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Chers lecteurs, merci de consulter notre blog. La Republique Democratique du Congo vient sortir d'une guerre de plus de 10 ans qui a fauché la vie à plus de cinq million des personnes; L'Ituri est l'un de ces coins du Congo qui a été le plus devasté par cette guerre; elle a perdu près d'un million des ses fils et filles et son image en est sortie terriblement ternie...Ce blog pose et tente de répondre à quelques questions sur cette tragedie: quelles sont les causes reelles des ces tueries, qui en sont les auteurs, que doit-ont faire pour eviter la répétition de cette tragedie? Nous vous proposons ici des articles des journaux,études fouillées et réflexions des éminents scientifiques sur le drame Iturien.

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mercredi 13 avril 2011

Le chef de la cité de Bunia se dit victime d’une attaque des hommes armés

Mr. Dudanga Kavarios, Chef de cité/Bunia
Le chef de la cité de Bunia, Dudanga Kavarios, suspendu depuis environ trois semaines, a  déposé, lundi 11 avril, une plainte contre inconnu à l’auditorat militaire garnison de l’Ituri à Bunia.  Il se dit victime d’une attaque, le week-end dernier, dans sa résidence des hommes armés et accuse la hiérarchie de la police de complicité. Celle-ci parle plutôt d’un montage.
Selon Dudanga Kavarios, un groupe d’hommes armés a pénétré, samedi 9 avril, à environ une heure du matin dans la clôture de sa parcelle et tenté de maîtriser sa garde du corps.
Il s’en est suivi un échange des tirs et certaines balles ont traversé la porte principale de la maison pour échouer aux murs du salon, rapporte la même source. Dudanga Kavarios trouve cela suspect:
«A 20 heures, on vient demander le relèvement de la garde rapprochée et qu’à une heure du matin il se passe des actes de ce genre (…) L’ordre est venu de commandant PNC district. C’est juste à ce niveau que nous ne comprenons pas.»
Pour l’inspecteur de la police en Ituri, le colonel Juvenal Bideko, il n’y a pas eu d’attaque à la résidence du chef de la cité suspendu. Il parle d’une opération montée par ce dernier et sa garde rapprochée à des fins politiques:
«Pour se donner du poids, il a simulé l’attaque de sa résidence en montant une opération avec son policier pour tirer, il a crié à l’attaque. On a envoyé une intervention. Mais, après les enquêtes menées sur terrain, il n’y a jamais eu d’attaque. C’est le policier qui était de garde qui a tout fait.»
Okapi

vendredi 8 avril 2011

Les habitants de Mahagi-centre dans la rue après le meurtre d’un des leurs

Les habitants de Mahagi-centre, cité située à 200 Kilomètres  au nord de Bunia dans la Province Orientale, sont descendus dans la rue, le jeudi 7 avril dans la matinée. Ils ont manifesté contre mort par balle d’un déclarant en douane pendant la nuit précédente.
Peu avant minuit, mercredi, quatre hommes armés habillés en tenue militaire ont débarqué à la résidence du déclarant, rapportent des sources sur place.
Après une brève discussion, les assaillants lui ont tiré trois balles. Selon les mêmes sources, les assassins sont repartis après avoir dépouillé l’épouse de la victime de son argent.
Dans cette cité, toutes les activités ont été bloquées. Les écoles, les services et les commerces sont restés fermés, a indiqué l’Abbé Erick  Abedi, de la paroisse diocésaine de Mahagi-Centre.
Selon la même source, des coups de feu sporadiques étaient toujours entendus dans la cité à la mi-journée de ce jeudi.
A la suite des ces manifestations, l’administrateur du territoire de Mahagi, Christophe Ikando, a établi le bilan provisoire suivant:
  • un agent de la police nationale des frontières tué,
  • le bureau de la police et celui de la Direction générale des douanes et assises(DGDA), de la Direction générale de migration (DGM) et de l’Office congolais de contrôle (OCC) saccagés,
  • un coffre-fort de la DGDA apporté,
  • le bureau de la cité pillé et incendié et
  • tous les véhicules sous douane saccagés.
Plusieurs autres cas de pillage perpétrés par des hommes armés, a poursuivi Christophe Ikando, ont été  enregistrés depuis le lundi 4 mars dans Mahagi-centre.
(okapi)

vendredi 1 avril 2011

Pétrole de l’Ituri : les autochtones mécontents s’impatientent

Dans une récente déclaration envoyée en copie au chef de l’Etat et au Premier ministre, la Société Civile de l’Ituri  (SOCIT) dénonce  les promesses non tenues par les sociétés pétrolières Caprikat et Foxwhelp qui avaient obtenu, depuis juin 2010, le permis d’exploration sur les blocs I & II du lac Albert.  
Et comme si cela ne suffisait pas, estime la société civile, la décision de la fermeture de l’agence de la Banque Centrale du Congo à Bunia remue le couteau dans la plaie de la population iturienne car touchant,   du coup,  l’économie   du district martyr de plusieurs guerres ethniques. 

Lors de leur  première visite  très médiatisée en Ituri, après la signature de l’ordonnance présidentielle leur attribuant les blocs I & II du lac Albert,  les dirigeants des sociétés Caprikat et Foxwhelp, accompagnés du ministre des Hydrocarbures, avaient fait de nombreuses promesses à la population dont des actions d’envergure à court et moyen terme.
 
 Parmi ces actions, on comptait la construction de plus de 150 Km des routes bitumées, bâtiments administratifs, la réhabilitation de la centrale hydroélectrique de Budana et  la mise à la disposition   du district de l’Ituri de la somme de 10 millions US , montant du bonus  de signature du contrat pour développer des projets d’intérêt communautaire. 
Aujourd’hui, neuf mois après, la population n’a rien vu venir : aucun coup de pioche, aucun engin, aucun projet, excepté la remise  de 6 pickups et 6 motos à la police nationale de Bunia et le renouvellement de la peinture d’un dispensaire datant de l’époque coloniale à Kasenyi. Au point où on se trouve, on est en droit de se  demander pourquoi les compagnies bénéficiaires (Caprikat & Foxwhelp) traînent les pas pour lancer les travaux d’exploration. Y a-t-il un problème financier ou technique ? Pourtant l’opinion se rappelle qu’à une question sur l’évaluation technique et financière de ces sociétés à l’Assemblée Nationale, son excellence  le ministre des Hydrocarbures, avait répondu avec élégance que cela n’était pas la préoccupation du gouvernement, que les majors comme Exxon Mobil n’ont pas commencé avec des moyens techniques et financiers  évalués pour atteindre leur niveau actuel. Les faits sur le terrain semble  donner   raison aux députés nationaux qui soutenaient le contraire. 
Que remarquons-nous entre temps ? Le Contrat de Partage de Production Caprikat & Foxwhelp, fait le tour des bourses du monde pour chercher des potentiels preneurs tirant bonne leçon de l’expérience de la Société Surestream avec ENI et Sacoil – Divine Inspiration  avec Total. « Wait and see »  disent les anglais.
En outre, la société civile, au nom de la population, tire la sonnette d’alarme quant  à la mesure de la fermeture de l’agence de la Banque Centrale du Congo. Elle estime que c’est  une véritable catastrophe dans un district qui a vu se fermer toutes les structures de micro finances pour mauvaise gestion ; un district exposé aux influences néfastes de la consommation des monnaies étrangères, un district qui connait le vol régulier des agents de l’Etat par les agents payeurs, …..La société civile ne comprend pas être remerciée de cette façon après avoir voté en masse pour le Chef de l’Etat, initiateur des cinq chantiers alors que ce programme est en train d’être saboté par certains politiques véreux dans le carré du pouvoir.     La Société Civile de l’Ituri demande réparation. Quel discours tiendra le pouvoir en place  aux prochaines échéances électorales, face à une population qui avait voté majoritairement pour lui en 2006 ? La  population  de ce district espérait avoir sa province à elle, des routes butimées, des dividendes du pétrole du lac Albert, des écoles, des hôpitaux et autres infrastructures. Rien de tout cela n’est visible, un peu comme partout ailleurs.
Position de la Société civile de l’Ituri par rapport au rendez-vous manqué avec Caprikat Limited et Foxwelp Limited
 
A l’attention de Son Excellence Monsieur le Président de la République,
(Avec nos hommages les plus déférents)

Nous, membres de la Société civile, forces vives de l’Ituri, sommes très indignés par la surprise désagréable qui nous a été réservée  par le représentant du Caprikat Limited, concernant la rencontre prévue le 19/02/2011 avec la communauté locale pour discuter le cahier des charges préparé par cette dernière. 

En effet, il n’est un secret pour personne que ces sociétés pétrolières  aussi bien que les autorités politiques congolaises ont fait de nombreuses promesses que la population de l’Ituri continue à attendre jusqu’à ce jour.
(...)
Eu égard à ce qui précède, nous vous sollicitons de péser de tout vos poids sur le chef du gouvernement qui nous lit en copie de bien répenser le système bancaire, gage du développement de tout le pays en général et de l’Ituri en particulier. Et à Monsieur le Gouverneur de la Banque centrale du Congo, recommandons de reconsidérer sa décision dont l’une des grandes conséquences est la thésaurisation au grand détriment de la circulation normale de la monnaie.
Le phare.

Le Kadhafi que je connais

Ugandan President Yoweri Museveni (L) and Libya's Muammar al-Gaddafi
Quand le colonel Mouammar al-Kadhafi est arrivé au pouvoir en 1969, j’étais en troisième année à l’université de Dar es-Salaam, en Tanzanie. Nous regardions son ascension d’un bon œil, car c’était un dirigeant dans la tradition du colonel Gamal Abdel Nasser, en Égypte, à la position nationaliste et panarabe. Mais Kadhafi ne tarda pourtant pas à poser des problèmes à l’Ouganda et à l’Afrique noire.

Il soutenait Idi Amin Dada

Idi Amin Dada a accédé au pouvoir en Ouganda en 1971 avec l’aide de la Grande-Bretagne et d’Israël, qui le pensaient assez ignorant pour pouvoir le manipuler. Or, Amin se retourna contre ses sponsors quand ceux-ci refusèrent de lui vendre des fusils pour se battre contre la Tanzanie. Malheureusement, Kadhafi, sans se renseigner correctement au préalable sur l’Ouganda, vola au secours d’Idi Amin. Il le fit parce que ce dernier était un «musulman» et que l’Ouganda était un «pays musulman», où les musulmans étaient «opprimés» par les chrétiens. Amin Dada a tué beaucoup de gens de manière extrajudiciaire, et Kadhafi a été associé à ces erreurs.

En 1972 et 1979, Kadhafi a envoyé des troupes libyennes défendre Amin Dada quand nous (le Front national de libération d’Ouganda) l’avons attaqué. Je me souviens du Tupolev Tu-22 libyen qui essaya de nous bombarder à Mbarara en 1979. La bombe finit à Nyarubanga, au Burundi, car les pilotes avaient pris peur. Ils n’ont même pas réussi à approcher leur cible correctement. Nous avions déjà abattu beaucoup des MIG d’Amin Dada avec des missiles sol-air. C’étaient surtout nos frères et sœurs tanzaniens qui se battaient. Beaucoup de miliciens libyens furent capturés et rapatriés en Libye par la Tanzanie. Ce fut une grave erreur de Kadhafi et une agression directe contre le peuple ougandais et l’Afrique de l’Est.

Sa campagne pour des États-Unis d’Afrique

La deuxième grave erreur de Kadhafi a été sa position vis-à-vis de l’Union africaine (UA), où il a appelé à un gouvernement continental «tout de suite». Depuis 1999, il essaie d’imposer ce point de vue. Les noirs sont toujours polis, en règle générale, ils ne veulent pas offenser les autres. C’est ce que l’on appelle l’obufura dans la langue runyankore, ou mwolo en luo —le fait de traiter, surtout les étrangers, avec attention et respect. Il semble que certaines cultures non-africaines ne pratiquent pas l’obufura. On peut y voir quelqu’un parler à une personne âgée comme s’il s’adressait à un enfant de maternelle. «Il faut faire ci, il faut faire ça ; etc.» Nous avons essayé de montrer à Kadhafi qu’une gouvernance continentale serait difficile à court et moyen terme. Nous devrions plutôt viser la Communauté économique africaine et, quand c’est possible, viser également des Fédérations régionales.
Mais Kadhafi ne voulait rien savoir. Il ne respectait pas les règles de l’UA. Il exhumait les sujets ou les discussions abordés lors de précédentes réunions. Il était capable de «casser» une décision prise par tous les autres chefs d’État africains. Certains d’entre nous furent obligés d’intervenir et de s’opposer à sa position erronée, et, en travaillant à plusieurs, nous avons à plusieurs reprises eu raison de sa position illogique.

Il s’est proclamé «Roi des rois»

La troisième erreur de Kadhafi est sa tendance à l’ingérence dans les affaires internes de nombreux pays africains, en utilisant le peu d’argent dont la Libye dispose comparé à ces pays. Un exemple frappant a été son engagement auprès des dirigeants culturels d’Afrique noire (rois, chefs, etc.). Quand les dirigeants politiques africains ont refusé de soutenir son projet de gouvernement africain, Kadhafi, aussi incroyable que cela puisse paraître, a pensé qu’il pouvait les contourner et travailler avec ces rois pour mettre ses projets à exécution. J’ai averti Kadhafi à Addis-Abeba que des mesures seraient prises contre tout roi ougandais qui se mêlerait de politique, car notre Constitution ne le permettait pas. J’ai proposé une motion à Addis-Abeba visant à supprimer des registres de l’UA toutes les références aux rois (dirigeants culturels) qui avaient fait des discours à notre tribune, parce qu’ils y avaient été invités illégalement par le colonel Kadhafi.

Il a ignoré la situation critique du Sud-Soudan

La quatrième grave erreur a été commise par la plupart des dirigeants arabes, dont, dans une certaine mesure, Kadhafi. Elle est en relation avec le peuple du Sud-Soudan, qui souffre depuis longtemps. Beaucoup des dirigeants arabes ont soit encouragé, soit ignoré les souffrances du peuple noir de ce pays. Cette injustice a de tout temps suscité des tensions et des frictions entre nous et les Arabes. Cependant, je dois rendre hommage à Kadhafi et au président Hosni Moubarak qui se sont déplacés à Khartoum juste avant le référendum au Soudan, déplacement au cours duquel ils ont conseillé au président Omar el-Béchir de respecter l’issue de cet exercice.

Terrorisme

Parfois, Kadhafi et d’autres radicaux du Moyen-Orient ne se distancient pas assez du terrorisme, même lorsqu’ils luttent pour une juste cause. Le terrorisme est le recours à une violence indiscriminée —sans distinction entre cibles civiles et militaires. Les radicaux du Moyen-Orient, qui sont assez différents des révolutionnaires d’Afrique noire, semblent penser que tous les moyens sont bons pour combattre ses ennemis. C’est pourquoi ils détournent des avions, assassinent, mettent des bombes dans des bars, etc. Pourquoi faire sauter des bars? Les gens y vont normalement pour s’amuser, pas dans un but politique.
Nous étions aux côtés des Arabes dans la lutte anticolonialiste. Les mouvements de libération d’Afrique noire se sont cependant développés différemment des mouvements arabes. Quand nous prenions les armes, nous combattions des soldats ou sabotions des infrastructures, mais ne visions jamais des civils. Ces méthodes non-sélectives ont tendance à isoler les luttes du Moyen-Orient et du monde arabe. Il serait bon que les radicaux de ces régions puissent rationaliser leurs méthodes de travail dans ce domaine de recours systématique à la violence.
Ce sont là les points négatifs en relation avec Kadhafi aux yeux des patriotes ougandais dans les années passées. Chacune de ces positions adoptées par Kadhafi a été malheureuse et inutile. Toutefois, Kadhafi a objectivement eu de nombreux côtés positifs. Et ceux-ci ont œuvré pour le bien de l’Afrique, de la Libye et du tiers monde. Je les aborderai point par point.

Kadhafi est un nationaliste

Kadhafi a mené une politique étrangère indépendante et, naturellement, des politiques intérieures également indépendantes. Je ne suis pas capable de comprendre la position des pays occidentaux, qui semblent ne pas apprécier les leaders à la mentalité indépendante et leur préférer des marionnettes. Les marionnettes ne sont bonnes pour aucun pays. La plupart des pays qui sont passés du tiers monde au monde développé depuis 1945 ont eu des dirigeants à l’esprit indépendant: la Corée du Sud (Park Chung-hee), Singapour (Lee Kuan Yew), la République populaire de Chine (Mao Zedong, Chou En-lai, Deng Xiaoping, le maréchal Yang Shangkun, Li Peng, Jiang Zemin, Hu Jintao), la Malaisie (le Dr Mahthir Mohamad), le Brésil (Luis Inacio Lula da Silva), l’Iran (les ayatollahs Khomeiny et Khamenei), etc. Entre les deux Guerres mondiales, l’Union soviétique s’est transformée en pays industriel, propulsé par le dictatorial mais indépendant Joseph Staline. En Afrique, nous avons aussi eu notre bonne part de dirigeants à l’esprit indépendant: le colonel Nasser en Égypte, Mwalimu Nyerere en Tanzanie, Samora Machel au Mozambique, et d’autres encore. C’est comme ça que l’Afrique du Sud a été libérée. C’est comme ça que nous nous sommes débarrassés d’Idi Amin Dada. L’arrêt du génocide au Rwanda et la déposition de Mobutu Sese Seko en République démocratique du Congo ont été le fruit des efforts de dirigeants africains à l’esprit indépendant.
Kadhafi, quelles que soient ses fautes, est un vrai nationaliste. Je préfère les nationalistes aux marionnettes obéissant aux intérêts étrangers. Où des marionnettes ont-elles transformé leur pays? J’ai besoin pour le savoir de l’aide de ceux qui s’y connaissent en manipulation.
En revanche, Kadhafi, avec son esprit indépendant, a fait des contributions positives en Libye, je pense, ainsi qu’en Afrique et au tiers monde. Prenez juste un exemple: à l’époque où nous combattions les dictatures criminelles ici en Ouganda, nous avons rencontré un problème dû à une complication causée par notre échec à nous emparer de suffisamment d’armes à Kabamba, le 6 février 1981. Kadhafi nous a fait parvenir un petit envoi de 96 fusils, 100 mines antichars, etc., qui s’est avéré très utile. Il n’a pas consulté Washington ou Moscou avant de le faire. Et c’était bon pour la Libye, pour l’Afrique et pour le Moyen-Orient. Nous devrions aussi mettre au compte de son indépendance d’esprit le fait qu’il a chassé les bases militaires britanniques et américaines de Libye.

Il a fait monter le prix du pétrole

Avant que Kadhafi n’arrive au pouvoir en 1969, un baril de pétrole coûtait 40 cents américains (0,28 euros). Il a lancé une campagne de rétention du pétrole arabe pour obliger l’Occident à payer davantage. Je crois que le prix est alors monté à 20 dollars (14,18 euros) le baril. Quand la guerre israélo-arabe de 1973 a éclaté, le baril de pétrole a atteint 40 dollars (28,36 euros). Je suis par conséquent assez surpris d’entendre que de nombreux producteurs de pétrole du monde, notamment les pays du Golfe, n’apprécient pas le rôle historique joué par Kadhafi dans ce domaine. L’immense fortune dont jouissent nombre de ces producteurs de pétrole est en partie due aux efforts de Kadhafi. Et un pétrole plus cher n’a pas empêché les pays occidentaux de continuer à se développer. Ce qui signifie par conséquent que la situation pétrolière pré-Kadhafi était caractérisée par une surexploitation des pays producteurs de pétrole par les nations occidentales.

Kadhafi a construit la Libye

Je n’ai jamais pris le temps de me pencher sur les conditions socio-économiques qui prévalent en Libye. La dernière fois que j’y suis allé, j’ai pu voir, même de l’avion, qu’il y avait de bonnes routes. À la télévision, on voit les rebelles accompagnés par des journalistes occidentaux aller et venir dans des pickups sur de très bonnes routes. Qui les a construites? Qui a construit les raffineries de pétrole à Brega, et ces autres structures où ont eu lieu les combats de ces derniers semaines? Est-ce que ces installations ont été construites à l’époque du roi et de ses alliés britanniques et américains, ou par Kadhafi?
En Tunisie et en Égypte, des jeunes se sont immolés parce qu’ils n’arrivaient pas à trouver de travail. Est-ce que les Libyens n’ont pas de travail non plus? Dans ce cas, pourquoi y a-t-il en Libye des centaines de milliers de travailleurs étrangers? La politique de la Libye de fournir tant d’emplois aux travailleurs du tiers monde est-elle répréhensible? Est-ce que tous les enfants vont à l’école en Libye? Était-ce le cas autrefois —avant Kadhafi? Le conflit en Libye est-il économique, ou purement politique? La Libye aurait sans doute davantage évolué si elle avait plus encouragé le secteur privé. Ceci dit, ce sont les Libyens qui sont les mieux placés pour en juger. Aujourd’hui, la Libye est un pays aux revenus moyens, avec un PIB de 62 milliards de dollars (43,9 milliards d’euros).

C’est un modéré

Kadhafi est l’un des rares dirigeants laïques du monde arabe. Il ne croit pas au fondamentalisme islamique, c’est pourquoi les femmes libyennes peuvent aller à l’école, intégrer l’armée, etc. C’est un point positif à mettre au compte de Kadhafi.

Pour en venir à la crise actuelle, par conséquent, je dois souligner quelques problèmes. 
Tout d’abord, il faut faire la distinction entre manifestation et insurrection. Les manifestations pacifiques ne doivent pas être réprimées avec des balles réelles. Naturellement, même les manifestations pacifiques doivent s’accorder avec la police pour s’assurer qu’elles n’entravent pas les droits des autres citoyens. Cependant, quand les émeutiers s’attaquent aux commissariats et aux baraquements de l’armée pour prendre le pouvoir, ce ne sont plus des manifestants; ce sont des insurgés. Et il faut les traiter comme tels. Un gouvernement responsable doit alors faire raisonnablement usage de la force pour les neutraliser.
Évidemment, le gouvernement responsable idéal devrait aussi être celui qui est élu par le peuple à intervalles réguliers. Si la légitimité d’un gouvernement soulève des doutes et que le peuple décide de lancer une insurrection, cela doit rester du ressort des forces internes. Ce ne sont pas à des forces extérieures de s’arroger ce rôle, elles n’ont souvent pas les connaissances nécessaires pour prendre les bonnes décisions.
Une implication extérieure excessive provoque toujours de terribles distorsions. En vertu de quoi des forces extérieures devraient-elles s’impliquer? C’est une motion de censure à l’égard du peuple lui-même. Une insurrection interne légitime, si c’est la stratégie choisie par les leaders de ce mouvement, peut réussir. Le shah d’Iran a été vaincu par une insurrection interne; la révolution russe de 1917 était une insurrection interne; la révolution à Zanzibar en 1964 était une insurrection interne; les changements en Ukraine, en Géorgie et ainsi de suite: des insurrections internes.
C’est aux leaders de la résistance d’un pays de décider de leur stratégie, et pas aux étrangers de sponsoriser des groupes d’insurgés dans des pays souverains. Je suis totalement allergique à toute ingérence étrangère, politique et militaire dans des pays souverains, surtout dans les pays d’Afrique. Si l’intervention étrangère était une bonne chose, alors les pays africains seraient les plus prospères du monde, car nous sommes ceux qui en ont reçu les plus grosses doses: le commerce des esclaves, le colonialisme, le néocolonialisme, l’impérialisme, etc. Mais tous ces phénomènes imposés par l’étranger ont été désastreux. L’Afrique n’a commencé que très récemment à s’en sortir, en partie parce que nous rejetons les ingérences étrangères.
L’ingérence étrangère et son acceptation par les Africains sont responsables de cette stagnation sur notre continent. La mauvaise définition des priorités dans beaucoup de pays africains est, dans de nombreux cas, imposée par des groupes extérieurs. Les échecs à établir des priorités en terme d’infrastructures, par exemple, tout particulièrement l’énergie, sont en partie dus à certaines de ces pressions. À la place, c’est la consommation qui est encouragée. J’ai été témoin de cette mauvaise définition des priorités même ici, en Ouganda. Les intérêts extérieurs s’allient, par exemple, avec de faux groupes internes pour s’opposer à des projets énergétiques pour de fausses raisons. Comment une économie peut-elle se développer sans énergie? Les collaborateurs et leurs soutiens étrangers ne s’en soucient pas.

Deuxièmement, si vous appuyez des insurrections soutenues par des étrangers dans de petits pays comme la Libye, que ferez-vous des grands pays comme la Chine, nation dont le système est différent de celui des pays occidentaux? Allez-vous imposer une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Chine en cas d’insurrection, comme il est arrivé place Tiananmen, au Tibet ou à Ürümqi?

Troisièmement, les pays occidentaux utilisent toujours deux poids, deux mesures. En Libye, ils étaient pressés d’imposer une zone d’exclusion aérienne. À Bahreïn et dans d’autres régions où les régimes sont pro-occidentaux, des conditions identiques ou plus dramatiques encore les laissent de marbre. Nous avons demandé aux Nations unies d’imposer une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Somalie —pour empêcher la libre circulation de terroristes liés à al-Qaida, qui a tué des Américains le 11 septembre 2001, des Ougandais en juillet dernier, et tant nui aux Somaliens— sans succès. Pourquoi? N’y a-t-il pas en Somalie des êtres humains au même titre qu’à Benghazi? Ou est-ce parce que la Somalie n’a pas de pétrole qui ne soit pas intégralement contrôlé par les compagnies pétrolières étrangères, contrairement à la Libye, grâce à la position nationaliste de Kadhafi?

Quatrièmement, les pays occidentaux sont toujours très prompts à commenter tous les problèmes du tiers monde —l’Égypte, la Tunisie, la Libye, etc. Et pourtant, certains d’entre eux ont entravé la croissance dans ces pays-là justement. En 1952, dans une Égypte peu évoluée, un coup d’État miliaire s’est lentement transformé en révolution. Le nouveau dirigeant, Nasser, ambitionnait de transformer l’Égypte. Il voulait construire un barrage non seulement pour générer de l’électricité, mais aussi pour améliorer l’ancien système d’irrigation égyptien. L’Occident lui a refusé de l’argent, car les occidentaux ne pensaient pas que les Égyptiens avaient besoin d’électricité. Nasser a alors décidé de lever des fonds en nationalisant le canal de Suez. Il a été attaqué par Israël, la France et la Grande-Bretagne. Il faut rendre justice aux États-Unis, et préciser que le président Eisenhower était alors opposé à cette agression. Naturellement il y avait aussi la ferme position de l’Union soviétique à l’époque. Quelle quantité d’électricité ce barrage était-il supposé produire? À peine 2.000 mégawatts —pour un pays comme l’Égypte! De quel droit moral de telles personnes commentent-elles donc les affaires de ces pays ?

Cinquièmement, l’habitude aujourd’hui bien enracinée des pays occidentaux d’abuser de leur supériorité technologique pour imposer la guerre aux sociétés moins développées, sans logique indéboulonnable, va déclencher une course à l’armement mondiale. Les actions des pays occidentaux en Irak et à présent en Libye font valoir que «la raison du plus fort est toujours la meilleure». Je suis convaincu que de nombreux pays qui en sont capables vont intensifier leur recherche militaire, et, dans quelques décennies, nous pourrions vivre dans un monde encore plus armé. La science de l’armement, ce n’est pas de la magie. Un petit pays comme Israël est aujourd’hui une superpuissance en terme de technologie militaire. Et pourtant, il y a 60 ans, Israël devait acheter des avions Fouga Magister d’occasion à la France. Plus d’un pays pourrait devenir un petit Israël si cette tendance de l’Occident à abuser des moyens militaires persistait.

Sixièmement, malgré tout cela, le colonel Kadhafi devrait être prêt à s’asseoir avec l’opposition, sous la médiation de l’UA, avec les groupes d’opposition qui incluent à présent des individus que nous connaissons bien. Je sais que Kadhafi a son système de comités élus qui se réunissent pour former le Congrès général du peuple. En réalité, Kadhafi estime qu’il est supérieur à notre système multipartite. Naturellement, je n’ai jamais eu le temps d’étudier tous ses avantages. Quoiqu’il en soit, même si ce système est avantageux, aujourd’hui, apparemment, le mode de gouvernement de leur pays pose un problème à un nombre significatif de Libyens. Étant donné qu’il n’y a pas eu en Libye d’élections soumises à une observation internationale, pas même par l’UA, nous sommes dans l’incapacité de dégager le vrai du faux. Par conséquent, la bonne méthode pour aller de l’avant, c’est le dialogue.

Septièmement, la mission de l’UA n’a pas pu entrer en Libye parce que les pays occidentaux ont commencé les bombardements la veille du jour où elle était censée arriver. Quoiqu’il en soit, la mission se poursuivra. À mon avis, outre ce qu’elle est en train d’accomplir, il pourrait être important de convoquer un sommet extraordinaire de l’UA à Addis-Abeba pour discuter de cette grave situation.

Huitièmement, en ce qui concerne l’opposition libyenne, moi je ne serais pas à l’aise si j’étais soutenu par des avions de guerre occidentaux. Les suppôts des intérêts étrangers n’ont jamais aidé l’Afrique. Nous en avons eu copieusement notre part au cours des 50 dernières années —Mobutu Sese Seko, Houphouët-Boigny, Kamuzu Banda, etc. Les occidentaux ont commis beaucoup d’erreurs en Afrique et au Moyen-Orient dans le passé. Outre le commerce d’esclaves et le colonialisme, ils ont participé au meurtre de Patrice Lumumba, qui fut jusqu’à une période récente le seul dirigeant élu de la République démocratique du Congo, à l’empoisonnement du leader politique camerounais Felix Moummie, et à l’assassinat du Premier ministre Bartholomew Boganda, de la République centrafricaine. L’Occident a soutenu l’Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola en Angola, Idi Amin Dada (au début de son régime) en Ouganda, et les contre-révolutionnaires en Iran en 1953. Récemment, il s’est produit une amélioration dans les attitudes arrogantes de certains de ces pays occidentaux. Certainement, les relations sont bonnes avec l’Afrique noire et tout particulièrement avec l’Ouganda depuis la position honnête qu’a adoptée l’Occident vis-à-vis des noirs du Sud-Soudan. Avec la démocratisation de l’Afrique du Sud et la liberté des noirs au Sud-Soudan, la différence entre les patriotes d’Ouganda et les gouvernements occidentaux a disparu. Malheureusement, les actes irréfléchis commis contre la Libye commencent à soulever de nouveaux problèmes. Il faut leur trouver rapidement une solution.

Neuvièmement, si les groupes d’opposition libyens sont des patriotes, ils doivent faire leur guerre tout seuls, et conduire leurs affaires tout seuls. Après tout, s’ils ont aisément réussi à s’emparer de tant d’équipements de l’armée libyenne, pourquoi auraient-ils besoin d’aide militaire étrangère? Moi, je n’avais que 27 fusils. Être des marionnettes, ce n’est pas bon.

Dixièmement, en ce qui concerne la communauté internationale, les membres africains du Conseil de sécurité ont voté pour cette résolution pour la Libye. Ce qui était contraire à ce qu’avait récemment décidé le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine à Addis-Abeba. C’est un problème que seul le sommet extraordinaire de l’UA peut résoudre. Il est positif que certains grands pays du Conseil de sécurité —la Russie, la Chine, le Brésil et l’Inde— se soient abstenus sur cette résolution. Cela montre qu’il y existe des forces équilibrées qui, avec davantage de consultation, évolueront vers des positions plus correctes.

Onzièmement, et pour finir, en tant que membres des Nations unies, nous sommes liés par la résolution votée, même si le processus a été précipité. Cependant, il existe un mécanisme de révision. Les pays occidentaux, spécialistes des actions précipitées, devraient envisager cette éventualité. Elle pourrait être un moyen de nous sortir tous de complications éventuellement dangereuses. Et si les Libyens fidèles à Kadhafi décidaient de continuer le combat? Utiliser des chars et des avions facilement abattus par les avions du président français Nicolas Sarkozy n’est pas l’unique moyen de se battre. Qui sera responsable d’une guerre aussi longue? Il est grand temps que nous réfléchissions avec davantage de prudence.

Yoweri Museveni, président de la République d’Ouganda
Traduit par Bérengère Viennot

lundi 28 mars 2011

Le gouverneur Autsaï échappe à l’interpellation de l’assemblée provinciale

La motion d’interpellation du gouverneur de la Province Orientale, Médard Autsaï Asenga, a été rejetée au cours de la plénière de l’assemblée provinciale, du vendredi 25 mars 2011.
Le gouverneur devait, selon radio Okapi, s’expliquer devant les députés sur la création, le fonctionnement et la gestion d’un service public provincial dénommé: «Régie des travaux publics de la Province Orientale» (RTPO). Cette motion d’interpellation a été rejetée par la majorité de ceux-là même qui l’avaient auparavant soutenue. L’opposition crie à la corruption et à la mascarade.
Pour certains observateurs, il n’y a rien de surprenant dans les activités des assemblées provinciales du pays. Parce que, au lieu de voter des édits et de chercher le bien-être de la population, les députés provinciaux semblent s’occuper des questions secondaires et détourner ainsi l’attention des électeurs. On constate que toutes les assemblées provinciales du pays, à quelques exceptions près se ressemblent.
Autsaï Asenga n’est pas le premier ni le dernier sur la liste des gouverneurs ayant fait l’objet d’une motion d’interpellation. Après le gouverneur du Kasaï Occidental qui présenté sa démission au chef de l’Etat après les déboires judiciaires dont on ignore l’issue jusqu’à ce jour, Richard Dambu, gouverneur du Bandundu vient d’être évincé par les députés provinciaux qui lui reprochent la mauvaise gestion des affaires de l’Etat. Le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku a déjà été victime d’interpellation et menacé de quitter son fauteuil.
Il est vrai que les élus du peuple à tous les niveaux ont reçu de la Constitution, plein pouvoir non seulement de voter les lois, mais aussi d’exercer le contrôle sur l’exécutif tant national que provinciaux. Mais on se rend compte que l’exercice de contrôle, si cela paraît justifié au niveau du Sénat et de l’Assemblée nationale, paraît plutôt complaisant du côté des assemblée provinciales.
Pour ne considérer que le cas du gouverneur de la Province Orientale, force est de constater avec beaucoup de surprises que les députés initiateurs de la motion d’interpellation, ont fait marche arrière en renonçant à leurs prétentions.
On peut donc présenter beaucoup d’hypothèses face à ce jeu : le gouverneur a-t-il vraiment corrompu les députés provinciaux auteurs de la motion, ou bien le dossier d’accusation n’était pas suffisant argumenté pour convaincre la plénière ?
(Stephane Etinga)

Crime de guerre: le général Kakwavu comparait devant la haute cour militaire à Kinshasa

Le procès Jérôme Kakwavu, général de brigade au sein des FARDC, a débuté, vendredi 25 mars à la Haute cour militaire à Kinshasa. Il est poursuivi pour crime de guerre par viol commis à Aru, en Ituri (Province Orientale), en 2004. A l’audience introductive de ce vendredi, la haute cour a pris l’affaire en délibéré pour statuer prochainement sur le mémoire de la défense concernant la détention du prévenu et sur la requête de la partie civile relative aux victimes. 
Le général Munkutu Kiala, représentant l’organe de la loi, n’a pas ménagé son collègue Jérome Kakwavu, ancien seigneur de guerre. Selon Munkutu Kiala, le prévenu est un «ex-président de la républiquette de Aru qui fut considéré comme un dieu. Il a transformé Elisabeth en esclave sexuelle,» a-t-il martelé.
Jérôme Kakwavu est poursuivi, pour des raisons de justice, pour deux cas de viol, alors qu’il a commis beaucoup de crimes, a poursuivi le général Munkutu. 
L’avocat conseil du prévenu a répliqué qu’il n’y a pas de preuves de tout cela. Kakwavu a contribué à la pacification de l’Ituri. Il faut régulariser sa détention, a estimé son avocat, Charlène Yangazo: 
«Il n’y a pas de pièces qui justifiaient la prolongation de sa détention. Il y avait également violation des droits de l’homme que nous avons pu déceler.» 
Un des accusateurs est aussi monté au créneau. L’avocat des victimes, Théodore Mukendi, a demandé à la Cour de décider de mesures de protection pour les femmes violées: 
«Nous voulons qu’à défaut d’expurger les noms des victimes sur les pièces, nous demandons qu’on puisse leur faire bénéficier de l’anonymat en leur accordant des pseudonymes.»   
A la prochaine audience du 8 avril, la cour devrait rendre son arrêt sur les demandes de deux parties.   
Les premières auditions devant le ministère public de Jérôme Kakwavu, écroué à la prison centrale de Makala depuis avril 2010, remontent à 2005.
Ancien leader des miliciens des Forces armées populaires du Congo (F.A.P.C), il a intégré, avec ses armes et ses hommes, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) à la suite d’un processus d’intégration des groupes armés de l’Ituri.

(OKAPI)

F. Ndjabu,Pitchou, Sharif Manda et Mateso, alias Kung Fu à la CPI pour témoigner

Quatre miliciens de l'Ituri transférés aux Pays-Bas par avion belge

(BELGA)
Mis en ligne le 28/03/2011
"Ils ne resteront qu'un mois et demi maximum à La Haye et reviendront ensuite à Kinshasa."
Quatre ex-miliciens du district de l'Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), ont été transférés dimanche par avion militaire belge à la Cour pénale internationale (CPI) pour être entendus comme témoins dans les procès de deux anciens chefs miliciens congolais, a annoncé lundi le ministère de la Défense. Ces quatre ex-miliciens ont été transférés de la prison centrale de Makala à Kinshasa, où ils étaient détenus, à Rotterdam par un Embraer de la composante Air, a précisé un porte-parole militaire à l'agence BELGA.
"En exécution d'un accord avec la CPI, la Défense a transporté ce dimanche quatre prisonniers de Kinshasa à Rotterdam par vol militaire. L'avion avait été pré-positionné le 25 mars en RDC. Les prisonniers sont poursuivis par les autorités congolaises mais vont témoigner devant la CPI dans le cadre d'affaires concernant trois autres personnes", a indiqué le ministre de la Défense, Pieter De Crem, dans un communiqué.
Selon le ministre congolais de la Justice, Emmanuel Luzolo Bambi, il s'agit "de quatre anciens miliciens (de l'Ituri) sous le coup d'une procédure judiciaire en RDC, qui vont être entendus en tant que témoins dans deux affaires en cours à la CPI, les dossiers Thomas Lubanga et Germain Katanga".
 
"Ils ne resteront qu'un mois et demi maximum à La Haye et reviendront ensuite à Kinshasa", a ajouté M. Luzolo Bambi à l'AFP, sans préciser leur identité.
Thomas Lubanga, UPC
L'Union des Patriotes congolais (UPC), une ex-milice congolaise muée en parti politique, a révélé lundi les noms des quatre anciens chefs miliciens. Il s'agit de Floribert Ndjabu, Pierre Célestin Pitchou, Sharif Manda et Mateso Ndinga, alias Kung Fu, a précisé le président intérimaire de l'UPC, John Tinanzabo, cité lundi par la radio onusienne Okapi.
"Ce que je souhaite, c'est que la vérité éclate autour de cette affaire de l'Ituri. Et nous espérons que ceux qui iront témoigner diront la vérité. La cour en tirera toutes les conséquences", a-t-il ajouté.
L'Union des patriotes congolais est le parti de Thomas Lubanga, accusé de crimes de guerre, et qui comparaît depuis le 26 janvier 2009 devant la CPI. Il a été arrêté à Kinshasa en 2005, puis transféré en 2006 à La Haye. Il est accusé d'enrôlement et conscription d'enfants de moins de 15 ans durant la guerre civile en Ituri entre septembre 2002 et août 2003, mais il plaide non coupable.
Selon M. De Crem, c'est la deuxième fois que la Défense effectue un tel transport de prisonniers au profit de la CPI. En février 2008, la Défense avait déjà transporté Mathieu Ngudjolo de Kinshasa vers les Pays-Bas lorsqu'il devait comparaître. Il avait été arrêté le jour avant sur base d'un mandat d'arrêt de la Cour.
L’UPC salue la convocation de quatre ex-leaders miliciens de l’Ituri à la CPI


L’Union des patriotes congolais (UPC), parti de Thomas Lumanga, salue le départ, ce dimanche 27 mars, de quatre anciens chefs miliciens de l’Ituri à La haye, en vue de témoigner dans les affaires Germain Katanga et Mathieu Ngujolo et Thomas Lubanga devant la Cour pénale internationale (CPI). Le président intérimaire de l’UPC, John Tinanzabo, souhaite à l’occasion que la vérité puisse éclater sur ce qui s’est passé en Ituri (Province Orientale).


John Tinanzabo ne trouve pas d’inconvénient à ce que les avocats de la défense dans ces affaires convoquent Floribert Ndjabu, Pierre Célestin Pitchou, Sharif Manda et Mateso Ndinga, alias Kung Fu comme témoins. Mais, il a précisé:
«Je que je souhaite, c’est que la vérité éclate autour de cette affaire de l’Ituri. Et nous espérons que ceux qui iront témoigner diront la vérité. La cour en tirera toutes les conséquences.»
John Tinanzabo a toutefois protesté contre le fait que ces quatre anciens chefs miliciens de l’Ituri ont été détenus depuis cinq ans à la prison centrale de Makala (Kinshasa) sans jugement. En cela, selon lui, la justice congolaise a violé leurs droits.
«Moi, je ne souhaite pas qu’il rentrent en prison, [mais] chez eux; parce qu’aucune procédure n’a commencé pour les juger,» a-t-il poursuivi.
Selon le bureau de la CPI à Kinshasa, ces quatre anciens chefs miliciens vont séjourner pendant trente jours ouvrables à la Haye.
Le premier témoin de la défense de Germain Katanga a commencé sa déposition, jeudi 24 mars, devant la CPI.
Germain Katanga est poursuivi avec Mathieu Ngudjolo, pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre, commis lors de l’attaque de Bogoro, un village de l’Ituri, en Province Orientale, le 24 février 2003. Cette attaque aurait fait près de 200 morts.
Quant à l’ancien chef de l’UPC, il comparaît depuis le 26 janvier 2009. Thomas Lubanga est accusé de crimes de guerre pour enrôlement et conscription d’enfants de moins de quinze ans durant la guerre civile en Ituri, entre septembre 2002 et août 2003. Mais, il plaide non coupable.
L’UPC salue la convocation de quatre ex-leaders miliciens de l’Ituri à la CPI (Okapi)

vendredi 25 mars 2011

CPI: PROCES KATANGA - DEPOSITION DU PREMIER TEMOIN DE LA DEFENSE DANS L'AFFAIRE KATANGA

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La Haye, 24 mars 2011 (FH) - Le premier témoin de la défense de Germain Katanga a commencé sa déposition, jeudi, devant la Cour pénale internationale (CPI). Agé de 30 ans, le petit frère de l'accusé, Jonathan Bubachu Baguma, étudiant en agronomie, a déposé sans mesures de protection.
Germain Katanga est poursuivi avec Mathieu Ngudjolo, pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre, commis lors de l'attaque de Bogoro, un village de l'Ituri, région minière de l'est de la République démocratique du Congo (RDC), le 24 février 2003. Cette attaque aurait fait près de 200 morts. Selon le procureur, M. Katanga était alors l'un des commandants de la Force de résistance patriotique en Ituri (FRPI), une milice congolaise.
Le premier des 22 témoins que compte appeler la défense a évoqué les attaques survenues à Aveba, au sud de Bunia. « Il y avait beaucoup d'affrontements avec des jeunes gens du village qui ne voulaient pas céder leur village aux Ougandais. Il fallait se battre contre les Ougandais, qui brûlaient les maisons et pillaient les lieux. Les jeunes se battaient avec des moyens primitifs. Ils prenaient des lances et des flèches pour se défendre (...) Mes camarades, avec lesquels j'étudiais, ont été tués ».
Selon le témoin, les Ougandais sont restés au moins deux ans dans la zone. Evoquant son frère, l'accusé Germain Katanga, le témoin a expliqué qu'il « a eu l'occasion d'obtenir une arme à feu, d'un Ougandais, au front ». Mais interrogé par maître David Hooper, l'un des avocats de Germain Katanga, il n'a pas pu être plus précis. « Peut-être l'Ougandais a jeté l'arme, ou bien il a tué un ougandais, je ne peux pas le dire ». Il a ensuite poursuivi son récit des combats d'août 2002, au nord de Bunia, chef lieu de l'Ituri. Sa déposition doit se poursuivre vendredi.
A l'ouverture de cette même audience, l'un des avocats des victimes, Jean Louis Gilissen, a demandé aux juges d'engager « une réflexion » sur la question des procédures ex-parte. De nombreuses audiences se tiennent à huis clos, et en l'absence de l'une ou l'autre des parties, selon les thèmes abordés. « Lorsque nous découvrons les décisions sur les sujets abordés en ex parte (...) nous n'en comprenons pas la raison », a déclaré Jean-Louis Gilissen qui a demandé à la chambre d'y réfléchir. « Nous n'avions pas eu le sentiment qu'il y a eu des excès pendant toute cette période préparatoire des témoins de la défense », a rétorqué le président de la chambre, Bruno Cotte.
Il a ensuite expliqué que l'audition de certains témoins de la défense, actuellement détenus, nécessitait « la coopération avec la République du Congo », et connaissait quelques lenteurs, avant de rappeler que ces demandes sont faites par les parties, le procureur et la défense.
Promu brigadier général au sein des Forces armées congolaises en décembre 2004, Germain Katanga avait finalement été arrêté en mars 2005 et détenu pendant trois ans à Kinshasa, avant d'être transféré à La Haye, le 17 octobre 2002.
SM/ER/GF
 © Agence Hirondelle

lundi 14 mars 2011

Ituri, que dit le livre «Noir Canada, Pillage, corruption et criminalité en Afrique»

Au début de 2003, en même temps que les belligérants des Grands Lacs signent le fragile Accord de Paix Global et Inclusif de Pretoria qui prévoit la constitution d'un gouvernement de transition, la pétrolière canadienne Heritage Oil fait gravement incursion dans l'Est du pays, avec le soutien de Kinshasa.

Issu de l'Accord, le gouvernement de transition de la "République démocratique du Congo" répond d'une formule malaisée. Le président Kabila est confirmé à son poste, mais se voit flanqué de quatre vice-présidents qui sont en fait ses ennemis d'hier : Jean- Pierre Bemba du Mouvement de libération du Congo (soutenu par l'Ouganda), Azarias Ruberwa du Rassemblement congolais pour la démocratie (soutenu par le Rwanda), Abdoulaye Yérodia, fidèle du parti présidentiel (le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie) ainsi que Z'Ahidi Ngoma comme représentant de l'opposition non armée. Le conseil des ministres est obèse : 61 titulaires.

Le gouvernement n'est pas sitôt constitué que Heritage Oil met à très rude épreuve cet improbable aménagement du pouvoir.

Kabila annonce d'emblée la cession des gisements pétroliers de la province de l'Ituri et du Nord-Kivu à la société canadienne. Ce sont des territoires qu'il ne contrôle pas : l'Ituri a été créé durant la guerre par les Ougandais et se trouvait contrôlé par le MLC au moment de la signature des accords de paix.

Le clan Kabila s'est manifestement aillé à la pétrolière canadienne pour disputer immédiatement le contrôle de ce territoire aux adversaires ougandais. Et pour cause, Heritage Oil vante davantage son expertise sécuritaire et militaire que ses connaissances dans le domaine pétrolier. Auprès du journaliste berlinois Dominic Johnson, son PDG Michael Wood revendiquait sans cligner des yeux "un sens du risque différent des autres entreprises pétrolières ".

Dans les confins de la République où s'affaire Heritage Oil, sous 30.000 km2 gît du pétrole. Dépossédé de sa souveraineté sur cette portion du territoire, l'Etat l'est tout autant concernant cette ressource. Pour ne rien simplifier, ce territoire congolais jouxte des aires d'exploitation dans l'Ouganda voisin, que la pétrolière canadienne s'est déjà vu concédées. Ces droits d'exploration (ainsi que d'exploitation en ce qui regarde le versant ougandais), que Heritage Oil a acquis tant au Congo oriental qu'en Ouganda, lui permettent de lancer des projets d'exploitation sur les deux rives du Semliki, un fleuve limitrophe qui se déverse dans le Lac Albert. Ce gisement recèlerait de part et d'autre de la frontière entre 332 et 996 millions de barils.

Le ministre congolais des Mines, Simon Tuma-Waku Bawangamio, et le vice-président de Heritage, Bryan Smith, avaient déjà conclu un accord liminaire, le 2 juin 2002, mais on a attendu la proclamation de la "paix" pour procéder à l'annonce. Ce contrat ayant été signé sitôt la "paix" annoncée, il a échappé au mandat d'observation de la Commission Lutundula sur la validité des conventions économiques conclues en temps de guerre.

"L'accord est politiquement délicat, car le gouvernement de Kinshasa ne contrôle pas la région en question. C'est le territoire des rebelles, divisé entre plusieurs groupes, et la partie de la concession la plus économiquement intéressante a été la scène de pires combats de la guerre au Congo: une partie de l'Ituri et la partie nord du Nord-Kivu."

C'est une provocation qui risque de relancer la guerre. Comme de fait, les prétentions d'Heritage entament 1es efforts désespérés qui ont été faits pour instaurer un climat de paix dans cette région éprouvée par des millions de morts. L'irresponsabilité politique est totale. " Pas une seule goutte de pétrole n'est encore extraite, ni du côté de l'Ouganda, ni du côté congolais de la vallée. Le travail actuel de Heritage Oil est exploratoire et même s'il prospère [sic], les phases du développement et de la production viendront beaucoup plus tard. Mais malheureusement le coût humain est déjà élevé. L'Ituri dans le nord-est congolais, déjà le site des pires massacres et de pires horreurs de la crise congolaise, est devenu un nouveau champ de bataille pour les intérêts régionaux et internationaux".

UN PASSE GARANT DE L'AVENIR

La réputation déjà sulfureuse de Heritage Oil contribue à aggraver ce climat psychologique. Fleritage Oil & Gas naît à Calgary et est inscrite à la Bourse de Toronto en 1992. Son fondateur et membre du conseil d'administration, Tony Buckingharn - de son nom de guerre - est rompu au mercenariat. Buckingham a fait ses premières armes en Angola avec la pétrolière canadienne Ranger Oil avant de fonder Heritage Oil. Via l'Albion Energy dont il est l'actionnaire majoritaire (55%) et qui détient elle-même une majorité d'action de Heritage Oil, il se trouve à contrôler cette dernière. Heritage Oil a ses bureaux dans un complexe où se trouvent des représentants de services connexes: pétrole, or, diamant, sans parler du cabinet de comptables agréés et du bureau de finance offshore. "Se sont ajoutées à cela des compagnies militaires et d'aviation." En 2005, Herirage Oil créera finalement une filiale en Suisse, un paradis fiscal, pour lui confier sans surprise son centre de finance et de gestion. " Ouvrir un compte en Suisse, c'est se constituer une réserve d'argent dont personne, à part soi-même et une poignée de collaborateurs de la banque, ne connaîtra jamais l'existence. "C'est aussi de Suisse, à Lugano, que Nanes Delorme Capital LLC, le conseiller financier exclusif de Heritage, a géré la vente des actifs de son client en République du Congo (le Congo occidental).

Vétéran britannique des unités d'élite SAS et proche du premier ministre britannique Anthony Blair, Buckingham a servile gouvernement angolais, alors en pleine guerre contre les rebelles de l'Unita (Union nationale pour 'indépendance totale de l'Angola) dans les années 1990. Le trafic diamantaire lui aurait permis de se constituer un trésor de guerre (thèse 4, glose 4). Il a fait appel dans ce contexte à Executive Outcomes (EO), une firme de mercenariat fondée en 1989, à partir de son 32e bataillon, par l'ancien militaire sud- africain Eehen Barlow, soupçonné d'avoir contribué à l'assassinat d'activistes anti-apartheid. Pour mettre sur pied cette force de défense, il aurait aussi bénéficié d'une enveloppe de 30 millions Usd de la part de Ranger Oil, bien connue de lui.

En 1995, actif également en Sierra Leone (ainsi qu'en Namibie), Buckingham affecte cette fois ses mercenaires au service du président Tejan Kahbah et du capitaine Valentine Strasser pour repousser les assauts insurrectionnels du Revolutionary Patriotic Front (RUF). Pendant que le RUF bénéficiait du soutien actif de réseaux mafieux et des services secrets de la "Françafrique", Executive Outcomes et Buckingham fournissaient le gros des forces gouvernementales dans une guerre dont l'horreur pour les populations civiles fut inénarrable: esclavagisme sexuel, politique d'amputation systématique, exécutions sommaires..

Ces deux guerres créent un précédent en Afrique, quant à la façon de privatiser d'un même tenant guerres et pillage industriel. "Anthony Buckingham de Heritage Oil est à l'origine du contrat du gouvernement angolais avec la firme de soldats sud-africaine Executive Outcomes, et un contrat avec la firme militaire américaine AirScan a été signé à l'initiative de Chevron à Cabinda (région angolaise). Comme le scandale de l'Angolagate l'a révélé en 2000, un nouveau type d'entrepreneur financiaro-militaire (Kriegswirtscha [tsunternehmer), d'après les cas de Pierre Falcone et Arcady Gaydamac, s'est imposé à partir du trafic d'armes et d'un positionnement stratégique dans l'économie angolaise." Autour d'intérêts strictement privés, Executive Outeomes (au compte d'Heritage Oil) et AirScan (pour Chevron) ont donc mené en sol angolais une guerre terrible pour les civils. Après avoir vaincu la rébellion en 1994, le gouvernement angolais passe à la caisse et accorde à Heritage Oil, conjointement avec Ranger Oil, des gisements pétroliers d'une valeur de 30 millions Usd.

Après ses lucratives aventures en Angola et en Sierra Leone, Executive Outcomes fusionne ses capitaux avec ceux de Sandline International, pour se faire oublier le temps des controverses.

Sandline devient logiquement la société écran qu'utilise Executive Outcomes pour poursuivre ses opérations. " La boucle était bouclée.

Le vivier de Sud-Africains pauvres au point d'accepter de risquer leur vie fournissait les forces physiques, Sandline prenait sur elle l'organisation et garantissait la respectabilité de l'opération (the respectable front). L'opération avait pour visée d'encadrer la bonne marche des affaires occidentales en Afrique et dans d'autres points chauds du globe, de garder ses propriétés et, au besoin, de sourenir les gouvernements lorsqu'ils étaient les mieux disposés à répondre des exigences du business. " Si Executive Outcomes aujourd'hui n'existe p'us comme telle, on ne peut pas en dire autant des quelque 200 filiales qu'elle a créées.

C'est ce palmarès-là que Heritage Ou met en valeur pour asseoir sa crédibilité en matière de "sécurité" dans la région des Grands Lacs: 1-leritage Oil se présente donc comme une entreprise apte à fonctionner dans des endroits où la paix est improbable, si elle ne doit pas être activement compromise. Buckinghana et les siens " ne cherchent pas à planter le drapeau d'un pays: leur prime de guerre se paie en droits d'exploitation de gisements, confiés à leurs sociétés spécialisées, comme Branch Energy, Branch Mining ou Heritage".

Pour preuve, les dernières acquisitions de Heritage se sont faites notamment en Irak.

FEUX GENOCIDAIRES: HERITAGE OIL EN TOILE DE FOND

Pour s'assurer le contrôle du territoire conquis 'également par Heritage, dans un premier rayon (voir figure A), Kinshasa (Congo oriental) et Kampala (Ouganda) se battront par "ethnies" inter posées, respectivement les Lendu et les Hema qui occupent le territoire. Ces groupes se disputent les mêmes terres depuis des lustres et sans présence de sociétés étrangères, des affrontements éclateraient certes encore dans la région; d'autres problèmes sociodémographiques occasionneraient aussi de la violence. Mais le différend sans âge qui divise ces communautés se verra cette fois violemment exalté par les acteurs économiques.

Dans un deuxième rayon de cette arène sanglante, se trouvent les gestionnaires régionaux. L'Est congolais est formé d'une multitude complexe de mouvances depuis que le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), soutenu jusqu'alors par une alliance factice entre le Rwanda et l'Ouganda, s'est scindé en mai 1999 à l'issue des affrontements de Kisangani. Le RCD s'est alors ramifié en une constellation de milices " ethniques" soutenues tantôt par l'Ouganda, tantôt par le Rwanda, sinon alternativement par l'un ou l'autre.

On reconnaît dans le troisième rayon les parrains financiers et industriels africains et occidentaux.

Dans le premier rayon, le conflit entre Lendu et Hema ainsi que les clans apparentés est déjà attisé depuis quelques années par les hostilités au Rwanda entre Tutsi et Hutu. Les analogies entre les communautés respectives sont fréquentes: comme les Hutu, les Lendu ont traditionnellement travaillé La terre alors que les Hema se font reconnaître comme éleveurs, à l'instar des Tutsi rwandais.

Chacun fourbit ses armes, et il doit en aller ainsi. Les sociétés occidentales instrumentalisent ces communautés pour sécuriser leurs concessions en même temps qu'elles utilisent le vieux mythe des guerres tribales à l'africaine pour masquer leur responsabilité. " Il est vrai qu'un différend de longue date au sujet de terres a entraîné un désaccord entre les deux groupes. Toutefois récemment, leur inimitié traditionnelle à propos des terres et le conflit qui les oppose actuellement sont utilisés comme une justification par les Hema, et en particulier le sous-clan extrémiste des Gegere, pour importer des armes et former leurs propres milices, l'objectif final non avoué étant de consolider leur pouvoir économique dans la région. "

Le tout n'a pas manqué de dégénérer en un misérable championnat. Une association locale des droits de l'Homme a dénombré 19 agressions lendu contre les Hema entre juin 1999 et janvier 2000. En retour, entre juin 1999 et avril 2000, les milices hema ont contre-attaqué 26 fois. Se faufilant, l'Armée ougandaise (UPDF) aurait participé à 24 agressions sous le couvert d'une vindicte tribale hema.

Plusieurs clans ont dû se positionner sur cet échiquier ensanglanté. Aux côté des Hema constitués sous la bannière politique de l'"Union des Patriotes Congolais" (UPC), se range le RCD-Goma pro-rwandais.

Les Lendu sont flanqués de l'armée gouvernementale de Kinshasa et reçoivent le soutien objectif du RCD-ML - une faction dissidente du RCD-Goma - ainsi que du MLC, deux mouvements épaulés par l'Ouganda qui attaquent eux aussi régulièrement les positions hema.

Mais l'Ouganda elle-même se montrera extrêmement versatile dans ce conflit et soutiendra tous les acteurs en présence. Au moment où commencent les hostilités en 1999, l'Ouganda penche pour les Hema et leur crée sur mesure la province de l'Ituri. Donnant le tournis à ses protégés, le commandant de l'Armée ougandaise (UPDF), Jattes Kazini, nomme Adèle Lotsove gouverneure de l'Iruri, pour la remercier aussitôt et la remplacer tour à tour par Wamba dia Wamba, Mbusa Nyamwisi, John Tibasiima, Jean-Pierre Bemba, Thomas Luhanga et Chief Kahwa, ce en quelques mois seulement, jusqu'à ce qu'un colonel ougandais, Edison Muzoora, occupe officieusement la fonction de gouverneur au début de 2001.

Ce soutien aux Hema est lui-même de courte durée. En juin 2002, l'Ouganda incarcère Thosmas Lubanga de l'UPC hema et le livre à Kinshasa. Mais c'est pour de nouveau soutenir l'UPC deux mois plus tard, en même temps qu'il chasse du gouvernement de l'Ituri ses anciens protégés.

En cinq ans, l'Ouganda arme alternativement une dizaine de groupes locaux différents (dont cinq massivement), entraîne des groupes rebelles depuis sa capitale Kampala, décide de leurs fusions, expulse les alliés devenus trop puissants, etc. Pis encore, l'armée ougandaise attise volontairement le conflit entre Hema et Lendu avant la signature des accords de paix, en armant simultanément les deux parties, de façon à se rendre indispensable à une solution de sortie de crise.

Le conflit ne cesse de gagner en intensité et les populations civiles sont piégées au milieu du champ de bataille: en 2002, on compte plus de 50.000 morts, 230.000 déplacés, 76 écoles primaires et 32 établissements secondaires détruits ainsi qu'un demi-million de maisons brûlées et les derniers pourvoyeurs d'aide humanitaire menacent de fuir à leur tour. Les chefs de guerre - notamment Bemba et Kabila - détournent à leur compte les salaires des militaires et leurs rations alimentaires, "contraignant" les soldats au centre de la bataille à survivre à coups de rapts et de pillage.

Les alliances et les loyautés entre et au sein des partis politiques et entre factions de guerre changent en permanence, ce qui accroît l'incertitude.

La crise culmine en mars 2003, lorsque l'armée ougandaise s'allie subitement au clan lendu pour débarrasser Bunia, la capitale de l'Ituri, de sa population hema.

Les Hema trouvent alors du renfort du côté du Rwanda, qui tend lui aussi à changer de camp.

De la folie pure. Un groupe déclare un jour la guerre à ses alliés d'hier en fonction d'alliances de circonstances et d'intérêts financiers toujours provisoires. Human Rights Watch tentera de démêler ce sac de noeuds dans un rapport consacré aux alliances politiques en vigueur dans la région.

LE " PROFIL RISQUE " DE HERITAGE OIL


En 2003, Heritage Oil s'impose comme " le candidat parfait pour commencer une nouvelle guerre des ressources dans la Région des Grands Lacs".

Ses contacts avec les acteurs régionaux remontent à l'époque du conflit. Ceux-ci ne sont sans doute pas étrangers à celui-là.

La pétrolière canadienne joue alors sur tous les tableaux, pactisant tant avec le clan Kabila qu'avec les pouvoirs ougandais et de nombreux chefs locaux.

Au plus fort de ces tractations, entre juillet 2002 et mars 2003, Human Rights Watch dénombre 5.000 morts parmi les civils. La région est un immense baril de poudre. "C'est dans ce contexte que le gouvernement de Kinshasa a accordé les régions frontalières de l'Ituri et du Nord-Kivu à Heritage Oil. Etant donné la situation volatile sur le terrain et la réputation de Heritage Oil, ceci équivalait à une déclaration de guerre." Les observations de Jean-Baptiste Dhetchuvi, responsable de la diplomatie à l'UPC, donnent froid dans le dos : " En Ituri, nous sommes engloutis par une guerre de pétrole. Si vous comparez la carte des gisements pétroliers de la région du Lac Albert à celle des massacres, il y a vraiment une ressemblance étrange"

HERITAGE OU MET DE L'HUILE SUR LE FEU


L'escalade de la violence devient inénarrable lorsque les forces en présence mesurent leurs victoires parle nombre de civils qu'elles massacrent dans le camp adverse. Le 31 août 2002, l'UPC hema et ses alliés de la communauté bira s'attaquent à un clan apparenté aux Lendu, les Ngiti, à Songolo. C'est un véritable carnage. Selon un témoin, les milices de l'UPC " ont tué des gens, la plupart par balles, d'autres avec des machettes et des lances. J'ai vu surtout des vieux se faire tuer. Certains ont été attaqués pendant leur sommeil, dont des enfants et des femmes. Les combattants bira ont également décapité certaines personnes à la machette. Il y a eu 140 morts dont plusieurs femmes et enfants. On a demandé aux gens de sortir de la brousse pour enterrer les morts. On s'est relayé pour les enterrer. L'attaque a duré environ neuf heures." 787 personnes ont disparu.

Lendu et Ngiti ont contre-attaqué quelques jours plus tard, le 5 septembre. " Les combattants des groupes armés ont [... commis des viols et des actes aussi inhumains que des mutilations et du cannibalisme, une pratique censée apporter une force rituelle à ceux qui s'y livrent et inspirer la terreur chez leurs adversaires ".

Sur une période d'environ dix jours, ils " ont Systématiquement massacré au moins 1200 civils hema, gegere et bira dans la ville ainsi que dans le Centre Médical Évangélique (CME), un hôpital soutenu par l'église". Le pasteur a été tué: "Son corps a été coupé et les morceaux jetés dans les latrines. "

L'hôpital de Nyankunde, de loin le plus important de l'Est congolais, a été complètement détruit, rendant incalculable le nombre de victimes indirectes de l'assaut. "Nyankunde, avec son hôpital de référence fondé en 1965 par un médecin américain, le Dr Becker, fut naguère une oasis. Cinq église protestantes avaient réuni leurs efforts pour créer cet hôpital de 250 lits où les malades étaient amenés de tout l'Est du Congo par une petite compagnie d'aviation, elle aussi gérée par les Eglises" Du reste, " la propagation du Vih/Sida, le nombre élevé d'enfants-soldats et les viols de femmes sont les autres conséquences de la généralisation du conflit armé, ".

Sur fond d'atrocités; les émissaires de Heritage Oil négocient. " En 2002, des agents de la compagnie ont commencé à prendre contact avec des chefs locaux en Ituri, dont plusieurs à Burasi ainsi qu'avec le Chef Kahwa de Mandro. Chef Kahwa a déclaré : " J'ai été contacté par les Canadiens de la compagnie pétrolière qui sont venus me voir. je leur ai dit qu'ils ne pourraient commencer à travailler en Ituri que quand j'aurais pris Bunia à l'UPC."

Les diplomates occidentaux se taisent. Sauf lorsqu'il s'agit d'aider le clan gouvernemental qui travaille de la façon la plus probante dans le sens des intérêts canadiens. Au moment où le rapport de force entre les opposants tourne en la faveur des Hema locaux, au détriment de l'alliance Lendu-Kinshasa-Heritage, les chancelleries occidentales s'activent. Le Canadien Paul Marrin, à ce moment-là en campagne au sein de son parti pour succéder au premier ministre démissionnaire, se découvre des convictions humanitaires et préconise pêle-mêle l'achat d'hélicoptères de combat et l'envoi des Forces canadiennes dans la région, en jouant sur le souvenir du génocide rwandais de 1994.

Le 6 mars 2003, l'armée ougandaise arrachera la capitale Bunia aux Hema.

Mais tout le monde a perdu au jeu. Sauf la pétrolière, certaine de ne jamais perdre: foin de ces discours sur le " profil risque" de l'entreprise Si les conséquences de sa présence deviennent "inacceptables", comme l'anticipe son directeur Bryan Westwood, elle n'aura qu'à évoquer à son tour un "coup de force majeur" et plier bagage.

DOUBLE BIND EN OUGANDA


En terre ougandaise, le projet pétrolier n'augure guère mieux.

" Nous voulons que l'Ouganda devienne le Koweït de l'Afrique."

C'est ce que, par humour noir ou négligence, Michael Wood de Heritage Ou déclarait au quotidien ougandais New Vision, le 28mars 2002. Les abords ougandais du Lac Albert, à la frontière de l'Ituri, sont prodigues en effet, comme le confirme en août 2006 son successeur Mkhael Gulbenkian : " Notre travail préliminaire dans le Lac Albert nous laisse croire que nous menons des travaux d'exploration dans une région prometteuse. " Selon l'agence de presse NZZ, il y en aurait pour des milliards Usd.

La zone du Graben, qui comprend le Lac Albert et la vallée de la rivière Semliki, regorge de pétrole de part et d'autre de l'Ouganda.

Bryan Westwood s'est voulu rassurant en déclarant que le travail serait à la fois " rentable et sensé écologiquement". Mais il y a tout lieu de croire le contraire non seulement en raison du conflit d'intérêts dans lequel il se trouve - étant simultanément actionnaire de Heritage et président du Bureau ougandais des Mines - mais aussi parce que les travaux de forage encourent là de graves conséquences s'ils ont lieu à répétition. En effet, il risque de s'ensuivre "une réduction des pressions sur les liquides souterrains conduisant à une subsidence et par conséquent à des inondations pendant la saison pluvieuse" l'eau qui surgirait alors serait porteuse elle- même de pétrole et des produits chimiques qu'on utilise pour l'exploiter.

Par ailleurs, la situation politique des Grands Lacs étant extrêmement tendue, s'il s'avérait qu'il n'y avait pas de pétrole, une crise risquerait d'éclater dégénérant en conflit armé entre différents groupes sociaux, voire avec le voisin rwandais12 En effet, depuis 1995, l'élite de différents royaumes intérieurs et les paysans débattent d'une réforme constitutionnelle délicate visant à départager leurs droits et acquis. Des acteurs de plusieurs paliers de pouvoir sont engagés dans le processus qui fera du pays, à terme, un Etat fédéral-multipartite.

Les partisans d'une réforme pacifique ont tout intérêt à ce que le président ougandais Museveni, au pouvoir depuis 1986, reste fort. Puisque l'Ouganda est depuis 1978 au bord d'une faillite économique sans cesse décalée par l'injection de fonds d'aide étrangers, le gouvernement Museveni a hypothéqué son avenir autour de cette découverte pétrolière. En ce sens, tout signe de fléchissement -et ce serait le cas si Heritage Oil pliait bagages - menace de porter préjudice au processus constitutionnel.

Heritage Oil a donc coincé l'Ouganda dans un double bind: s'il trouve du pétrole, le pays est confronté aux risques écologiques, sinon, il y a instabilité politique.

La situation est d'autant plus désespérée que rien ne dit, dans l'occurrence où Héritage Oil exploite effectivement du pétrole, que les tensions sociales qui couvent déjà ne plongeront pas le pays lui aussi dans la guerre. "Il ressort clairement que toute transformation de l'Ouganda en une économie de pétrole entraînerait des tensions dans la vie politique ougandaise. Les failles concernées existent déjà, mais elles deviendraient plus profondes."

Par exemple, les Batoro du Royaume de Toro - qui jouxte le Congo - sont épaulés par le gouvernement central dans un combat contre le mouvement sécessionniste des Bankonzo, apparentés aux lendu congolais. Ce mouvement sécessionniste s'est constitué une milice armée, I'ADF (Allied Democratic Forces) repliée dans les montagnes Rwenzori. Si le mouvement s'est apaisé au début de la décennie 2000, les travaux de Heritage risquent fort d'altérer ce fragile équilibre: c'est toute la région qui pourrait alors s'embraser. En effet, I'ADF de Bankonzo est amer parce que le site pétrolier se trouve en grande partie chez les Hema ougandais de Bundihugyo. " L'exploration du pétrole dans le domaine des Hema de Toro augmenterait l'écart de développement entre le territoire Toro et les régions des Bankonzo127." On assisterait à des guerres de clans analogues à celles qui font rage dans l'Est congolais.

Autre motif de crainte: la ville ougandaise Rwehisengo, où convergent des réfugiés hema du Congo fuyant les agressions lendu et ngiti, se situe à proximité des travaux de forage de Heritage Oil. Un résident de l'endroit, John Kabarere, a appris que le gouvernement ougandais forcerait les citoyens de la ville et tous ses réfugiés à quitter les lieux dans l'éventualité où ces travaux prendraient de l'envergure, ce qui semble s'avérer. "Nous aurons des problèmes avec ce pétrole. Le gouvernement dit que si nous faisons paître e bétail près des forages, nous devons le déplacer et nous devons trouver d'autres pâturages. Mais il n'y a pas d'autres pâturages, c'est plein. Il y a beaucoup de Congolais qui sont venus ici avec leur bétail, il n'y a pas de place."

Les derniers développements tendent à démontrer que la zone du Graben regorgerait surtout de pétrole dans le versant congolais. Du côté ougandais, on l'a divisé en cinq zones. Heritage Oil contrôle la zone 3 et détient 50 % des parts de l'entreprise d'exploitation; le reste des actions est détenu par Tullow Oil, son nouveau partenaire congolais. Le site de Iuraco-1 et 2129 ainsi que le " Bloc 3A" ont déjà fait l'objet de travaux de forage.

Sans surprise, aux guerres de clans qui sévissent dans l'est du Congo s'ajoute depuis 2007 l'escalade diplomatique entre Kinshasa et Kampala: le Congo oriental remet en cause l'établissement de la frontière entre les deux pays, précisément là où Heritage détient ses concessions1, près de la petite île de Rukwanzi, sous laquelle la nappe pétrolière tant convoitée trouverait ses limites.

En août 2006, un ingénieur d'Heritage Oil naviguant sur le fleuve Semliki, Cari Nefdt, est tué â l'issu d'échanges de tirs entre l'armée congolaise et les militaires ougandais. Plusieurs incidents du genre ont lieu dans les mois qui suivent et la méfiance s'installe. On craint de voir relancée la guerre entre les deux voisins. Le gouvernement de Kinshasa accusera l'Ouganda de violer sa souveraineté territoriale, a'ors que l'Ouganda revendiquerait un droit de regard sur la petite île de Rukwanzi - qui a toujours été sous juridiction congolaise - ou, à tout le moins sous une administration commune.

Quant à Heritage Oil, Kinshasa l'accuse de spolier illégalement le pétrole congolais en franchissant les limites des eaux territoriales. Pourtant, en juillet 2006, Heritage (395% des parts et sa major Tullow (48,5% des parts) ont signé une entente avec la société publique congolaise Cohydro (12% des parts) les autorisant à exploiter le pétrile du versant congolais à partir de leurs installations ougandaises. La tension est à couper au couteau à la frontière du Congo oriental et de l'Ouganda.

A l'issue de la phase d'exploration, c'est en territoire congolais qu'on a découvert l'essentiel de la nappe pétrolière. La production débutera en 2009. Le gouvernement congolais s'émeut soudainement de ne recevoir qu'une infime part des bénéfices, alors que de leur côté, Tullow et Heritage engrangeraient des profits faramineux, puisqu'elles détiennent majoritairement les parts des projets pétroliers actifs sur les deux rives du Semliki.

C'est pourquoi la commission congolaise de révision des contrats miniers cherche maintenant à nuire aux acteurs en présence...

Tiré de «Noir Canada, Pillage, corruption et criminalité en Afrique», Alain Deneault avec Delphine Abadie et William Sacher, Les Editions écosociété/Montréal