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Chers lecteurs, merci de consulter notre blog. La Republique Democratique du Congo vient sortir d'une guerre de plus de 10 ans qui a fauché la vie à plus de cinq million des personnes; L'Ituri est l'un de ces coins du Congo qui a été le plus devasté par cette guerre; elle a perdu près d'un million des ses fils et filles et son image en est sortie terriblement ternie...Ce blog pose et tente de répondre à quelques questions sur cette tragedie: quelles sont les causes reelles des ces tueries, qui en sont les auteurs, que doit-ont faire pour eviter la répétition de cette tragedie? Nous vous proposons ici des articles des journaux,études fouillées et réflexions des éminents scientifiques sur le drame Iturien.

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vendredi 12 novembre 2010

Pétrole du lac Albert : la confusion


Célestin Mbuyu
Ministres des Hydrocarbures, RDCongo
L’unanimité est difficile à réunir sur les avis émis par Kinshasa et Kampala sur la signature des contrats pétroliers des Blocs I et II du Graben Albertine. La déclaration du ministre congolais des Hydrocarbures, hier mercreci, à l’Assemblée nationale, est venue rajouter au flou artistique qui entoure ce brûlant dossier. La divergence d’avis est telle que l’opinion tarde à être fixée sur le démarrage ou non de l’exploitation du pétrole que la RDC et l’Ouganda ont en partage dans le lac Albert.
Qui de la République démocratique du Congo ou de l’Ouganda est très avancé dans l’exploitation du pétrole du Lac Albert ? Qui des parlementaires élus de l’Ituri et du gouvernement central dit la vérité dans l’affaire « signature des contrats pétroliers des Blocs I et II du Graben Albertine » ? Qu’en est-il de la revisitation des contrats sur le Graben Albertine et sur la Cuvette centrale ? Autant de questions qui demeurent sans réponse jusqu’à ce jour. Car, personne ne sait dire avec exactitude à quel niveau se trouve le dossier.

LA CONFUSION

« L’Ouganda m’a rassuré que l’exploitation du pétrole sur le Lac Albert ne pourra être possible qu’en 2016 (…) ». C’est en ces termes que le ministre des Hydrocarbures a répondu, hier mercredi à la plénière de l’Assemblée nationale, à l’une des préoccupations soulevées par le député Jean Bamanisa dans sa question orale avec débat. Célestin Mbuyu a coupé court à ce qu’il qualifie de « campagne d’intoxication ». « Pour quelle fin fait-on distiller les faussetés à la population ? », s’est-il interrogé.

Par rapport à la signature et la revisitation des contrats pétroliers, le ministre s’est justifié de la même manière. « Nous n’avons nullement procédé au bradage intentionnel des ressources pétrolières de la République (…) la revisitation des contrats sur le Graben Albertine et sur la Cuvette centrale visait les contrats illégaux». Cette réponse, sortie de la bouche d’un membre du gouvernement central, celui-là même qui a en charge les hydrocarbures, a sonné aux oreilles de plusieurs députés comme un pavé dans la mare. « Qui, finalement, nous dira la vérité dans cette affaire ? », s’est interrogé un député de l’Opposition, complètement abassurdi. Peut-être parce qu’il en sait un bout sur cette question du pétrole du Graben Albertine.

LES ELUS DE L’ITURI S’EN MELENT

Le jeudi 24 juin 2010, les députés et sénateurs de l’Ituri avaient dénoncé, dans une déclaration conjointe, le bradage des Blocs pétroliers I et II du Graben Albertine. Au fait, les élus de l’Ituri voudraient voir clair dans l’exploration du pétrole dans le lac Albert. Ils avaient dit avoir été informés de la cession et l’approbation du paiement de bonus de signature par le Conseil des ministres du 02 juin 2010 des droits de Blocs pétroliers I et II du Graben Albertine «aux entreprises Ecrans» CAPRIKAT LTD et FOXWELP LTD.

Dans leurs recommandations, ces représentants du peuple voulaient que le gouvernement annule le contrat de partage de production aléatoire conclu entre le ministère des Hydrocarbures et les entreprises CAPRIKAT Ltd et FOXWHELP Ltd. Ils attendaient du ministre des Hydrocarbures qu’il se justifie sur le bradage intentionnel des ressources pétrolières de la République en accordant un bonus de signatures de 3.000.000 USD par bloc alors qu’il estimait lui-même à 20.000.000 USD le bloc II. Bien plus, leur vœu était que l’exploitation des ressources pétrolières soit attribuée à des entreprises crédibles ayant des sièges connus mondialement et cotés en bourse et ce, par la procédure d’appel d’offres.

Les mêmes préoccupations ont été soulevées, hier mercredi par le député Jean Bamanisa, élu de la Province Orientale et auteur de la question orale adressée au ministre des Hydrocarbures. Apparemment, il n’a pas été satisfait de la réponse du ministre Célestin Mbuyu notamment sur la procédure de revisitation des contrats pétroliers. Il a exigé des chiffres, des précisions sur des données quantifiables et qualifiables.

Il convient aussi de rappeler que sur le même dossier, l’Assemblée nationale avait transmis, le 14 juillet 2008, une série de recommandations au gouvernement suite au désordre occasionné par l’octroi des blocs pétroliers du Graben Albertine.

L’OUGANDA AVANCE, LA RDC PIETINE

Le dossier ne date pas d’hier. En 2006, la République démocratique du Congo et l’Ouganda, sortis d’une longue et meurtrière guerre, avaient signé un partenariat pour attribuer aux sociétés Tullow et Héritage des contrats d’exploration et d’exploitation sur les blocs I et II du côté congolais et I, II et III du côté ougandais du lac Albert.

L’Ouganda n’a pas hésité à ouvrir toutes les portes à Tullow en lui permettant d’explorer et de forer. Si bien que le pays de Yoweri Museveni a pu disposer de données sismiques fiables ayant permis d’évaluer ses réserves à 800 millions de barils, à raison de 150.000 barils la production journalière. Une production qui serait sept fois supérieure à celle de la RDC sur son bassin côtier de Muanda.

Depuis lors, les choses se sont passées vite en Ouganda où actuellement on est au stade du montage des usines devant assurer l’exploitation, le raffinage et le transport du pétrole. Trois sociétés en joint-venture y travaillent : l’Anglais Tullow pour l’exploration et la production ; le Chinois CNNOC pour le raffinage du brut et le Français Total pour la construction de 1.000 km de pipelines reliant le site de production au débouché commercial de l’Océan Indien.

A ce jour, l’Ouganda est sur le point de tirer les premiers dividendes de son pétrole, alors que du côté de la RDC, les choses piétinent.

DES INVESTISSEMENTS LOURDS

Le ministre des Hydrocarbures n’aurait pas tort de considérer que le premier baril n’est pas encore sorti du côté ougandais. Cependant, si le gouvernement congolais tient à voir jaillir du pétrole dans la partie congolaise du Graben Albertine en 2016, le travail de recherche devrait démarrer sans tarder.

Selon des estimations d’experts neutres, un minimum de cinq années sépare les étapes de la recherche et de l’exploitation proprement dite. L’Ouganda, sur ce plan, n’est pas aligné au même pied que la RDC. Il est à un palier au-dessus de sa voisine. En fait, les recherches effectuées par Tullow Oil indiquent que sur les 36 puits concernés, 35 auraient donné des résultats satisfaisants. En cette période des prix intéressants sur le marché, 85 USD le baril, les opportunités offertes par les gisements du Graben Albertine sont alléchantes !

Il va de soi que la RDC qui compte sur son territoire près de la moitié des 25.000 Km2 du riche gisement, devra se hâter de tirer le meilleur parti de l’exploitation sans tergiverser. Le pétrole du Graben Albertine dont la production est estimée à 300.000 barils par jour, mérite un traitement approprié et diligent. La RDC a besoin de ressources financières susceptibles de contribuer au budget national. Et dans le Graben Albertine, il y a du pétrodollar ! Des milliards USD à engranger si l’on met de l’ordre et vite dans sa boutique.


Le Potentiel,

mercredi 13 octobre 2010

Les journaux Sud-africains parlent du pétrole Iturien


Tycon Tokyo Sexwale and Mandela, Photograph: Conus Bodenstein/AP

Circumstantial evidence links Human Settlements Minister Tokyo Sexwale to two opaque companies -- fronted by President Jacob Zuma's nephew -- that have marched off with sought-after Congolese oil blocks already allocated to others. Sexwale and an associate, Mark Willcox, chief executive of their investment vehicle, Mvelaphanda Holdings, this week denied any stake in the companies, but Willcox confirmed he and Mvelaphanda were giving "strategic advice" to Zuma's nephew, Khulubuse Zuma.

Democratic Republic of Congo (DRC) President Joseph Kabila has come under fire for undermining investor confidence since he confirmed the award of two exploration blocks to the companies, Caprikat and Foxwhelp, last month. His government had previously allocated them to Irish oil major Tullow and South Africa's Divine Inspiration Group.

President Zuma's ethical conundrum is that his relative looks set to benefit from the kind of commercial smash-and-grab that is swayed as much by diplomatic consideration as financial sense.

All indications are that the DRC will be worse off than it was with its previous contract with Divine Inspiration Group, while questions pile up about whose interests will benefit -- local or foreign, political or commercial?

The ownership of the two companies is shrouded in mystery. Mossack Fonseca, a law firm with headquarters in Panama, registered both in the British Virgin Islands, a haven of corporate anonymity, and acts as their letterbox. Marc Bonnant, a Swiss advocate specialising in "business crime defence", fronts as the two companies' sole director.

Publicly, Khulubuse Zuma has been presented as the owner of both. Mpumelelo Tshume, chief executive of Khulubuse's Impinda group, earlier told the Mail & Guardian that Caprikat and Foxwhelp were held by trusts -- which he suggested were Khulubuse Zuma's only -- and would be "consolidated" into Impinda in time.

He suggested that Medea, a Luxembourg-based oil consultancy that has confirmed its involvement, was no more than a paid consultant.

But then Reuters reported that, while Khulubuse Zuma had signed with the DRC authorities on behalf of Caprikat, Michael Hulley, President Zuma's lawyer, had signed on behalf of Foxwhelp.


Picture by: Duane Daws
The Aurora team (from left) Thulane Ngubane,
Kulubese Zuma, Michael Hulley and Zondwa Mandela

'A technical thing'
Khulubuse Zuma dismissed any inference that President Zuma was personally involved and told Reuters: "He [Hulley] is my legal adviser and he signed because I couldn't sign for both. It is a technical thing."

But the façade of Khulubuse Zuma as the sole owner was undermined by a businessperson with insight into the deal. Asking not to be named, he claimed that Medea, or its boss, Giuseppe Ciccarelli, had a share alongside Khulubuse Zuma and that Hulley appeared to be a partner in the deal, not simply a lawyer.

The mystery deepened when the M&G obtained a copy of the contract signed in May between the DRC, Caprikat and Foxwhelp: it gave Mvelaphanda Holdings' address in Illovo, Johannesburg, as Caprikat's legal domicilium, while it gave Foxwhelp's as Mvelaphanda Holdings' former address in Melrose Estate, Johannesburg.

The Melrose Estate premises are now used by the charitable Sexwale Family Foundation.

Last week Willcox travelled with Khulubuse Zuma and Hulley to Kinshasa for further talks about the deal.

Mvelaphanda Holdings is majority held by two Sexwale-linked trusts. Although he resigned his trusteeships to comply with executive ethics rules when he rejoined the government last year, the benefit of ­Mvelaphanda's investments still accrue to his family.

Mvelaphanda is heavily invested in the African oil sector through offshore companies, including New African Global Energy. New African, Sexwale and Willcox tried to bag the same Lake Albert oil acreage in 2008, including through ultimately abandoned negotiations with the Divine Inspiration Group, or its partner Sacoil.

Tshume might have provided more possible evidence of Sexwale's companies' involvement when he told Business Times earlier: "The bidding process for the blocks took place earlier this year, but the engagement has been going on for the past two years."

Neither Caprikat nor Foxwhelp existed two years ago -- they were registered in March -- and Khulubuse Zuma rose to business prominence only after his uncle's election as president 18 months ago.

Categorical denials



If he wasn't talking to the Congolese about securing the oil rights, who was? One inference is that the deal flowed from the contacts originally initiated by Sexwale and Willcox.

But as soon as the mystery seemed to lift, in came the categorical denials. A Sexwale spokesperson said: "Mr Sexwale and the [independent] trustees confirm that neither Mr Sexwale nor his trust or any corporate entities with which he is directly or indirectly associated have or will receive any benefit from the DRC oil blocks."

Willcox also denied any financial interest, however remote. He confirmed travelling to Kinshasa, partly for his own unrelated business purposes and partly to assist Khulubuse Zuma, who he said had sought his "strategic advice" on "a number of commercial endeavours [which] including the applications surrounding blocks one and two in partnership with Medea."

He denied he was trying to curry favour with the presidential family: "I find this a slightly insulting question. I have been actively involved in mining, oil, black empowerment and other related sections ... over the last 15 years.

"I have been a friend of Khula Zuma long before Mr Zuma became president. I have assisted and am currently assisting a number of black empowerment companies with respect to structuring or negotiating a variety of transactions on a pro bono basis."

As for the Mvelaphanda addresses on the DRC contract, he said Khulubuse Zuma, who is from Durban, did not have a Johannesburg office at the time and "in the intervening period, for ease of administration, due to the fact that he was spending most of his business time in Johannesburg, he used these office addresses as a domicilium".

In an apparently calculated leak by Willcox, Bloomberg published the essentials of this story as the M&G was going to print.

But in the story Medea's Ciccarelli muddied the waters further by saying Mvelaphanda was among a number of South African groups that are "interested" in the project. But he maintained "this interest did not involve ownership".

Hulley, on behalf of Caprikat and Foxwhelp, said President Zuma had "no relationship or interest with either Caprikat or Foxwelp, either directly or indirectly at any level, nor has he participated even remotely in any negotiation or discussion pertaining to any of its operations or structure. To suggest otherwise is disrespectful of the president and, we dare say, the government of the DRC."

Hulley failed to answer direct questions about the ownership of Caprikat and Foxwhelp. The presidency did not respond.

A worse deal than before

The DRC's contract with Caprikat and Foxwhelp is significantly worse for the DRC than the 2008 deal it displaced with South Africa's Divine Inspiration Group.

The resource watchdog, Platform, told Reuters earlier this month it estimated the loss of revenue to the DRC at up to $10-billion, compared with the Divine deal.

In fact, the Khulubuse Zuma-Michael Hulley contract is similar to the deal signed with Irish-based firm Tullow Oil, which the DRC government annulled ostensibly because it was too unfavourable.

Among the disadvantages:

  • Caprikat and Foxwhelp gain 60% of net revenues for the first 12million barrels produced, later falling to 55%. In the Divine ­contract the company share falls to 50% then 40%.
  • Caprikat and Foxwhelp will pay only 9% royalties on the first 12-million barrels produced, rising to 12,5% after that. Divine paid 12,5% throughout.
  • Caprikat and Foxwhelp will have to allocate $125 000 annually per exploration block on community upliftment. Divine was charged $250 000, rising to $300 000.
Hulley responded: “The terms of the agreements ... are by implication acceptable to the parties ... In our view [they] are in full compliance with recently enacted legislation in the DRC which imposes strict obligations on contracting parties in this sector.

"Caprikat and Foxwelp are committed to fulfilling their obligations in the DRC with pride and we are confident that our engagement will benefit all parties, not least the people of the DRC." - Additional reporting by Ilham Rawoot

The M&G Centre for Investigative Journalism- Fri, 30th Jul 2010


We have not sold claims in Congo, says Zuma lawyer

President Jacob Zuma’s lawyer, Michael Hulley, denies that two companies in which he and Mr Zuma’s nephew, Khulubuse Zuma, are involved had sold their claims.
Published: 2010/09/07 06:49:43 AM



THE case of the disputed Democratic Republic of Congo oil rights took a new turn yesterday when President Jacob Zuma ’s lawyer, Michael Hulley, denied that two companies in which he and Mr Zuma’s nephew, Khulubuse Zuma, are involved had sold their claims.



Business Day reported yesterday that according to a British Virgin Islands company purportedly representing Mr Hulley and Mr Zuma’s companies Caprikat and Foxwhelp, their clients had “assigned their rights”.



Hulley(left), Zuma's lawyer and President Jacob Zuma
Photo by Dispatch blogs
 “It follows that our clients no longer have any direct interest in or operation control over the exploitation of Blocks 1 and 2 of the Albertine Graben,” the letter from legal firm Walkers said.


Last night, Mr Hulley clarified that Caprikat and Foxwhelp had assigned their rights to an entity that incorporated both its interests and that of the Congolese government.


“Such assignment is neither a sale nor a disposal of its interests for value to any third party. To liken it as such to any other local transaction can only be calculated to mire it in a controversy which exists only in the minds of those who are intent on seeing the transaction fail,” Mr Hulley said.


He said the companies had paid a substantial amount as part of the signature bonus, and finances had been committed to social works programmes in the area. Seismic surveys and other preparatory work had commenced.


“This is hardly the conduct of a company which is not intent on fulfilling its contractual obligations and only intent on reaping a quick financial reward.”




The statement follows a highly disputed allocation process involving British company Tullow Oil which came close to being granted the rights.



Elly Karuhanga, President and Director of Tullow Uganda and Tim O’Hanlon, Vice President African Business at the Tullow Africa strategy day hosted in London in November 2008. Photo by Tullow
 Mr Hulley said that, “however aggrieved Tullow Oil and other companies of their ilk might feel, the indubitable fact is that Caprikat and Foxwelp are the only companies to have received rights by way of a presidential decree to Block 1 and 2. To wage a campaign in the media in denial of this fact is disingenuous, desperate and clearly wrong.”


Tim O’Hanlon, Tullow’s vice- president for Africa, said yesterday that he remained convinced that the companies intended to sell the stake without developing it.

Business day, cohent@bdfm.co.za





jeudi 30 septembre 2010

Bataille Juridique pour le pétrole Iturien: la justice des Iles vierges stoppe l’exploitation des blocs 1 et 2

Dans une décision temporaire prise le 21 septembre 2010, la division commerciale de la Haute cour de Justice des Iles vierges a interdit à Caprikat et Foxwhelp de ne plus s’engager dans l’exploitation des  blocs 1 et 2 du Graben Albertine, en Ituri dans la Province Orientale. Les deux entreprises, ont obtenu, en juin 2010, une autorisation du président de la RDC, Joseph Kabila pour exploiter les réserves pétrolières des ces blocs litigieux.

Caprikat et Foxwhelp prévoyaient déjà la production du pétrole en 2011 sur les deux blocs acquis mais toujours querellés.
Tullow Oil qui était dans la course sur les mêmes blocs depuis 2006 avait ainsi porté plainte.
Les ennuis judiciaires ralentiraient les ambitions et planifications de Caprikat et Foxwhelp.
Mais les deux sociétés ont encore la possibilité d’introduire un recours dans les trois prochaines semaines.
En attendant, aucune de leurs filiales ou toute société de droit congolais ou major qui lorgnait dessus ne peut faire quoi que ce soit sur les blocs, estime la justice des Iles vierges.
Toute transaction commerciale ou cession des parts est donc suspendue par cette décision.
Leur concurrente Tullow Oil, considère cette décision comme une première victoire judiciaire.
La britannique n’avait pas obtenu d’ordonnance présidentielle, seul préalable pour être propriétaire d’un bloc pétrolier, selon la loi congolaise.
Elle ne se voit pas non plus perdre ce qu’elle a investi en 5 ans sur ces blocs.
Le gouvernement congolais qui cherche des moyens supplémentaires pour la reconstruction via l’exploitation pétrolière ne pourrait se sentir que mal à l’aise, affirment des observateurs.
Mais pour l’heure, aucune réaction officielle enregistrée côté congolais.
Cette affaire en arbitrage peut aller jusqu’à trois ans.
A court terme, c’est le développement de l’Ituri qui pourrait aussi être hypothéqué.
Les populations de cette région du Nord-ouest de la RDC riche en pétrole attendent n’attendent qu’une chose : voir les retombées concrètes de l’exploitation pétrolière dans leurs milieux.


Okapi

jeudi 5 août 2010

Afrique : une terre de promesses pour les « minimajors »

Des petites compagnies pétrolières profitent de la hausse des cours pour tenter leur chance dans les zones négligées par les géants du secteur, pour le plus grand bien des pays africains concernés.

Il est la septième personnalité - et la seule étrangère - à avoir été nommé officier dans l'ordre du Mérite national de la Mauritanie. Cette décoration lui a été remise en 2006 par le ministre de l'Energie et du Pétrole de l'époque. A juste titre, car Max de Vietri peut être considéré comme le père du pétrole mauritanien. Cet Australien de 55 ans, fondateur et président non exécutif de Baraka Petroleum, une petite compagnie indépendante basée à Perth, a décroché en septembre 1996 les premiers permis d'exploration délivrés par ce pays, jusqu'alors absent des cartes des chercheurs d'or noir. Cinq ans plus tard, du pétrole était découvert sur le champ de Chinguetti. La production y atteint près de 14 000 barils par jour, et les réserves sont estimées à près de 300 millions de barils.
Baraka Petroleum est loin d'être une exception. Une noria d'indépendants multiplient les opérations sur le continent africain. Parmi eux, Premier Oil, basé à Londres (présent en Mauritanie, au Congo, au Gabon et en Guinée-Bissau) ; Dana Petroleum, basé à Aberdeen, en Grande-Bretagne (Mauritanie, Sénégal et Kenya) ; le canadien Heritage Oil Corporation (projets d'exploration en Ouganda, en République démocratique du Congo et au Mali) ; sans oublier Lundin Petroleum, coté à la Bourse de Stockholm (présent en Ethiopie, en Somalie et au Kenya)...
Certaines compagnies ont à peine quelques années d'existence. Ainsi, Afren a été fondé en 2004 par le Nigérian Rilwanu Lukman, ancien secrétaire général de l'Opep. Grâce à ses excellentes relations, il a des activités dans tout le continent. Ophir Energy, une compagnie australienne financée par des capitaux sud-africains, a vu le jour la même année. Elle a déjà pris pied dans 8 pays pour 16 projets (pétrole et gaz), et compte forer 25 puits dans les années à venir. Selon son directeur général, Alan Stein, « il n'y a pas de raisons pour que les compagnies pétrolières ne rencontrent pas le même succès dans le golfe de Guinée que dans le golfe du Mexique ».
Avec l'envolée du prix du brut ces dernières années, c'est tout le paysage pétrolier mondial qui est en train d'être redessiné. Des pays qui n'étaient pas producteurs, mais qui avaient fait des découvertes prometteuses, sont arrivés sur le marché. Certains d'entre eux ont toiletté leur législation pour favoriser les investissements, à l'instar du Niger en 2006 et du Mali en 2004, dont le Code pétrolier datait de 1969. Négligés par les majors - concentrées sur des zones sûres, au Nigeria, en Angola ou en Guinée équatoriale -, ces pays sont devenus la cible préférée des petits opérateurs indépendants, accueillis à bras ouverts.
« Compte tenu de son morcellement, l'Afrique noire est largement inexplorée. Il n'est pas possible d'y lancer de grandes opérations, et il faut s'entendre avec beaucoup d'interlocuteurs », explique Jean-Jacques Lecat, avocat associé du cabinet français Francis Lefebvre et spécialiste de l'énergie et des matières premières. Les grandes compagnies ne veulent pas perdre leur temps sans être assurées de trouver quelque chose. Ce sont donc les petites qui font office d'explorateurs. « A 10 dollars le baril, c'est suicidaire. A près de 100 dollars, cela peut devenir un jackpot. Surtout, dans ces pays, le ticket d'entrée est moins élevé », souligne Jean-Jacques Lecat.
L'intérêt de MOL (Magyar Olja es Gaz) pour l'Afrique remonte à environ deux ans. Cette compagnie hongroise privée a récemment acheté 40 % d'un bloc offshore au Cameroun, qui devrait commencer la production en 2010 et apporter quelques milliers de barils supplémentaires à la société. Car MOL compte en partie sur ce continent pour tripler sa production. « C'est la région du monde qui connaît la plus forte croissance en termes d'opérations, souligne-t-on à la direction du développement, et il y a peu de régions où la hausse de la production attendue dans les dix ans à venir soit comparable à celle de l'Afrique. » Ce n'est pas un hasard si l'on croise autant de "juniors" en Afrique. « Le continent est un incubateur pour les indépendants, explique-t-on chez MOL. Certains ont vu leur valeur boursière doubler en deux ans, sans qu'ils aient extrait une goutte de pétrole. »
La petite société australienne Hardman Resources, qui a commencé ses activités en Mauritanie il y a une dizaine d'années avec 150 000 dollars de trésorerie, a été rachetée l'an dernier pour 1,1 milliard de dollars dans le cadre d'une OPA amicale de l'irlandais Tullow Oil. Fondée en 1985, cette société s'est lancée avec un puits de gaz au Sénégal en 1986. Elle a aujourd'hui des intérêts dans 14 pays africains et vient de découvrir du pétrole au Ghana et en Ouganda. De quoi faire rêver le Burundi voisin, sachant qu'un seul puits produisant 10 000 barils par jour pourrait représenter jusqu'à 175 millions de dollars par an, soit 20 % du PIB. Une véritable manne pour les importateurs.
Nommé consul honoraire du Mali à Perth en 2005, Max de Vietri, géologue de formation, est convaincu que la belle histoire mauritanienne va se répéter dans ce pays, l'un des plus pauvres du monde. Baraka Petroleum dispose de permis d'exploration sur cinq blocs du bassin de Taoudeni. Trop petit pour faire face aux coûts des campagnes d'exploration, estimés entre 70 et 80 millions de dollars, Baraka, qui pèse 34 millions de dollars à la Bourse australienne, a signé en novembre 2006 un accord de cession de ses intérêts au Mali à deux grandes compagnies, l'italien ENI et l'algérien Sonatrach. Chacun joue ainsi son rôle, et y trouve son compte.
Benjamin Neumann, avec l'AFP