunia pour feindre une adhésion populaire inconditionnelle à la base, le jeudi 2010, la population de l’Ituri qui se trouve, à une période charnière pré-électorale refuse à toute personne ou groupe d’individus, quel que soit leur rang ou nationalité, de se servir de la fonction constitutionnelle du président de le République et chef de l’Etat comme «garant de la nation» pour marcher impunément sur les intérêts vitaux nationaux en général et de l’Ituri en particulier».

En réalité, les ressortissants de l’Ituri ne visent que le président de la République pour rasséréner les esprits: «Que le président de la République rassure juridiquement et politiquement tout le monde, investisseurs compris; que le président de la République s’assume face à toutes les irrégularités sus-évoquées et en tire toutes les conséquences; que le gouvernement privilégie l’intérêt général que celui des individus politico-affairistes de tout bord dans la gestion des ressources naturelles».


Implication des instances judiciaires

Dr Adirodu Mawazo a porté plainte à charge du commandement des opérations de «GMI» et de «PM» auprès de l’auditeur militaire de garnison de l’Ituri à Bunia. Dans les détails, le député écrit: «En effet, ces quatre balles m’ont atteint successivement à la cuisse droite, à l’avant-bras droit, à la jambe gauche et à la tête alors que nous étions, moi et le médecin chef de zone de santé rurale de Gety sur une même moto, dos tournés aux deux éléments armés qui, après m’avoir identifié, m’ont demandé de retourner par une brève explication avant que l’un d’eux ne crie brutalement de me sauver rapidement ».

Question: «Comment le changement directionnel des tirs de sommation contre les prisonniers qui n’ont pas quitté l’enclos, pour se retrouver avec moi sur la route, expliquerait-il sur le plan physique de la balistique mes atteintes successives dans un champ des tirs paradoxalement croisés ? La survenue de l’attaque dont j’ai été la cible serait-elle un cours malheureux de circonstances ou de l’exécution d’une intention criminelle durablement enracinée contre ma personne, dans un espace traditionnel de vie étant donné que, cette répétition s’est exécutée de mode opératoire identique à celle du 22 août 2002 à Bunia». Avant l’attaque contre Dr Adirodu, M. Dz’bo Kalogi, ancien ministre sous le régime Mobutu, a été agressé à domicile par des hommes en armes. Et, en ce moment, une vive tension oppose M. Autsaï Asenga, gouverneur de la Province Orientale, au sénateur Rcd/Kml Tibasima.

D. Baïta/Le climent tempéré

vendredi 6 août 2010

Guerre de leadership en Ituri:le gouverneur Autsaï et le sénateur Tibasima sur pied de guerre

Des sources à Bunia signalent que M. John Tibasima, sénateur RCD/KML –Rassemblement Congolais pour la Démocratie/Kisangani-Mouvement de Libération-, s’est adressé à la presse pour dénoncer le danger qui le guettait. 30 juillet 2010: John Tibasima dénonce les autorités de la Province Orientale qui l’auraient accusé d’organiser «des groupes résiduels en Itruri et d’avoir fait voyager un officier de Kinshasa pour l’Ituri via Kisangani. Accusations que lui, Tibasima, trouve très graves et à même de mettre sa vie en danger. Par ailleurs, John Tibasima s'est dit surpris de constater qu’Autsaï le cible comme adversaire politique pour la direction de la future province de l'Ituri, alors que le poste n'est pas encore ouvert, le gouvernement n'étant pas encore disposé à autoriser le fonctionnement des nouvelles provinces prévues dans la constitution». John Tibasima rappelle à qui veut bien l’entendre que le gouverneur Médard Autsaï Asenga avait bénéficié de son appui pendant la campagne pour l’élection du gouverneur de la Province Orientale. D’après une correspondance de Dramule Ezua basé à Bunia, «c'est lui, Tibasima Mbogemu, qui a appuyé financièrement la campagne de l'actuel gouverneur de la Province Orientale à Kisangani pour qu'il accède aux fonctions qu'il assume à ces jours. Pour l'opinion, c'était exceptionnel de voir un John Tibasima, discret de nature, prendre une telle initiative pour crier « au loup ». « C’est qu'il y a vraiment un problème sérieux entre ces deux personnalités politiques», commente-t-on.

Sen. John Tibasima
Le sénateur John Tibasima a déclaré au cours d’un point de presse, vendredi 30 juillet à Bunia en Province Orientale, que sa vie est en danger. Il accuse les autorités provinciales, qui rejettent ses accusations.

John Tibasima a accusé certains animateurs du gouvernement de la Province Orientale d’entretenir de fausses accusations et de calomnies en son égard au niveau du sommet de l’Etat.

Il a ajouté que sa vie est en danger suite à ces calomnies:

«On dit que c’est moi, Tibasima, qui organise les groupes résiduels en Ituri. Un officier qui a quitté Kinshasa serait passé par Kisangani, on dit que c’est Tibasima qui l’a amené de Kinshasa. Mais, c’est très grave ! Et ces autorités qui nous accusent faussement, mettent en danger notre vie.

J’ai voulu informer l’opinion publique sur ces calomnies mettant inutilement notre vie en danger. Je suis un homme de paix.»

Le gouverneur de la Province Orientale, Médard Atsaï, a qualifié toutes ces accusations de sans fondement et difficiles d’être prouvées par le sénateur.

Il a déclaré:

«Je n’ai jamais demandé aux services de l’ANR (NDLR: Agence nationale des renseignements) ni à ceux de la DGM (NDLR: Direction générale des migrations) de l’Ituri de rédiger de faux rapports contre mon frère Tibasima.»

Le sénateur John Tibasima a organisé son adresse à la presse devant une assistance d’environ 50 personnes, dont les éleveurs, les enseignants et quelques étudiants.
Gouverneur Autsai

Les déclarations de "Tibasima" ont été balayées par Autsaï Asenga. «Le gouverneur de la Province Orientale les a qualifiées de sans fondements et difficiles à prouver. Le numéro un de la Province Orientale ne se rappelle pas avoir ordonné aux services spéciaux de dresser des faux rapports à l’encontre de John Tibasima. Et pourtant, les deux sont les habitués des allées des services secrets congolais. L'entourage d’Autsai Asenga ne s'empêche pas de vanter à son tour l’apport de ce dernier dans l'élection de John Tibasima comme sénateur». Il s’ensuit une certaine cacophonie au niveau des cercles politiques de l’Ituri, très préoccupés par la signature des contrats miniers dans ce district et, surtout, les accords conclus dernièrement par le gouvernement central avec des groupes privés autour du pétrole du Lac Albert. Ce dossier serait le déclencheur des crises entre les personnalités politiques de l’Ituri: «Voilà que le pétrole vient d’entrer dans la danse : un produit stratégique et souvent source des malheurs pour les populations africaines. A chaque fois qu’un gisement a été découvert, la guerre s’en est suivie. Le dossier du pétrole en Ituri peut dégénérer à tout moment pour deux raisons essentielles : l’opacité dans l’octroi des permis d’exploitation du côté congolais, en plus du fait que le gisement est à cheval entre l’Ouganda et la RDC et exploité par compagnies différentes. L’on se rappellera que la RDC a signé des contrats, depuis Kabila père, avec plusieurs firmes (Heritage Oil, Tullow Oil, Divine Inspiration, Caprikat et Foxwhelp) et des commissions ont été versées aux autorités congolaises sans que les activités ne puissent démarrer», faisaient observer des analystes.



Passé nébuleux

Des observateurs ne comprennent pas ce différend Autsaï-Tibasima. Car, les deux personnalités sont des anciens zélés du Mouvement Populaire de la Révolution, MPR-Parti-Etat. Et, de l’avis des Ituriens, Autsaï et Tibasima étaient des fervents partisans du monopartisme. Avec les bouleversements politiques, ils concourent actuellement pour le leadership de la future province de l’Ituri. Voici la description qui est faite de lui de Bunia: «Il nous revient que les deux acteurs politiques sont engagés dans une lutte de positionnement comme leaders de l’Ituri. John Tibasima est un intellectuel confirmé, un homme plein de tact, un fin diplomate. C’est l’un des rares Ituriens qui recouraient aux services de non originaires et de gens d’autres tribus de l’Ituri pour peu qu’ils ne fassent pas ombrage à sa personnalité. Son background est connu. Mais l’homme est taxé d’être peu porté à l’assistance des autres, à la promotion de la jeunesse, bref quelqu’un sur qui on ne peut jamais compter. Les Ituriens lui reprochent son indifférence pendant les événements malheureux de conflits inter ethniques. Pire, l’affaire des maisons sociales inachevées à Bunia l’a enfoncé davantage. Les Ituriens ne s’imaginent pas qu’un des leurs se soit permis de priver son terroir d’un aussi grand projet. L’on s’interroge sur la destination de la radio qu’il avait promise au peuple».

Face à John Tibasima, Autsaï Asenga se présente aujourd’hui comme un leader non seulement du district de l’Ituri, mais surtout de la Province Orientale. C’est, en fait, lui, qui se répand en libéralités pour gaver les membres de la majorité au pouvoir. Il semble qu’il met ses talents d’ancien propagandiste du MPR-Parti Etat pour s’imposer dans son entité. Voici le portrait que l’on dresse de lui à Bunia: «Autsaï Asenga est un autodidacte qui a su capitaliser certaines opportunités pour se positionner politiquement. Grand mobilisateur et propagandiste, il sait s’attirer les faveurs des chefs et de leur entourage. Son passage à la tête de la Province Orientale lui a permis de pistonner quelques fils de l’Ituri, toutes tendances politiques et tribales confondues. Ce qui lui a attiré une sympathie certaine de la population de l’Ituri. On lui reproche cependant de s’être copieusement enrichi pendant le peu de temps qu’il vient de mettre à la tête de la province. Ce qui est une coutume chez toutes les autorités congolaises. Cette guéguerre n’est pas fortuite en ce moment précis. Ces deux responsables sont membres de l’AMP qui se prépare pour les prochaines élections générales de 2011. L’on sait que l’autorité morale de l’AMP est en train de sélectionner des têtes d’affiche qui feront campagne au moment opportun, une affaire à gros sous en vue. Au regard de ceci, il faudra s’attendre à une guerre de tranchée entre les deux protagonistes de l’Ituri. Il n’est pas exclu que chacun d’entre eux utilise sa fortune pour s’attirer la sympathie des membres dans l’entourage du Chef afin d’être pointé comme meneur de campagne en Ituri». Il est évident que les richesses de l’Ituri opposent les deux protagonistes, dont les actions n’ont pas un impact considérable sur les populations locales. Là où les deux visent leurs intérêts particuliers/privés, les Ituriens s’attendent à une autre guerre; celle de l’amélioration de leurs conditions d’existence, au travers de l’exploitation de leurs ressources naturelles.

D. Baïta
Le Climat Tempéré




Okapi/Bunia: le sénateur John Tibasima se dit en danger

Le sénateur John Tibasima a déclaré au cours d’un point de presse, vendredi 30 juillet à Bunia en Province Orientale, que sa vie est en danger. Il accuse les autorités provinciales, qui rejettent ses accusations.

John Tibasima a accusé certains animateurs du gouvernement de la Province Orientale d’entretenir de fausses accusations et de calomnies en son égard au niveau du sommet de l’Etat.

Il a ajouté que sa vie est en danger suite à ces calomnies:

«On dit que c’est moi, Tibasima, qui organise les groupes résiduels en Ituri. Un officier qui a quitté Kinshasa serait passé par Kisangani, on dit que c’est Tibasima qui l’a amené de Kinshasa. Mais, c’est très grave ! Et ces autorités qui nous accusent faussement, mettent en danger notre vie.

J’ai voulu informer l’opinion publique sur ces calomnies mettant inutilement notre vie en danger. Je suis un homme de paix.»

Le gouverneur de la Province Orientale, Médard Atsaï, a qualifié toutes ces accusations de sans fondement et difficiles d’être prouvées par le sénateur.

Il a déclaré:

«Je n’ai jamais demandé aux services de l’ANR (NDLR: Agence nationale des renseignements) ni à ceux de la DGM (NDLR: Direction générale des migrations) de l’Ituri de rédiger de faux rapports contre mon frère Tibasima.»

Le sénateur John Tibasima a organisé son adresse à la presse devant une assistance d’environ 50 personnes, dont les éleveurs, les enseignants et quelques étudiants.

jeudi 5 août 2010

Afrique : une terre de promesses pour les « minimajors »

Des petites compagnies pétrolières profitent de la hausse des cours pour tenter leur chance dans les zones négligées par les géants du secteur, pour le plus grand bien des pays africains concernés.

Il est la septième personnalité - et la seule étrangère - à avoir été nommé officier dans l'ordre du Mérite national de la Mauritanie. Cette décoration lui a été remise en 2006 par le ministre de l'Energie et du Pétrole de l'époque. A juste titre, car Max de Vietri peut être considéré comme le père du pétrole mauritanien. Cet Australien de 55 ans, fondateur et président non exécutif de Baraka Petroleum, une petite compagnie indépendante basée à Perth, a décroché en septembre 1996 les premiers permis d'exploration délivrés par ce pays, jusqu'alors absent des cartes des chercheurs d'or noir. Cinq ans plus tard, du pétrole était découvert sur le champ de Chinguetti. La production y atteint près de 14 000 barils par jour, et les réserves sont estimées à près de 300 millions de barils.
Baraka Petroleum est loin d'être une exception. Une noria d'indépendants multiplient les opérations sur le continent africain. Parmi eux, Premier Oil, basé à Londres (présent en Mauritanie, au Congo, au Gabon et en Guinée-Bissau) ; Dana Petroleum, basé à Aberdeen, en Grande-Bretagne (Mauritanie, Sénégal et Kenya) ; le canadien Heritage Oil Corporation (projets d'exploration en Ouganda, en République démocratique du Congo et au Mali) ; sans oublier Lundin Petroleum, coté à la Bourse de Stockholm (présent en Ethiopie, en Somalie et au Kenya)...
Certaines compagnies ont à peine quelques années d'existence. Ainsi, Afren a été fondé en 2004 par le Nigérian Rilwanu Lukman, ancien secrétaire général de l'Opep. Grâce à ses excellentes relations, il a des activités dans tout le continent. Ophir Energy, une compagnie australienne financée par des capitaux sud-africains, a vu le jour la même année. Elle a déjà pris pied dans 8 pays pour 16 projets (pétrole et gaz), et compte forer 25 puits dans les années à venir. Selon son directeur général, Alan Stein, « il n'y a pas de raisons pour que les compagnies pétrolières ne rencontrent pas le même succès dans le golfe de Guinée que dans le golfe du Mexique ».
Avec l'envolée du prix du brut ces dernières années, c'est tout le paysage pétrolier mondial qui est en train d'être redessiné. Des pays qui n'étaient pas producteurs, mais qui avaient fait des découvertes prometteuses, sont arrivés sur le marché. Certains d'entre eux ont toiletté leur législation pour favoriser les investissements, à l'instar du Niger en 2006 et du Mali en 2004, dont le Code pétrolier datait de 1969. Négligés par les majors - concentrées sur des zones sûres, au Nigeria, en Angola ou en Guinée équatoriale -, ces pays sont devenus la cible préférée des petits opérateurs indépendants, accueillis à bras ouverts.
« Compte tenu de son morcellement, l'Afrique noire est largement inexplorée. Il n'est pas possible d'y lancer de grandes opérations, et il faut s'entendre avec beaucoup d'interlocuteurs », explique Jean-Jacques Lecat, avocat associé du cabinet français Francis Lefebvre et spécialiste de l'énergie et des matières premières. Les grandes compagnies ne veulent pas perdre leur temps sans être assurées de trouver quelque chose. Ce sont donc les petites qui font office d'explorateurs. « A 10 dollars le baril, c'est suicidaire. A près de 100 dollars, cela peut devenir un jackpot. Surtout, dans ces pays, le ticket d'entrée est moins élevé », souligne Jean-Jacques Lecat.
L'intérêt de MOL (Magyar Olja es Gaz) pour l'Afrique remonte à environ deux ans. Cette compagnie hongroise privée a récemment acheté 40 % d'un bloc offshore au Cameroun, qui devrait commencer la production en 2010 et apporter quelques milliers de barils supplémentaires à la société. Car MOL compte en partie sur ce continent pour tripler sa production. « C'est la région du monde qui connaît la plus forte croissance en termes d'opérations, souligne-t-on à la direction du développement, et il y a peu de régions où la hausse de la production attendue dans les dix ans à venir soit comparable à celle de l'Afrique. » Ce n'est pas un hasard si l'on croise autant de "juniors" en Afrique. « Le continent est un incubateur pour les indépendants, explique-t-on chez MOL. Certains ont vu leur valeur boursière doubler en deux ans, sans qu'ils aient extrait une goutte de pétrole. »
La petite société australienne Hardman Resources, qui a commencé ses activités en Mauritanie il y a une dizaine d'années avec 150 000 dollars de trésorerie, a été rachetée l'an dernier pour 1,1 milliard de dollars dans le cadre d'une OPA amicale de l'irlandais Tullow Oil. Fondée en 1985, cette société s'est lancée avec un puits de gaz au Sénégal en 1986. Elle a aujourd'hui des intérêts dans 14 pays africains et vient de découvrir du pétrole au Ghana et en Ouganda. De quoi faire rêver le Burundi voisin, sachant qu'un seul puits produisant 10 000 barils par jour pourrait représenter jusqu'à 175 millions de dollars par an, soit 20 % du PIB. Une véritable manne pour les importateurs.
Nommé consul honoraire du Mali à Perth en 2005, Max de Vietri, géologue de formation, est convaincu que la belle histoire mauritanienne va se répéter dans ce pays, l'un des plus pauvres du monde. Baraka Petroleum dispose de permis d'exploration sur cinq blocs du bassin de Taoudeni. Trop petit pour faire face aux coûts des campagnes d'exploration, estimés entre 70 et 80 millions de dollars, Baraka, qui pèse 34 millions de dollars à la Bourse australienne, a signé en novembre 2006 un accord de cession de ses intérêts au Mali à deux grandes compagnies, l'italien ENI et l'algérien Sonatrach. Chacun joue ainsi son rôle, et y trouve son compte.
Benjamin Neumann, avec l'AFP